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Conférence sur la Libye : accord pour un cessez-le-feu

La chancelière Angela Merkel, hôte de la conférence, a parlé de « négociations intensives et sérieuses

La chancelière Angela Merkel, hôte de la conférence, a parlé de « négociations intensives et sérieuses, © Gouvernement fédéral/Kugler

20.01.2020 - Article

Les participants se sont engagés hier à Berlin à s’abstenir de toute ingérence dans le conflit en Libye. Ils ont appelé à un cessez-le-feu permanent et à la relance du processus politique.

Après plusieurs mois d’aggravation de la guerre civile en Libye, la conférence internationale qui s’est tenue dimanche (19 janvier) après-midi à Berlin a permis d’allumer une lueur d’espoir de pacification. Les participants se sont accordés sur une déclaration commune. Ils s’y sont engagés à respecter l’embargo sur les livraisons d’armes et à s’abstenir de toute ingérence dans le conflit. Ils ont, par ailleurs, appelé à un cessez-le-feu permanent et apporté leur soutien à la relance du processus politique conduit par le chef de la mission des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé.

La chancelière Angela Merkel, hôte de la conférence, a parlé de « négociations intensives et sérieuses ». Elles ont eu lieu dans une « atmosphère très constructive », a-t-elle loué. Et elles ont abouti à « un plan complet sur les étapes à venir ». Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutterres, a salué, de son côté, « un signal très fort que nous voulons une solution pacifique à la crise libyenne ».

Respect de l’embargo

La conférence réunissait les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France), ceux de sept autres pays concernés par le conflit tels que la Turquie, l’Égypte et les Émirats arabes unis, ainsi que ceux de quatre organisations internationales (ONU, Union européenne, Ligue arabe, Union africaine).

Les parties en conflit – le maréchal Khalifa Haftar et le chef du gouvernement d'union nationale libyen reconnu par les Nations unies, Fayez Sarraj – étaient présents à Berlin. Mais ils ne participaient pas directement à la conférence.

« Lorsque j’ai rencontré M. Salamé pour la première fois le 15 août dernier, l’idée était de parvenir à ce que toutes les parties impliquées d’une manière ou d’une autre dans le conflit libyen parlent d’une même voix », a souligné Angela Merkel. « Car cela ferait alors comprendre aux parties en Libye qu’il n’existe qu’une solution non militaire. Cet objectif a été atteint. Ici, aujourd’hui, tous ont pris les mêmes engagements. »

Une conférence de suivi en février

La chancelière, toutefois, ne « [se] fai[t] pas d’illusions ». « Nous savons bien que nous n’allions pas régler tous les problèmes aujourd’hui », a-t-elle reconnu. Il s’agissait de « donner une impulsion ». Par exemple, la question du contrôle de l’armistice n’a pas été abordée à Berlin car elle présuppose… un armistice.

Prolonger l’élan donné à Berlin sera tout l’enjeu des semaines à venir. Avec une priorité : transformer l’accord de cessez-le-feu en un armistice durable. À Berlin, Khalifa Haftar et Fayez Sarraj ont nommé cinq délégués chacun pour former un « comité militaire mixte ». Il doit permettre de poursuivre les discussions sous l’égide de M. Salamé.

De son côté, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a annoncé que l’Allemagne allait organiser une conférence de suivi début février. « Nous nous sommes aujourd’hui, pour ainsi dire, procuré la clé pour pouvoir résoudre le conflit libyen », a-t-il dit. « Il s’agit maintenant de la mettre dans la serrure et de la faire tourner ».

A.L.
Plus d'informations : Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

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