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103 résolutions plus tard : rétrospective sur deux ans au Conseil de sécurité

L’Allemagne membre du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2019-2020

L’Allemagne membre du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2019-2020, © Ministère fédéral des Affaires étrangères/dpa

14.12.2020 - Article

Avec l’année 2020 s’achève le mandat de deux ans de l’Allemagne au Conseil de sécurité des Nations Unies. Du processus de Berlin sur la Libye à l’engagement contre les violences sexuelles, en passant par une nouvelle mission politique au Soudan : une rétrospective sur deux ans riches en événements.

Depuis le 1er janvier 2019, l’Allemagne est membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies jusque fin 2020. C’est la sixième fois que l’Allemagne assume dans ce rôle des responsabilités particulières pour la paix et la sécurité dans le monde et qu’elle s’engage en faveur de la consolidation de l’ordre international, dans une période où l’ordre multilatéral et l’Organisation des Nations Unies, sa pièce maîtresse, font face à d’énormes pressions.

Composé de cinq membres permanents et de dix membres non permanents élus respectivement pour deux ans, le Conseil de sécurité des Nations Unies est le seul organe de l’ONU habilité à prendre des décisions contraignantes en droit international. En tant que membre du Conseil, l’Allemagne a eu la possibilité de se positionner sans cesse sur des questions centrales liées à la paix et à la sécurité internationale, de réagir à des crises actuelles et de mettre l’accent sur les priorités de son choix, par exemple sur la participation accrue des femmes aux processus de paix ou sur le thème du désarmement.

Voici un aperçu des sujets les plus importants qui ont été traités :

  • Libye : L’année dernière, les bonnes nouvelles en provenance de la Libye étaient rares ; cependant, depuis récemment, les lueurs d’espoir se multiplient. Aux côtés du représentant spécial de l’ONU pour la Libye, l’Allemagne a œuvré de manière continue pour lancer un processus politique afin de stabiliser le pays. Dans ce cadre, le processus de Berlin, avec lequel l’Allemagne soutient les efforts de paix de l’ONU, constitue un élément central. Début 2020, à l’invitation du secrétaire général des Nations Unies António Guterres et de la chancelière fédérale Angela Merkel, une grande conférence s’est tenue à Berlin et a rassemblé autour d’une table les soutiens des parties en conflit. Son objectif : mettre fin à l’ingérence extérieure et permettre ainsi un processus politique interlibyen sous l’égide des Nations Unies. Le Conseil de sécurité a réaffirmé les résultats de la conférence dans la résolution 2510 en février 2020. En assumant la présidence du comité des sanctions pour le suivi de l’embargo sur les armes de l’ONU en Libye et avec l’opération de l’UE IRINI, l’Allemagne a contribué de manière importante à la mise en œuvre concrète de l’embargo sur les armes. Désormais, un cessez-le-feu est en vigueur dans toute la Libye. Depuis début novembre, 75 Libyennes et Libyens négocient à Tunis l’avenir politique du pays et des élections sont prévues en décembre 2021.
  • Syrie : Après des négociations longues et difficiles, la résolution transfrontalière a pu être prorogée au mois de juillet ; elle garantit l’accès de l’aide humanitaire en Syrie. En tant que co-responsable avec la Belgique, l’Allemagne a travaillé très dur pour ce résultat et a au final proposé un compromis afin de maintenir l’aide pour des millions de Syriennes et Syriens.
  • Soudan : Après la chute du dictateur Omar el-Béchir, une atmosphère de renouveau règne au Soudan ; le pays est en pleine transition. L’Allemagne soutient ce processus depuis le début. En juin 2020, l’Allemagne et le secrétaire général de l’ONU António Guterres ont organisé une conférence de partenariat sur le Soudan afin de mobiliser un soutien politique et financier. Aux côtés du Royaume-Uni, l’Allemagne s’est engagée en faveur d’une nouvelle opération de l’ONU au Soudan : dès 2021, la mission MINUATS (Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan) succèdera à l’actuelle mission MINUAD et accompagnera la transition vers la démocratie.

Outre l’engagement pour résoudre les crises actuelles et les dossiers politiques, l’Allemagne a également mis l’accent sur les priorités de son choix :

  • Programme « Femmes, paix et sécurité » : À travers le monde, les violences sexuelles sont de plus en plus utilisées comme arme dans les conflits. L’Allemagne lutte contre cela avec la résolution 2467 adoptée sous la présidence allemande. Sur la base du programme du Conseil de sécurité « Femmes, paix et sécurité », l’Allemagne met l’accent sur la protection des victimes de violences sexuelles. Les auteurs de telles violences doivent à l’avenir rendre davantage de comptes.
  • Désarmement et non-prolifération : Des armes de petit calibre au désarmement nucléaire : après plus de sept ans, l’Allemagne a de nouveau inscrit le sujet du désarmement nucléaire à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, un thème prioritaire de la présidence allemande en avril 2019. La Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires a certes été reportée à 2021 en raison de la pandémie, mais les thèmes sont toutefois restés au cœur des discussions : avec la déclaration de Berlin des 16 pays soutenant l’Initiative de Stockholm en février 2020, des initiatives pour donner un nouvel élan au désarmement nucléaire ont été proposées. Au vu de la fin du traité FNI et du futur actuellement incertain du nouveau Traité de réduction des armements stratégiques, cela reste une priorité du gouvernement fédéral, y compris au-delà du mandat allemand au Conseil de sécurité.
  • Climat et sécurité : Le changement climatique est une question de plus en plus centrale pour les travaux du Conseil de sécurité. En raison des dérèglements climatiques, de nouveaux conflits émergent et les conflits existants s’exacerbent, comme dans la région du lac Tchad, au Soudan ou en Afghanistan. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne a inscrit cette question à l’ordre du jour, malgré certaines résistances. Le sujet figurera désormais en permanence au programme du Conseil de sécurité grâce à la mise sur pied d’un nouveau groupe d’experts informel.

Alliance pour le multilatéralisme

103 résolutions ont été adoptées jusqu’à présent pendant la durée du mandat de l’Allemagne au Conseil de sécurité, et il se peut que quelques autres soient ajoutées à cette liste d’ici la fin de l’année. Il est d’ores et déjà clair que des progrès ne peuvent être réalisés que si nous coopérons à l’échelle internationale, et ce n’est qu’ensemble que nous pouvons répondre aux questions mondiales urgentes, du changement climatique à la transformation numérique. Par conséquent, en plus de son engagement au sein du Conseil de sécurité, l’Allemagne a créé l’Alliance pour le multilatéralisme qui œuvre à la coopération internationale ainsi qu’à un contrepoids important face aux approches unilatérales. 60 pays soutiennent l’initiative.

La pandémie de Covid-19 souligne encore une fois à quel point la coopération multilatérale est essentielle. Les virus ne connaissent pas de frontières : personne n’est à l’abri tant que tout le monde n’est pas à l’abri. Aussi, les médicaments, les remèdes et les vaccins doivent être distribués équitablement. L’Allemagne s’est également engagée en faveur de cette conviction au sein du Conseil de sécurité : avec la résolution 2532 adoptée en août 2020 sous la présidence allemande, le Conseil de sécurité a exigé un cessez-le-feu mondial afin de permettre aux personnes frappées par les conflits de reprendre leur souffle au vu de la Covid-19.

Poursuite des travaux du Conseil de sécurité  

L’Allemagne souhaite poursuivre sa contribution à la préservation de la paix mondiale, cette fois-ci en tant que membre permanent du Conseil de sécurité. « Ces deux dernières années, nous avons montré que nous étions capables d’occuper à long terme un siège au Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas. « C’est pourquoi nous voulons non seulement être une nouvelle fois candidats à un siège non permanent dans huit ans, mais souhaitons également devenir d’ici là un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. »

 

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