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Pas de paix sans les femmes : « Rapid Response Window  » renforce la participation des femmes aux processus de paix

Une paix plus durable : quand les femmes sont assises à la table des négociations, les accords sont plus inclusifs et plus durables

Une paix plus durable : quand les femmes sont assises à la table des négociations, les accords sont plus inclusifs et plus durables, © 2014 UN Women

15.01.2021 - Article

Les femmes fournissent un travail invisible, et pourtant elles sont sous-représentées lors des négociations de paix. Un nouvel instrument de financement des Nations Unies a pour but de remédier à cette situation.

Un travail de paix invisible : l’action des femmes dans les zones de crise

Dans de nombreuses régions en crise, les femmes fournissent un travail important dans les processus de paix : elles négocient avec les milices afin d’obtenir la libération de leurs enfants ; elles créent des zones sécurisées pour leurs communautés ; elles négocient l’aménagement de couloirs humanitaires afin d’assurer l’approvisionnement en denrées alimentaires, souvent longtemps avant l’arrivée des organisations humanitaires. Ce travail passe fréquemment inaperçu.

La résolution 1325 : avec les femmes, des négociations de paix plus réussies

Dans les négociations de paix formelles, les femmes ne jouent aujourd’hui que rarement un rôle officiel. Lorsque le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, le 31 octobre 2000, une résolution qui portait sur le rôle des femmes dans les processus de paix et de sécurité, beaucoup ont salué cette décision comme sensationnelle. Pour la première fois, le Conseil de sécurité réaffirmait que la participation des femmes à l’instauration et au maintien de la paix était indispensable et que la paix était plus stable et plus durable lorsque les femmes étaient assises à la table des négociations. La prévention des conflits, les processus de paix et la consolidation de la paix étaient ainsi considérés comme des droit des femmes et donc des droits humains.

À ce sujet, le chef de la diplomatie allemande a déclaré :

En incluant les femmes, les négociations de paix sont plus réussies, comme nous le montre l’histoire.

Des obstacles pratiques : frais de déplacement, obtention de visas et prise en charge des enfants

Si les femmes ne participent pas aux négociations de paix, c’est parfois pour des raisons d’ordre purement pratique : les frais de déplacement sont trop élevés, les démarches pour obtenir un visa posent des problèmes ou il n’y a personne pour s’occuper des enfants pendant leur absence. C’est là qu’intervient le nouvel instrument du Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire (WPHF). La fenêtre de réponse rapide doit contribuer à surmonter des obstacles concrets sur le plan pratique et permettre aux femmes, grâce à un soutien ciblé, de participer aux négociations de paix. Des subventions d’un montant relativement peu élevé fourniront aux femmes les moyens de financer leurs déplacements, de se faire aider pour leurs demandes de visa ou d’avoir recours à une assistance à court terme pour la prise en charge de leurs enfants. Cet argent permettra également de financer des stages de formation aux négociations de façon à ce que les participantes puissent se préparer le mieux possible aux processus de paix.

L’Allemagne verse un million d’euros pour la RRW

La fenêtre de réponse rapide a été lancée aujourd’hui officiellement au cours d’un événement virtuel auquel participaient, outre le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, ses homologues de Belgique et de Norvège. Des représentantes et représentants des Nations Unies et de la société civile étaient également présents. L’Allemagne est le premier pays donateur de ce nouvel instrument : elle y contribue à hauteur d’un million d’euros.

Depuis septembre 2020 déjà, les organisations peuvent solliciter un soutien. Pendant la première phase, trois projets en ont déjà bénéficié : deux en Afghanistan et un au Mali. En Afghanistan, la RRW aide deux initiatives de la société civile en faveur de la participation des femmes aux négociations de paix de Doha ; au Mali, il s’agit d’une aide à la mise en œuvre de l’accord de paix de 2015.

Le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire

Le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire (WPHF), dont fait partie la fenêtre de réponse rapide (RRW), a été mis en place en 2016. Il aide les organisations féminines locales à s’impliquer dans les processus de paix à l’échelle mondiale et à renforcer leur rôle dans le domaine humanitaire et celui des interventions d’urgence. L’Allemagne a fourni jusqu’ici 9,1 millions d’euros au WPHF, dont une grande partie a été utilisée pendant la pandémie de Covid-19 pour aider les organisations féminines à affronter cette période difficile.

Action au Conseil de sécurité des Nations Unies contre les violences sexuelles dans les conflits

Outre la participation des femmes aux négociations de paix, la protection contre les violences sexuelles constitue un aspect important du programme pour les femmes et la paix et la sécurité. Ce thème est également une priorité politique de l’Allemagne, par exemple au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pendant sa présidence du Conseil de sécurité, l’Allemagne a posé, avec l’adoption de la résolution 2467, un signe important pour la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits. Elle continuera, à l’avenir, à soutenir fermement la mise en œuvre de ce programme.

 

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