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Le SPD cherche à gauche l’élan du renouveau

Le Parti social-démocrate allemand (SPD) a réuni ce week-end son congrès à Berlin. Il a élu à sa tête un nouveau duo composé de Saskia Esken (g.) et Norbert Walter-Borjans (centre)

Le Parti social-démocrate allemand (SPD) a réuni ce week-end son congrès à Berlin. Il a élu à sa tête un nouveau duo composé de Saskia Esken (g.) et Norbert Walter-Borjans (centre), © SVEN SIMON

09.12.2019 - Article

De nouveaux visages, un nouveau programme : lors de son congrès à Berlin, le parti social-démocrate allemand (SPD) a lancé ce week-end le chantier de sa rénovation.

C’était l’un des grands rendez-vous politiques de l’année dans la capitale allemande. Ce week-end, le Parti social-démocrate (SPD), partenaire des Unions chrétiennes (CDU/CSU) dans l’actuel gouvernement, réunissait son congrès annuel à Berlin. Une semaine après la fin d’une consultation interne, les délégués ont entériné le choix des militants en élisant deux nouveaux visages à la tête du parti : Nobert Walter Borjans et Saskia Esken. L’ancien ministre des Finances de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (2010-2017) et la députée du Bundestag ont maintenant entre leurs mains le destin d’un parti en quête de renouveau et de redressement dans les urnes.

Ils ne partent pas de rien. À Berlin, les délégués leur ont adjoint cinq vice-présidents. Ils ont aussi et surtout voté plusieurs décisions qui doivent servir au parti de tremplin pour rebondir.

Ces décisions signent un virage plus à nouveau social du SPD. La principale d’entre elles est l’adoption d’une nouvelle stratégie pour l’État social qui tourne résolument le dos à la loi Hartz IV, réforme emblématique de l’Agenda 2010 adopté il y a quinze ans par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder.

Le nouveau concept du parti prévoit de remplacer l’allocation Hartz IV, minimum social versé notamment aux chômeurs de longue durée devenu synonyme de précarité, par une « allocation citoyenne » moins axée sur les sanctions des chômeurs. Plusieurs revendications à caractère social s’y ajoutent : le relèvement du salaire minimum à 12 € de l’heure, la mise en place d’une allocation de base versée aux familles modestes pour lutter contre la pauvreté des enfants, etc.

Les délégués du SPD ont également adopté des revendications fiscales allant dans le sens de la lutte contre les inégalités. Ils souhaitent notamment le retour d’un impôt sur la fortune de 1 % à 2 % sur les très gros patrimoines. Par ailleurs, ils ont voté la proposition du nouveau co-président Norbert Walter-Borjans qui souhaite abandonner à terme  le « frein à l’endettement » dans sa forme actuelle. Son objectif est d’amplifier l’effort d’investissement de l’État au cours des prochaines années.

La nouvelle direction du SPD va maintenant prendre contact avec les dirigeants de la CDU. Ces derniers ont pris connaissance avec réserve des nouvelles revendications formulées par leur partenaire de coalition. L’alliance gouvernementale forgée en mars 2018 n’est cependant, pour l’heure, pas remise en cause.

A.L.

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