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La mission « IRINI » de l’UE : pour une mise en œuvre de l’embargo de l’ONU sur les armes en Libye

La frégate « Hamburg » quitte le port. Elle a pris la mer pour entamer une mission de cinq mois en Méditerranée et pour rejoindre la mission Irini de l’Union européenne devant les côtes d’une Libye en proie à la guerre civile

La frégate « Hamburg » quitte le port. Elle a pris la mer pour entamer une mission de cinq mois en Méditerranée et pour rejoindre la mission Irini de l’Union européenne devant les côtes d’une Libye en proie à la guerre civile, © picture alliance/dpa

18.03.2021 - Article

Depuis 2020, l’opération EUNAVFOR MED IRINI de l’UE contribue à faire respecter l’embargo sur les armes imposé par les Nations Unies à la Libye. Elle vise également à recueillir des informations sur les exportations illicites de pétrole et à agir contre la traite des êtres humains.

Le 17 mars 2021, le gouvernement fédéral a décidé de prolonger le mandat de la Bundeswehr au sein de l’opération IRINI – le Bundestag doit encore approuver cette décision.

L’opération EUNAVFOR MED IRINI de l’UE a été créée il y a un an à la suite de la conférence de Berlin sur la Libye. S’articulant autour de différentes missions, elle a pour tâche centrale de mettre en œuvre et faire respecter l’embargo sur les armes imposé par les Nations Unies à la Libye. En janvier 2020, les chefs d’État et de gouvernement ainsi que des représentants d’organisations internationales avaient confirmé, à Berlin, que cet embargo doit être strictement respecté. À côté de cela, l’opération IRINI est également chargée de recueillir des informations sur les exportations illicites de pétrole depuis la Libye, d’agir contre la traite des êtres humains et de former les forces navales libyennes, à commencer par les garde-côtes.

Les douze membres de l’équipage de l’avion P-3C Orion se préparent à leur mission de surveillance en Méditerranée
Les douze membres de l’équipage de l’avion P-3C Orion se préparent à leur mission de surveillance en Méditerranée© Christian Buck / AA

L’Allemagne a participé à l’opération IRINI dès le début. Le nombre de soldats pouvant être mandatés a été limité à 300 par le Bundestag allemand. La Bundeswehr apporte son assistance de diverses manières, par exemple avec l’avion de patrouille maritime P-3C Orion et avec la présence régulière d’un navire dans la zone d’intervention : la frégate « Hamburg  » de la marine allemande a sillonné la Méditerranée centrale de septembre à décembre 2020, et depuis la mi-mars 2021, le navire ravitailleur « Berlin » fait partie intégrante de l’opération. Le site Internet de la Bundeswehr, www.bundeswehr.de, fournit de plus amples informations à ce sujet.

Aujourd’hui, le gouvernement fédéral a décidé de prolonger d’une année, jusqu’au 30 avril 2022, la participation allemande à la mission IRINI. Le Bundestag va désormais en débattre avant de statuer. En mars 2021, le mandat de la mission IRINI au niveau de l’UE devrait être prolongé d’encore deux années jusqu’au 31 mars 2023.

Quel est le rôle exact d’IRINI ?

IRINI dispose de diverses unités aériennes et maritimes et effectue des missions de reconnaissance par satellite. Cela lui permet de repérer des navires soupçonnés de violer l’embargo sur les armes et de les contrôler en haute mer le cas échéant. 

Dotée de nombreux moyens d’exploration, IRINI peut également recueillir par voie aérienne ou terrestre des indices de non-respect de l’embargo sur les armes. Ensuite, les informations obtenues sont par exemple transmises au groupe d’experts du comité des sanctions sur la Libye du Conseil de sécurité de l’ONU. Ainsi, l’opération IRINI renforce la transparence, la visibilité politique et la pression exercée sur les personnes, les entreprises et les États contrevenant à l’embargo sur les armes.

Quels sont les résultats d’IRINI au terme d’une année ?

En septembre 2020, IRINI a déjoué une atteinte à l’embargo sur les armes en interceptant un navire-citerne qui se dirigeait vers la Libye avec du kérosène pouvant être destiné à des utilisations militaires, et en confisquant sa cargaison. Dans le même temps, la présence active d’IRINI a dissuadé les passeurs de s’adonner à leurs activités dans la zone d’intervention de la mission.

EUNAVFOR MED IRINI a également réussi, au cours de la première année, à établir d’étroites relations de travail avec le groupe d’experts du comité des sanctions sur la Libye du Conseil de sécurité de l’ONU. Les experts en question tout comme l’ancienne représentante spéciale par intérim de l’ONU pour la Libye Stephanie Williams ont souligné à plusieurs reprises l’importance particulière de l’opération pour la mise en œuvre de l’embargo sur les armes.

Quelles sont les avancées actuelles dans le processus politique pour la paix en Libye ?

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas avec des soldats allemands au siège de l’opération EUNAVFOR Irini
Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas avec des soldats allemands au siège de l’opération EUNAVFOR Irini© picture alliance/dpa

Depuis la conférence de Berlin sur la Libye en janvier 2020, le processus politique intralibyen a considérablement progressé : le cessez-le-feu est appliqué depuis octobre 2020 et la Chambre des représentants libyenne a approuvé le 10 mars dernier un nouveau gouvernement de transition qui représente toutes les régions du pays et qui devrait déboucher sur des élections nationales le 24 décembre 2021. La présence persistante de forces étrangères et de mercenaires reste cependant problématique.

Mesures relatives aux réfugiés en détresse en mer

Conformément au droit international public, tous les navires opérant dans le cadre de l’opération EUNAVFOR MED IRINI sont tenus de porter secours aux personnes en détresse en mer. Le cas échéant, une « disposition relative au débarquement » prévoit que les personnes secourues puissent mettre pied à terre en Grèce. Ces personnes sont ensuite réparties entre les différents États membres de l’UE qui se sont déclarés prêts à les accueillir. À ce jour, les unités de l’opération n’ont jamais effectué elles-mêmes d’opération de sauvetage ; les avions impliqués dans l’opération repèrent néanmoins régulièrement des cas de secours en mer et les signalent aux autorités compétentes. Ils contribuent ainsi à prévenir des tragédies supplémentaires en Méditerranée.

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