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À Auschwitz, Angela Merkel réaffirme le devoir de mémoire

Angela Merkel au camp de concentration d’Auschwitz, vendredi 6 décembre

Angela Merkel au camp de concentration d’Auschwitz, vendredi 6 décembre, © ZB

09.12.2019 - Article

La chancelière allemande s’est rendue vendredi dans l’ancien camp d’extermination nazi pour la première fois de son mandat.

Le chancelier Helmut Kohl avait fait la visite en silence, en 1989. Son prédécesseur, Helmut Schmidt, avait, au contraire, estimé en 1977 que si « ce lieu requiert le silence », il était « sûr qu’ici, un chancelier allemand n’a pas le droit de se taire ». Vendredi 6 décembre, la chancelière Angela Merkel a opté pour la seconde option. À l’occasion de sa première visite dans l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz, elle a rappelé la responsabilité qui est celle de l’Allemagne de perpétuer le devoir de mémoire.

« Être ici et m’adresser à vous en tant que chancelière d’Allemagne m’est tout sauf facile », a-t-elle déclaré d’une voix troublée par l’émotion. « Je ressens une profonde honte devant les crimes barbares qui ont été commis ici par des Allemands. Des crimes qui dépassent les frontières de tout ce que l’on peut concevoir. […] Il faudrait en réalité se taire. Car quels mots peuvent être à la hauteur de la douleur de tous ceux qui ont été ici humiliés, torturés et assassinés ? »

« Et pourtant, […] le silence ne peut pas être notre unique réponse », a-t-elle dit. « Ce lieu nous oblige à garder la mémoire vivante. Nous devons nous souvenir des crimes qui ont été commis ici, et les nommer clairement. Le nom d’Auschwitz symbolise l’assassinat de millions de juifs, il symbolise la rupture de civilisation de la Shoah à laquelle furent sacrifiées l’ensemble des valeurs humaines ».

La chancelière Angela Merkel a déposé une bougie à l’endroit où les convois de juifs arrivaient au camp d’extermination de Birkenau
La chancelière Angela Merkel a déposé une bougie à l’endroit où les convois de juifs arrivaient au camp d’extermination de Birkenau© PAP
Angela Merkel, accompagnée du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a observé une minute de silence devant le « mur de la mort », dans le camp central d’Auschwitz. Elle a déposé une gerbe à cet endroit où plusieurs milliers de détenus ont été tués, sur les 1,1 millions de personnes, dont un million de juifs, qui furent assassinées à Auschwitz entre 1940 et 1945. Puis elle s’est rendue dans l’ancien camp d’extermination de Birkenau. À l’endroit où arrivaient les convois, elle a déposé une bougie.

« C’est arrivé. Donc, cela peut encore arriver », a-t-elle déclaré en citant l’écrivain italien Primo Levi (1919-1987), rescapé du camp. « À l’heure actuelle, il est nécessaire de le dire en toute clarté », a-t-elle souligné. « Car nous observons un racisme inquiétant, une montée de l’intolérance, une vague de délits motivés par la haine. Nous voyons les valeurs fondamentales de la démocratie libérale attaquées et un révisionnisme historique dangereux au service d’une xénophobie qui s’en prend à certains groupes. Notre attention se porte notamment sur l’antisémitisme qui menace la vie juive en Allemagne, en Europe et au-delà. »

Pour la chancelière, près de 75 ans après la libération du camp d’Auschwitz, le 27 janvier 1945, « rappeler ces crimes, nommer les coupables et entretenir dignement la mémoire des victimes est une responsabilité qui ne s’achève jamais. Elle n’est pas négociable. Elle est indissociable de notre pays. En être conscient fait partie de notre identité nationale […] ».

A.L.

Lire le discours de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

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