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Les sujets essentiels de 2021

Airbus A350 Kurt-Schumacher de l’escadre de missions aériennes spéciales du ministère fédéral de la Défense

Airbus A350 Kurt-Schumacher de l’escadre de missions aériennes spéciales du ministère fédéral de la Défense, © Thomas Imo/photothek.net

21.01.2021 - Article

Après une année 2020 chargée et mouvementée, la politique étrangère allemande se tourne vers l’avenir : Covid-19, conflits régionaux, protection du climat – et tous les autres thèmes figurant en tête de l’ordre du jour.

Dans le domaine de la politique étrangère également, l’année 2020 restera surtout gravée dans nos mémoires avec un thème en particulier : la pandémie de coronavirus. D’une part, une grande partie des capacités politiques (et de la politique étrangère) dans de nombreux pays étaient consacrées à la lutte contre les conséquences sanitaires et économiques de celle-ci. D’autre part, nombre de défis mondiaux, tels que les crises régionales, la famine, la pauvreté et les inégalités, ont de nouveau été exacerbés par le virus. Une diplomatie purement numérique sans rencontres personnelles a rendu le règlement de conflits et la recherche de compromis encore plus difficiles. Néanmoins, l’année dernière, pendant sa présidence du Conseil de l’UE et son mandat de deux ans au Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Allemagne a posé des jalons importants, et a notamment œuvré avec succès pour que des avancées soient faites dans le conflit en Libye ainsi qu’au Proche et au Moyen-Orient.

En 2021 également, la politique étrangère de l’Allemagne sera placée sous le signe de la lutte contre le coronavirus et ses répercussions. Mais de manière générale aussi, beaucoup de choses vont changer dans le domaine des relations internationales : avec l’entrée en fonction du nouveau gouvernement américain de Joe Biden, l’Allemagne et l’Union européenne souhaitent relancer les relations transatlantiques. Les thèmes auxquels ils risquent de s’atteler ensemble sont notamment le multilatéralisme, le renforcement de la démocratie, les relations avec la Chine et la lutte contre le changement climatique. L’engagement en faveur d’un règlement des conflits en Afrique du Nord ainsi qu’au Proche et au Moyen-Orient continue de figurer en tête de l’ordre du jour.

Europe : distribution des vaccins et relance économique

Dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’UE, avec ce qu’on appelle le « cadre financier pluriannuel », c’est-à-dire le budget de l’UE pour plusieurs années, et le Fonds de relance en réponse à la pandémie de Covid-19, l’Allemagne a jeté des bases importantes pour la relance économique et pour des investissements accrus dans les domaines de la protection du climat et de la transformation numérique. Les moyens financiers du Fonds de relance devraient être alloués rapidement en 2021. En homologuant plusieurs vaccins, la Commission européenne a créé les conditions pour que l’Europe surmonte durablement la pandémie, bien que les mutations du virus demeurent préoccupantes. Tous les vaccins ont été développés en un temps records, souvent grâce à la participation décisive de scientifiques et de chercheurs et chercheuses allemands et européens. La politique de l’UE de cette année sera marquée par l’examen et l’homologation d’autres vaccins candidats ainsi que par la distribution équitable des vaccins et par la solidarité dont il sera fait preuve à cet égard.

Mais des questions fondamentales seront également négociées en 2021 : lors de la « Conférence sur l’avenir de l’Europe », les citoyennes et citoyens, la société civile et les institutions doivent débattre ensemble d’idées pour la poursuite du développement de l’UE, ce qui permettra de renforcer l’identité propre de l’UE comme acteur mondial, ainsi que la base de sa légitimation. Durant la présidence allemande du Conseil de l’UE, les planifications de cette conférence ont avancé et tout a été fait pour que la conférence puisse démarrer dans les meilleurs délais.

Concernant ses relations avec l’extérieur, l’UE se penchera en 2021 sur ses relations avec le Royaume-Uni et façonnera une nouvelle forme de partenariat constructif, car le Royaume-Uni reste l’un de ses partenaires et amis les plus étroits en ce qui concerne des questions liées aux valeurs, au commerce et à des intérêts mondiaux et régionaux communs. La ratification et la mise en œuvre de l’accord de commerce et de partenariat sont à l’ordre du jour, tout comme la coopération en matière de politique de sécurité.

Au niveau bilatéral, le gouvernement fédéral allemand continuera de s’engager, dans le courant de cette année, en faveur de la création, à Berlin, d’un lieu de mémoire et de rencontre en hommage aux victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale, conformément à la décision du Bundestag allemand.

Conflits régionaux, politique de sécurité et désarmement

L’architecture de sécurité mondiale sera également au cœur de la politique étrangère allemande en 2021. Le désarmement est et reste un objectif prioritaire du gouvernement fédéral. Des règles fiables et des accords internationaux dans ce domaine sont décisifs. Il sera question de la prorogation du nouveau Traité de réduction des armements stratégiques et du maintien du Traité « Ciel ouvert ».

L’Afrique du Nord ainsi que le Proche et le Moyen-Orient demeureront également des priorités de la politique étrangère de l’Allemagne en 2021. Une réduction des tensions dépendra essentiellement de l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien (Plan d’action global commun, « JCPoA » en anglais). Aux côtés de la France et du Royaume-Uni, l’Allemagne continuera d’œuvrer au maintien de l’accord ; le nouveau gouvernement américain de Joe Biden pourrait donner un nouvel élan à ce processus. Mais les conflits régionaux en Syrie, au Yémen et en Libye ainsi que les tensions en Méditerranée orientale restent également au centre des préoccupations au vu des rivalités sous-jacentes des puissances régionales et du rôle difficile de la Russie.

Le processus de paix interlibyen entame sa dernière ligne droite : le 24 décembre 2021, des élections sont prévues dans l’ensemble du pays. D’ici là, il convient encore de désigner un gouvernement de transition associant les groupements des deux parties du pays. Le gouvernement fédéral continuera de soutenir le représentant spécial de l’ONU pour la Libye, Ján Kubiš, dans cette tâche importante. Un autre pilier central de l’engagement allemand pour la Libye est l’opération de l’UE IRINI, dont le but est de veiller au respect de l’embargo sur les armes.

Au Yémen, les combats persistent et la crise humanitaire s’exacerbe. L’Allemagne fait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les Nations Unies, aussi bien avec de l’aide humanitaire que par le biais de mesures politiques (cessez-le-feu et reprise du processus de paix politique).

La politique étrangère de la Turquie ainsi que ses relations avec l’Allemagne et l’UE jouent également un rôle important dans la plupart des conflits dans la région. En Méditerranée orientale, la situation semble légèrement s’améliorer – notamment au vu de l’annonce de la reprise de discussions directes entre la Grèce et la Turquie –, ce qui laisse espérer que la Turquie adoptera une approche plus constructive.

L’établissement de relations diplomatiques entre Israël d’une part et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc d’autre part ouvre de nouvelles opportunités pour la diplomatie, y compris pour le processus de paix au Proche-Orient. L’Allemagne continue de s’engager bilatéralement, ainsi qu’aux côtés de la France, de l’Égypte et de la Jordanie, pour maintenir la possibilité d’une solution à deux États et, si tel est le souhait, contribuer à un retour à des discussions directes entre Israël et les Palestiniens.

Partenaires et intérêts en Asie

En Asie également, la politique de sécurité et la politique commerciale ainsi que l’engagement en faveur des droits de l’homme et d’un ordre fondé sur des règles joueront un rôle central pour le gouvernement fédéral en 2021. Les pourparlers de paix interafghans ont repris le 5 janvier. Dans ce contexte, l’Allemagne soutient les efforts déployés en vue de la conclusion rapide d’un accord de cessez-le-feu. Au mois de mars, en fonction de l’évolution de la situation, l’Allemagne décidera avec ses partenaires de l’OTAN de la poursuite de l’engagement de son armée en Afghanistan. Le mandat du Bundestag à cet égard se termine le 31 mars.

Le rôle régional et mondial de la Chine ainsi que la tension entre partenariat et rivalité stratégique constitueront aussi des thèmes centraux de la politique étrangère allemande en 2021. Fin décembre 2020, sous la présidence allemande du Conseil de l’UE, les négociations autour d’un accord global de principe sur les investissements entre l’UE et la Chine se sont achevées ; des consultations intergouvernementales entre l’Allemagne et la Chine doivent maintenant avoir lieu au premier semestre 2021. Il y sera question d’économie, mais aussi des droits de l’homme – par exemple au Xinjiang et à Hong Kong – et du respect des règles internationales. Des consultations intergouvernementales sont également prévues avec l’Inde au premier semestre 2021.

Cette année, l’Allemagne continuera de renforcer ses activités dans la région indopacifique. Elle prévoit entre autres d’augmenter considérablement son engagement en matière de politique de sécurité dans la région. À cet effet, elle prévoit par exemple d’adhérer à l’Accord de coopération régionale contre la piraterie et les vols à main armée à l’encontre des navires en Asie (ReCAAP).

Protection du climat

L’Allemagne et l’UE restent des pionniers en matière de protection du climat. Avec l’objectif de 55 % de réduction de CO2 d’ici 2030, qui a été décidé sous la présidence allemande du Conseil de l’UE, et en mettant l’accent sur une « relance verte », l’Allemagne souscrit clairement au développement durable. L’année 2021 sera surtout placée sous le signe de la COP26, la conférence de l’ONU sur le climat, qui se tiendra au mois de novembre à Glasgow. Ce faisant, l’Allemagne et l’UE s’appuieront sur le pacte vert pour l’Europe.

Renforcement du multilatéralisme et engagement en Afrique

L’annonce de Joe Biden d’un « sommet mondial pour la démocratie » donne à l’Allemagne la possibilité de mettre à profit les expériences qu’elle a acquises dans le cadre de l’« Alliance pour le multilatéralisme ». Il existe de nombreux thèmes pour lesquels une coopération accrue s’impose : la santé mondiale, la réglementation de l’économie mondiale des données, la maîtrise des armements, la réglementation du cyberespace et les questions commerciales. La politique étrangère allemande traitera également ces thèmes en priorité. En outre, l’Allemagne poursuit son engagement en faveur du thème « Les femmes, la paix et la sécurité » dans le cadre des Nations Unies. La République fédérale d’Allemagne vient tout juste d’assumer à New York la vice-présidence de la direction exécutive d’ONU-Femmes. Au mois de février, sous l’égide du ministère fédéral des Affaires étrangères, elle présentera un plan d’action national afin de renforcer davantage le thème « Les femmes, la paix et la sécurité » en termes de politique intérieure et extérieure.

Cette année, d’un point de vue régional, l’accent sera davantage mis sur la coopération avec l’Afrique. Des rencontres au niveau des ministres des Affaires étrangères et au niveau des chefs et cheffes d’État et de gouvernement sont également prévues en 2021 entre l’Union européenne et l’Union africaine. Par ailleurs, l’Allemagne continue de s’engager particulièrement dans le cadre d’opérations de la paix de l’ONU : le 1er janvier 2021, la mission onusienne visant à soutenir la transition démocratique au Soudan (MINUATS) a débuté son travail ; elle est dirigée par l’Allemand Volker Perthes. Dix agents de police allemands y participeront. En outre, la prorogation de plusieurs mandats d’opérations de paix internationales et de missions européennes au Sahel, auxquelles des militaires allemands participent, doit être décidée au Bundestag au début de l’été. L’Allemagne continuera également de s’engager activement dans cette région essentielle pour la paix régionale et la sécurité.

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