Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Qui est Armin Laschet, le nouveau président de la CDU ?

Armin Laschet, ministre-président du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a été désigné samedi comme nouveau président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU)

Armin Laschet, ministre-président du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a été désigné samedi comme nouveau président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), © picture alliance / Flashpic | Jens Krick

19.01.2021 - Article

A huit mois des élections générales, il a été élu président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) samedi face à Friedrich Merz, par 521 voix contre 466. Qui est Armin Laschet ?

Les délégués ont préféré le modéré Armin Laschet au conservateur Friedrich Merz pour diriger l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Le ministre-président de la Rhénanie du Nord-Westphalie a remporté le scrutin interne par 521 voix contre 466, samedi, lors d’un congrès virtuel. Centriste réputé proche d’Angela Merkel, il incarnait l’option de la continuité par opposition au virage libéral et droitier prôné par l’ancien chef de file des conservateurs au Bundestag. Président de la CDU, Armin Laschet pourrait être, le 26 septembre prochain, le candidat de son parti pour succéder à Angela Merkel à la chancellerie. Qui est-il ?

Le congrès de la CDU s'est déroulé en format virtuel en raison de la pandémie de Coronavirus
Le congrès de la CDU s'est déroulé en format virtuel en raison de la pandémie de Coronavirus© picture alliance/dpa | Michael Kappeler

Amateur de carnaval et européen fervent, le ministre-président du land le plus peuplé d’Allemagne (18 millions d’habitants) est un pur Rhénan. Il est né à Aix-la-Chapelle il y a presque 60 ans, le 18 février 1961. Il est fils d’un mineur devenu enseignant, et a grandi avec ses trois frères dans une famille qui croyait à l’ascension par l’instruction et travail. Juriste de formation, il est d’abord devenu journaliste. Puis, ce catholique pratiquant qui avait pris sa carte de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) à 18 ans s’est laissé convaincre de s’engager dans le champ politique.

Européen de conviction

Père de trois enfants aujourd’hui adultes, Armin Laschet a commencé par mener de front carrière professionnelle et carrière politique. Il a fait ses classes comme conseiller municipal à Aix-la-Chapelle dans les années 1980. De cet enracinement géographique au cœur de l’Europe, aux confins de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas, il a conservé une fibre européenne sans faille. L’ancien chancelier Helmut Kohl est d’ailleurs l’un de ses modèles. En 2017, Armin Laschet a aussi été l’un des premiers à applaudir le discours sur l’Europe du président Emmanuel Macron à la Sorbonne.

Ce francophile a été député au Bundestag (1994-1998) et député européen (1999-2005). Mais en 2005, il quitte les hémicycles pour la politique régionale. Entré au gouvernement de sa région natale, la Rhénanie du Nord-Westphalie, il devient le tout premier ministre de l’Intégration d’Allemagne. Il imprime sa marque par son souci de conciliation et d’équilibre. Il est le premier en Allemagne à porter l’idée de mesurer les résultats de la politique d’intégration.

Dirigeant du land le plus peuplé d’Allemagne

En 2010, il échoue à se faire élire président de la fédération régionale de la CDU. Mais il saisira sa Chance lorsqu’elle se représentera, deux ans plus tard. Alors, le succès lui sourit. Le 14 mai 2017, la CDU d’Armin Laschet reprend les rênes de la région à la suite du Parti social-démocrate (SPD). Un triomphe pour le candidat tête de liste. Ils’installe dans le fauteuil de chef de gouvernement régional à la tête d’une coalition avec les libéraux (FDP). Armin Laschet fera de cette expérience de terrain un argument clé dans son duel avec Friedrich Merz pour la présidence de la CDU.

Sa méthode de gouvernement reflète le tempérament de ce responsable politique discret, rieur, jovial et conciliant. Elle est tout en recherche de compromis et d’équilibre. Mais si ce talent lui est unanimement reconnu, il lui attire aussi des critiques : manque de charisme, de tranchant, impression d’hésitation, etc. On a pu l’observer durant la pandémie de coronavirus, quand ses détracteurs ont reproché à Armin Laschet son refus de restrictions trop drastiques. Toutefois, assure la chaîne publique ZDF, « sa communication de crise, en tant que ministre-président, a été nettement moins bonne que sa gestion de la crise ».

Armin Laschet est désormais en pôle position pour briguer la chancellerie à l’automne. Sera-t-il le candidat de son parti et le possible successeur d’Angela Merkel ?Seul l’avenir le dira, d’autant que la CDU doit encore se concerter avec son partenaire bavarois, la CSU.
A.L.

Retour en haut de page