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Crises oubliées : les soins médicaux en République centrafricaine

République centrafricaine : beaucoup de personnes n’ont pas accès aux soins médicaux

République centrafricaine : beaucoup de personnes n’ont pas accès aux soins médicaux, © Sébastien Duijndam / Médecins du monde

12.01.2021 - Article

La République centrafricaine est le théâtre d’une des crises les plus longues au monde. Face à cette crise, certaines personnes telles que Gilles Mbassade s’engagent pour soulager les souffrances. Avec « Médecins du monde », il s’occupe des malades et des personnes en détresse.

Sur les 4,7 millions de personnes vivant en République centrafricaine, environ 75 % sont sous le seuil de pauvreté. La moitié de la population souffre de la faim et un quart ont fui le pays. En 1960, la République centrafricaine a réclamé son indépendance à la France ; depuis, le pays ne connaît pas de répit. Des groupes rebelles, sous le commandement de chefs militaires locaux, contrôlent de fait les deux tiers du territoire. Ce pays est le deuxième plus pauvre au monde.

Début 2019, le gouvernement du président Touadéra a signé un accord de paix avec 14 groupes rebelles. Celui-ci n’a toutefois pas réussi à mettre fin aux actes de violence perpétrés contre la population civile. Suite à l’offensive militaire d’une coalition rebelle en amont des élections présidentielles de décembre 2020, le maintien de l’accord de paix et l’avenir du pays sont plus que jamais compromis.

« La majorité de la population n’a pas accès aux soins médicaux »

Gilles Mbassade travaille main dans la main avec l’organisation humanitaire Médecins du monde pour soulager la souffrance dans le pays. L’organisation vient de créer un centre de soins dans la province de Bouca. Comme le souligne M. Mbassade, « la majorité de la population n’a pas accès aux soins médicaux. En effet, une grande partie du personnel médical qualifié a quitté le pays ». Ainsi, dans la préfecture de M. Mbassade, il ne reste plus que 46 professionnels de santé qui s’occupent des 90 000 habitants. Les infrastructures de santé sont pour beaucoup désertées. Le manque de soins médicaux a également une répercussion négative sur bien d’autres secteurs ajoute M. Mbassade : « la mortalité des mères et des enfants est ainsi en constante augmentation faute de prise en charge médicale. »

Soutien au développement de centres de soins dans la région

Alors que certains quittent la région, des médecins de l’ONG « Médecins du monde » y ont, l’été dernier, lancé leur projet. Ce dernier consiste à apporter une aide aux centres de soins de la région qui soignent les malades et blessés avec du matériel rudimentaire. L’équipe de « Médecins du monde » aide à former le personnel et fournit des médicaments. Elle s’occupe également de la remise en état des infrastructures souvent vétustes. Au cours des prochains mois, des motos viendront par ailleurs compléter le dispositif d’aide, dans le but de permettre aux travailleurs de transporter – notamment dans les zones reculées et difficilement accessibles – les malades nécessitant un transfert dans une clinique mieux équipée.

Une attaque par jour contre les travailleurs humanitaires

Les employés de « Médecins du monde » sont prêts à risquer leur vie pour leur travail. La République centrafricaine compte parmi les pays les plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires : en 2020, on a recensé au minimum une attaque par jour contre le personnel humanitaire. La nouvelle flambée de violence de décembre 2020 a d’ores et déjà eu des répercussions négatives sur le projet de « Médecins du monde » ; en effet, beaucoup d’employés de l’organisation bloqués pour le moment dans leur lieu d’hébergement ne peuvent pas poursuivre leurs missions essentielles.

2020 : 30 millions d’euros d’aide humanitaire pour la République centrafricaine

En 2020, l’Allemagne a débloqué environ 30 millions d’euros d’aide pour la République centrafricaine, constituant ainsi le deuxième plus gros donateur humanitaire pour ce pays. Ce fonds a permis de financer de nombreux projets comme celui de Bouca.

L’Allemagne s’engage également au niveau politique pour que les personnes engagées tels que Gilles Mbassade puissent travailler en toute sécurité : en 2019, l’Allemagne et la France ont lancé ensemble un appel à l’action humanitaire (Humanitarian Call for Action CfA) au Conseil de sécurité des Nations Unies, de façon à améliorer l’accès et la protection du personnel humanitaire.

Cet engagement humanitaire s’accompagne du Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies et du Fonds Bêkou de l’UE qui permettent de financer un large éventail de projets de consolidation de la paix en République centrafricaine.

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