Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Un long chemin vers la paix : le processus de paix interafghan

Massif montagneux en Afghanistan

Massif montagneux en Afghanistan, © picture alliance/dpa

23.11.2020 - Article

Les négociations menées à Doha afin de rétablir la paix en Afghanistan durent depuis deux mois. Le gouvernement fédéral soutient intensément les négociations de paix interafghanes : un débat au « format Arria » s’est tenu aujourd’hui au Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Afghanistan.

La vie quotidienne des Afghans est marquée par la guerre et la violence depuis plus de quatre décennies. Depuis la fin du régime taliban en 2001, il a toutefois été possible de mettre en place des structures qui fonctionnent dans de nombreuses parties du pays. L’accès de la population à l’éducation, aux soins de santé, à l’électricité et à l’eau a été nettement amélioré, et le revenu par habitant a plus que quadruplé. Dans le même temps, on a également observé le développement d’une société civile vivante et d’un paysage médiatique dynamique. Les femmes et les enfants bénéficient en particulier de libertés nouvellement acquises, même s’il subsiste encore de trop grandes disparités entre les droits garantis par la loi et leur application sur le terrain. Des attentats continuent d’ébranler régulièrement le Pays.

Négociations de paix interafghanes

L'Afghanistan a besoin d’une paix durable : tel est l’objectif des négociations qui se déroulent à Doha depuis le 12 septembre entre la délégation du gouvernement afghan et celle représentant les Talibans. Vingt-et-un délégués de chaque partie participent aux négociations, étant précisé que l’équipe de négociation du gouvernement afghan comprend quatre femmes. À la réunion d’aujourd’hui, l’une de ces femmes, Fatima Gailani, a fait part aux membres du Conseil de sécurité de ses impressions sur les négociations en cours ainsi que de son analyse de la situation en Afghanistan. Les délégués des deux équipes de négociation sont confrontés à une tâche difficile : ils doivent parvenir à un accord durable qui mettra fin à la violence, poser les jalons de l’ordre politique et social futur tout en tenant compte des questions relatives à la réconciliation nationale. En vertu du principe d’un processus de paix « mené par et pour les Afghans » (« Afghan-led, Afghan-owned »), il appartient aux seuls négociateurs afghans de déterminer le processus de négociation.

Préserver les avancées des dernières années

Le gouvernement fédéral fait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir le processus de paix interafghan, de même qu’il apporte son appui, depuis des années, à la mise en place de structures stables, démocratiques et garantes de l’État de droit dans le pays. Dans ce contexte, il est essentiel de préserver les progrès réalisés au cours des dernières années, en particulier dans le domaine des droits de l’homme et des droits des femmes. Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, a souligné les points suivants lors de l’ouverture des négociations de paix :

Les Afghanes et les Afghans souhaitent la fin de la violence et un cessez-le-feu durable. Ils veulent vivre dans la dignité et la paix. Et ils veulent voir l’État de droit et les droits de l’homme respectés – non en théorie mais en pratique. La poursuite du soutien international dépend du respect de ces droits fondamentaux et de l’ordre constitutionnel de l’Afghanistan.

Le gouvernement fédéral appuie le processus non seulement à Doha et en Afghanistan mais également dans le cadre de nombreux entretiens bilatéraux et formats internationaux : ainsi, le 20 novembre, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont débattu, dans le cadre informel et élargi du « format Arria », avec des représentants de l’Afghanistan et d’autres États de l’état d’avancement actuel des négociations ainsi que des possibilités de soutien dont dispose la communauté internationale. L’objectif central vise à réduire la violence et à parvenir à un cessez-le-feu immédiat. Les participants ont également abordé la conférence internationale des donateurs pour l’Afghanistan lors de laquelle une aide civile supplémentaire sera négociée les 23 et 24 novembre pour ce pays. Car, sur place, la situation économique, sociale et humanitaire reste tendue – l’Afghanistan continue d’être tributaire de l’aide internationale.

Dans ce contexte, de nombreux regards se tournent vers l’Allemagne, deuxième donateur bilatéral de prestations de soutien civiles pour la stabilisation et la coopération au développement (jusqu’à concurrence de 430 millions d’euros par an). L’Allemagne plaide pour que la communauté internationale reste un partenaire fiable de l’Afghanistan afin que les progrès des 19 dernières années puissent être préservés et Renforcés.

Retour en haut de page