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Elections régionales : le choix de la continuité

Malu Dreyer (SPD), ministre-présidente de Rhénanie-Palatinat

Malu Dreyer (SPD), ministre-présidente de Rhénanie-Palatinat, © picture alliance/dpa | Bernd von Jutrczenka

16.03.2021 - Article

Les ministres-présidents sortants de Rhénanie-Palatinat et du Bade-Wurtemberg, Malu Dreyer (SPD) et Winfried Kretschmann (Verts), ont été reconduits dans leurs fonctions par les électeurs. Faut-il en tirer des enseignements, à six mois des élections fédérales ?

C’est la « prime aux sortants ». Appelés aux urnes dimanche pour élire leurs parlements régionaux, les électeurs du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat ont plébiscité leurs gouvernants : le Vert Winfried Kretschmann et la sociale-démocrate Malu Dreyer. L’Union chrétienne-démocrate (CDU), en revanche, a enregistré une sévère défaite dans les deux länder.

Winfried Kretschmann, le Vert gagnant

Winfried Kretchmann, ministre-président du Bade-Wurtemberg
Winfried Kretchmann, ministre-président du Bade-Wurtemberg© picture alliance/dpa | Felix Kästle

Dans le Bade-Wurtemberg, le Vert Winfried Kretschmann a pu le vérifier : il jouit d’une popularité au beau fixe. Cet ancien professeur de chimie avait été en 2011 le premier écologiste à s’asseoir dans un fauteuil de chef de gouvernement régional en ravissant à la CDU l’un de ses bastions. Dix ans plus tard, il a empoché la victoire sans rival avec 32,6 % des voix. Son score est en progression de 2,3 points par rapport à 2016. A l’inverse, la CDU, son partenaire de coalition, a subi une lourde défaite. Le parti conservateur a perdu 2,9 points, et convaincu moins d’un électeur sur cinq (24,1 %).

Dans l’opposition, le Parti social-démocrate (SPD) s’est maintenu à 11 % malgré un léger repli (-1,7 %). Les libéraux du FDP ont progressé de 2,2 points et atteint 10,5 % des suffrages. Le parti d’extrême droite AfDa nettement régressé (-5,4 %), en obtenant moins de 10 % des voix. L’extrême gauche (3,6 %) n’a pas passé pas la barre des 5 % permettant d’obtenir des élus.

Selon les études de l’institut Infratest dimap, les Verts sont arrivés en tête dans toutes les catégories de la population. Ils ont dépassé les 30 % des suffrages chez les jeunes adultes (18-24 ans, 25-34 ans et 35-44 ans). Une partie de leur succès s’explique par des transferts de voix favorables venant principalement d’électeurs de la CDU.

Parfois surnommé le « Vert le plus conservateur d’Allemagne », Winfried Kretschmann a maintenant le choix : il peut reconduire sa coalition avec la CDU, ou bien s’engager dans une coalition à trois partis avec le SPD et les libéraux. Pour l’heure, il laisse les différents scénarios ouverts.

Malu Dreyer conforte sa majorité

En Rhénanie-Palatinat, le verdict des urnes a révélé une dynamique similaire, mais avec d’autres figures de proue. C’est le Parti social-démocrate (SPD), au pouvoir depuis 1991, qui a affermi ses positions. Sa tête de liste était la ministre-présidente Malu Dreyer, en fonction depuis 2013. Une personnalité active et sympathique, très appréciée de ses administrés, qui va pouvoir reconduire sa coalition « feu tricolore » (SPD-Verts-FDP). Elle disposera même d’une majorité plus confortable qu’en 2016. Son parti, le SPD, est arrivé très largement en tête avec un score stable de 35,7 % des voix (-0,5 point). Et les Verts, l’un de ses partenaires, ont gagné 4 points. Ils ont convaincu 9,3 % des électeurs, tandis que le FDP, en baisse de 0,7 point, a séduit 5,5 % des votants.

Dans l’opposition, la CDU a enregistré une sévère défaite (27,7 %). Elle a perdu 4,1 Points par rapport à 2016. L’AfD (8,3 %) a également dévissé, en perdant de 4,3 points. Die Linke (2,5 %) n’ pas passé la barre des 5 %. Par contre, les Electeurs indépendants (Freie Wähler) font une percée dans l’hémicycle après avoir plus que doublé leur score et recueilli 5,4 % des voix (+3,2 points).

Selon l’institut Infratest dimap, le SPD arrive en tête dans toutes les classes d’âge. Il est suivi des Verts chez les plus jeunes, et de la CDU chez les plus âgés. Les Verts ont progressé grâce à des transferts de voix venant de la CDU et du SPD. Mais le Parti social-démocrate a pu compenser cette perte en mordant à son tour sur l’électorat conservateur. Comme dans le Bade-Wurtemberg, les écologistes réalisent, par ailleurs, de meilleurs scores dans l’électorat féminin.

Le coup d’envoi d’une année politique intense

Les résultats de cette double élection ont été scrutés avec soin à Berlin, dans les états-majors politiques et les rédactions. Ils représentent le coup d’envoi d’une année intense sur le plan politique : d’ici à la fin septembre, l’Allemagne aura connu six élections régionales et une élection fédérale qui aboutira à la désignation d’un successeur à la chancelière Angela Merkel.

Dès lors, faut-il voir dans ce double scrutin une préfiguration des échéances à venir ? La plupart des commentateurs s’accordent pour dire que les deux élections étaient trop colorées par les enjeux régionaux pour avoir une valeur prédictive.

Mais cela n’empêche pas les responsables des partis d’entirer des enseignements. Les Verts ont évoqué « un superbe démarrage » en 2021. Mais ils ne veulent pas préjuger de´l’avenir et soulignent que le profil de Winfried Kretschmann est très ancré régionalement. Ils sont soucieux de rassembler le plus largement possible demain, et de laisser la porte ouverte à différentes alliances.

De son côté, le SPD se félicite du score de Malu Dreyer. Ses dirigeants voient en elle une illustration de la recette du succès. De plus, soulignent-ils, ces scrutins montrent qu’il est possible de réunir des majorités sous une autre bannière que celle de la CDU.

Quant au parti conservateur, il s’interroge sur les raisons de ces échecs. Certains avancent l’argument du mécontentement vis-à-vis de la gestion de la crise sanitaire, en particulier concernant les vaccins et les tests. Nombre de commentateurs notent, par ailleurs, que les Unions chrétiennes doivent encore régler une question importante en vue des élections législatives : désigner leur tête de liste.

A.L.

 

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