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Climat : à Davos, Angela Merkel appelle à l’action

Discours de la chancelière Angela Merkel à Davos

Discours de la chancelière Angela Merkel à Davos, © Gouvernement fédéral/Kugler

24.01.2020 - Article

Selon la chancelière, protéger le climat nécessite une « transformation gigantesque ». Mais ce pourrait devenir « une question de survie ». Les aînés doivent accueillir positivement l’impatience de la jeunesse.

La chancelière Angela Merkel a lancé hier un vigoureux appel à l’action dans la lutte contre le réchauffement climatique lors du 50e Forum Économique Mondial de Davos (Suisse).

Les engagements pris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ne permettent pas de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, « atteindre les objectifs de l’Accord de Paris [sur le climat] pourrait devenir une question de survie, y compris pour notre continent », a-t-elle alerté.

« Le temps presse »

Angela Merkel s’est faite l’avocate des jeunes. « Le temps presse.  C’est pourquoi nous, les aînés, devons veiller à accueillir l’impatience des jeunes positivement et de manière constructive », a dit la dirigeante de 65 ans. « Nous devons comprendre que leur vie possède un horizon différent du nôtre, un horizon qui va bien au-delà de 2050 ». « La question se pose donc de savoir ce qu’il restera de biodiversité sur Terre, et dans quel mesure le climat restera supportable. Nous sommes appelés à l’action ».

Angela Merkel a partagé l’analyse du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a lancé une « décennie d’action ». Ce dernier a déploré à Davos « un manque de volonté politique » qui expose le monde « à perdre la bataille » contre le réchauffement. Or, « ce n’est pas la planète que nous allons détruire », a-t-il dit, « c’est notre capacité à y vivre ».

La solution passe par le dialogue

Mais comment sortir de cet immobilisme ? Angela Merkel a appelé au dialogue. Au dialogue entre les générations. Au dialogue entre les villes et les campagnes. Mais aussi et surtout, au dialogue entre la majorité consciente de l’urgence et les climatosceptiques.

Même si le réchauffement est un fait scientifiquement avéré, « nous vivons à une époque où les faits sont en concurrence avec les émotions », a-t-elle analysé. « Il faut réconcilier les émotions avec les faits ». Et « cela suppose au minimum de se parler ».

La chancelière a d’ailleurs appelé plus généralement au dialogue sur les questions internationales. Selon elle, l’incapacité à se parler est peut-être « encore plus grande que pendant la Guerre froide ».

Mais une chose est sûre également : lutter contre le réchauffement climatique n’ira pas sans efforts. L’Europe en est un exemple à l’heure où elle s’engage dans un «  green deal  » et veut devenir le premier continent à atteindre en 2050 la neutralité carbone. L’Allemagne aussi, avec son « tournant énergétique » (Energiewende) qui vise la sortie du nucléaire en 2022, la sortie du charbon en 2038 au plus tard et 65 % d’électricité d’origine renouvelables dès 2030.

« Ce sont des transformations d’une ampleur gigantesque, historique », a dit Angela Merkel. « Au fond, c’est une transformation qui veut dire qu’il nous faut abandonner le mode de vie et l’organisation économique auxquels nous nous sommes habitués à l’ère industrielle pour aller vers des façons complètement nouvelles de créer de la valeur », sans doute avec l’aide de la numérisation.

« J’en suis convaincue », a-t-elle toutefois souligné, « le prix de l’inaction sera bien plus élevé que celui de l’action ».

A.L.

Plus d’informations :

Lire le discours de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

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