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L’Allemagne favorable à un nouveau contrat social pour l’Internet

La chancelière Angela Merkel, mardi, à Berlin, au Forum des Nations unies sur la gouvernance de l’Internet

La chancelière Angela Merkel, mardi, à Berlin, au Forum des Nations unies sur la gouvernance de l’Internet, © dpa

28.11.2019 - Article

Berlin accueille cette semaine le Forum des Nations unies sur la gouvernance de l’Internet.

Restrictions d’accès à l’Internet mobile, surveillance, censure, désinformation, manipulation d’informations sur les réseaux sociaux pour affaiblir la démocratie : dans de nombreuses régions du monde, la liberté de l’Internet se dégrade. La situation n’inquiète pas seulement les ONG. Elle préoccupe aussi les Nations unies qui en ont fait le thème du 14e Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF). Il se déroule cette semaine à Berlin en présence de 5.000 experts et décideurs de 163 pays.

La liberté est la valeur fondatrice de l’Internet, a rappelé en ouverture la chancelière Angela Merkel. De la même façon que « l’aspiration à la liberté l’emportait » il y a 30 ans sur la dictature de la RDA, « la liberté et l’espoir d’un progrès commun étaient la vision des inventeurs de l’Internet il y a 50 ans, et du World Wide Web il y a 30 ans ».

Aujourd’hui, « nous sommes tous les bénéficiaires de ces liens qui nous relient à travers le monde, de cette connectivité globale », a-t-elle souligné. « Les pays et les cultures les plus divers s’y rencontrent par-delà les supposées barrières du monde analogique, ces barrières érigées par la politique, la religion et le statut dans la société. »

Pour une gouvernance multilatérale de l’Internet

Mais « la liberté ne va jamais de soi. Il faut toujours la reconquérir, la défendre », a-t-elle mis en garde. Les tendances au cloisonnement du réseau, en particulier, sont une évolution qui peut le fragiliser face aux cyberattaques et favoriser la surveillance des citoyens, le filtrage d’Internet par l’État et la censure.

Angela Merkel a plaidé à Berlin pour une gouvernance multilatérale du « bien public global » qu’est Internet. Elle souhaite que tous y participent : États, mais aussi population, scientifiques, entreprises.

Le réseau, aussi essentiel que l’eau ou l’électricité

Le physicien britannique Tim Berners-Lee, considéré comme le « père » de l’Internet, au Forum sur la gouvernance de l’Internet, à Berlin
Le physicien britannique Tim Berners-Lee, considéré comme le « père » de l’Internet, au Forum sur la gouvernance de l’Internet, à Berlin© dpa

Le gouvernement allemand appuie, par ailleurs, l’initiative de Tim Berners-Lee pour un Internet libre, sûr et accessible à tous.

Avec le soutien de 160 organisations et entreprises, le physicien britannique considéré comme le père des fondations techniques du World Wide Web, propose un « contrat » contre le mauvais usage du web. Il veut le protéger contre « ceux qui l’exploitent, le divisent et le minent » au risque « de dilapider son potentiel bénéfique ». Il veut aussi remédier au facteur majeur d’inégalité que représente à ses yeux l’inaccessibilité du web pour près de la moitié de la population mondiale. « Le web est à un tournant », dit-il.

« L’accès au réseau est aujourd’hui aussi essentiel que les denrées de base, l’électricité et l’eau », a opiné le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. De plus, tous les êtres humains doivent avoir la garantie que leurs données ne seront pas utilisées de manière abusive. L’Allemagne va monter au créneau pour défendre l’idée d’un nouveau contrat social pour l’Internet, a-t-il dit, et investir à cette fin un million d’euros par an dans l’IGF jusqu’en 2025.

A.L.

Plus d’informations :

Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF) (en anglais/ allemand)
Ministère allemand de l'Économie et de l'Énergie (en allemand)
Office de presse et d'information du gouvernement allemand : Discours de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

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