Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Empêcher ensemble la famine

Si des fonds suffisants ne sont pas récoltés rapidement, le Yémen risque d’être frappé par une famine généralisée

Si des fonds suffisants ne sont pas récoltés rapidement, le Yémen risque d’être frappé par une famine généralisée, © Picture alliance/Photoshot

02.03.2021 - Article

Selon l’ONU, la situation au Yémen est la plus grave crise humanitaire au monde. Le conflit a conduit le pays au bord de l’effondrement. Lors d’une conférence qui se tient aujourd’hui, la communauté internationale discute de la situation d’urgence humanitaire.

La situation humanitaire catastrophique au Yémen continue d’empirer : après plus de six ans de conflit armé, quasi les deux tiers de la population, soit 21 millions de personnes, sont tributaires de l’aide humanitaire et ont besoin d’être protégés. La pandémie de coronavirus, les épidémies de choléra et de polio, les invasions de criquets pèlerins ainsi qu’une crise économique et monétaire persistante aggravent la situation. L’aide internationale suffit à peine pour fournir des mesures d’aide humanitaire vitales aux personnes, en particulier parce que les moyens financiers disponibles sont insuffisants, malgré l’engagement fort de certains donateurs. Ainsi, l’ONU disposait l’année dernière de seulement la moitié des fonds qu’elle estime nécessaires pour venir en aide des personnes frappées par cette crise. Si des fonds suffisants ne sont pas récoltés rapidement, le Yémen risque d’être frappé par une famine généralisée.

Une conférence des donateurs pour des mesures d’aide urgentes

Au vu de la situation dramatique, une conférence des donateurs sur le Yémen, co‑organisée par les Nations Unies, la Suède et la Suisse, a lieu aujourd’hui. L’objectif : récolter des fonds pour le plan d’aide onusien de cette année, qui permet à différentes organisations de l’ONU, au mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et à des ONG de mettre en œuvre des mesures d’aide humanitaire. L’ONU évalue les besoins à 3,85 milliards de dollars US en 2021.

L’Allemagne est l’un des principaux donateurs pour le Yémen. Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, s’est engagé aujourd’hui à verser un total de 200 millions d’euros pour l’année 2021, dont 127 millions d’euros d’aide humanitaire provenant de son ministère et 73 millions d’euros issus du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement et consacrés à de l’aide de transition pour la mise en place de structures.

Des obstacles de taille pour les travailleurs humanitaires

Un gros problème auquel fait face le Yémen est que les travailleurs humanitaires sur place sont régulièrement empêchés, de manière concrète, de mettre en œuvre les mesures d’aide humanitaire planifiées ou de distribuer de l’aide humanitaire directement à la population concernée, aide dont elle a urgemment besoin. Ainsi, les autorités locales refusent par exemple d’octroyer les autorisations nécessaires à la réalisation de projets, ou bien les retardent, ou alors les travailleurs humanitaires se voient refuser leur accès aux zones concernées. Outre son vaste engagement humanitaire, l’Allemagne s’engage donc aux côtés de ses partenaires internationaux, en dialoguant avec les responsables sur place, pour que l’aide humanitaire atteigne effectivement les habitants du Yémen.

L’Allemagne s’emploie par ailleurs à remédier au sous-financement des travailleurs humanitaires. Car pour aider les habitants du Yémen, l’ensemble de la communauté internationale doit contribuer. Les fonds promis doivent également être versés rapidement. À cet effet, le gouvernement fédéral s’engage de manière intense sur le plan diplomatique afin de convaincre d’importants donateurs, y compris dans la région.

La crise humanitaire ne cessera pas tant que le conflit durera

La crise humanitaire est due au conflit persistant. D’après l’ONU, il existe un lien direct entre la faim et les conflits. En effet, les habitants des régions les plus touchées par des combats souffrent particulièrement de la faim et d’un accès insuffisant aux soins de santé, et ont plus de risques d’être déplacés.

Aussi, le but principal de la politique étrangère allemande vis-à-vis du Yémen reste de parvenir à un cessez-le-feu durable et de retourner à un processus politique grâce aux efforts de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, Martin Griffiths. Le gouvernement fédéral promeut des projets de médiation afin d’appuyer le processus mené par l’ONU.

D’autres mesures de stabilisation sont effectuées au niveau local : des projets réalisés en coopération avec les principaux acteurs politiques sur place soutiennent la création de mécanismes de résolution pacifique de conflits ainsi que la fourniture de services publics de base. En tant que premier contributeur et co‑initiateur de la Facilité de soutien à la paix mise en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et consacrée au Yémen, le gouvernement fédéral promeut des mesures de confiance entre les parties en conflit. Parmi ces mesures, on compte par exemple l’opération de maintenance prévue du pétrolier « Safer » menacé de naufrage au large de la côte ouest du Yémen.

 

Retour en haut de page