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Écharpe rouge et formules chocs

L’ancien ministre, secrétaire général puis président du Parti social-démocrate allemand (SPD) Franz Müntefering en 2012, à Berlin

L’ancien ministre, secrétaire général puis président du Parti social-démocrate allemand (SPD) Franz Müntefering en 2012, à Berlin, © dpa

14.01.2020 - Article

Figure de la social-démocratie allemande des années 1990 et 2000, Franz Müntefering fête cette semaine ses 80 ans.

Les Allemands lui doivent la retraite à 67 ans. Il avait fait passer le texte en tant que ministre du Travail et des Affaires sociales du premier gouvernement d’Angela Merkel, en 2007. Mais lui-même semble ne jamais devoir s’arrêter. L’ancien ministre, vice-chancelier et président du Parti social-démocrate allemand (SPD) Franz Müntefering fêtera jeudi ses 80 ans. Plus actif que jamais.

C’est même devenu son mantra. Dans une société qui vieillit, celui qui fut jadis l’architecte de la victoire de Gerhard Schröder face à Helmut Kohl, puis un pilier de la coalition « rouge-verte » (1998-2005) veut aujourd’hui redonner aux personnes âgées toute leur place au sein de la société. Il veut les sortir de leur isolement. Les faire participer à la vie de la société. « Les gens ne doivent pas avoir l’impression qu’on n’a plus besoin d’eux », dit-il.

Alors, Franz Müntefering parcourt l’Allemagne pour donner des conférences (une centaine par an). Il préside des associations caritatives (Communauté de travail allemande des organisations de séniors, Fédération des Samaritains Ouvriers, etc.). Il écrit des livres. Le dernier, intitulé « Unterwegs » (litt. : en chemin), est sorti en mars 2019. Il décrit l’avancée en âge comme une chance. Lui qui a suscité le respect de toute l’Allemagne en démissionnant du gouvernement pour accompagner sa femme Ankepetra en phase terminale d’un cancer en 2007 sait de quoi il parle.

Engagement

Aujourd’hui remarié à la secrétaire d’État à la politique culturelle extérieure, Michelle Müntefering, Franz Müntefering, reste fidèle à ce qu’il a toujours été : un homme d’action. Sa vie est depuis toujours un engagement au service de ses concitoyens.

Dès la fin de l’adolescence, armé d’un certificat d’apprentissage comme vendeur, il s’est fait élire conseiller municipal de sa ville de Sundern (1969-1979), en Westphalie. Puis il a gravi un à un tous les échelons de la politique. Il a occupé une multitude de postes : député du Bundestag (1975-1992, puis 1998-2013), député et ministre du Travail de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, (1996-1998), ministre fédéral des Transports (1998-1999) de Gerhard Schröder, chef du groupe parlementaire SPD au Bundestag au moment des grandes réformes de l’Agenda 2010 (2002-2005), ministre du Travail et des Affaires sociales de la première Grande coalition d’Angela Merkel entre 2005 et 2007.

Mais il y a une fonction dans laquelle il s’est particulièrement épanoui : c’est celle de secrétaire général, puis de président du SPD (2004-2005, puis 2008-2009). Il a déclaré lui-même dans une formule restée célèbre que c’était là la « plus belle fonction avec celle de Pape ». Il l’a pourtant occupée dans des périodes turbulentes, voire délicates, notamment quand il a succédé à Gerhard Schröder à la tête du parti en 2004, au moment où le chancelier subissait jusqu’en interne les remous provoqués par son Agenda 2010. Franz Müntefering dut alors se faire le garant de l’unité du SPD. Les militants lui en savent gré, qui lui ont gardé leur admiration et leur affection.

Aujourd’hui retiré de la politique active, l’homme a conservé les qualités qui ont fait sa force et sa popularité aux affaires : du calme, de la modestie, une certaine réserve et surtout un sens de la formule légendaire. « Je ne sais faire que des phrases courtes », dit ce Westphalien de souche resté fidèle à ses origines. Nombre de ses formules ont en tout cas fait mouche. Elles restent gravées dans les esprits, par exemple lorsqu’il avait qualifié les financiers de « sauterelles », déclaré à propos du SPD « l’opposition, c’est des bêtises » ou annoncé lors de la formation de la Grande coalition de 2005 « on ne fera pas couler le lait et le miel, mais il y aura du bon pain nappé d’une confiture convenable ».

A.L.

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