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Ensemble contre l’organisation terroriste « EI »

Membre d’une équipe de reconnaissance du PNUD pour la restauration de logements détruits à Mossoul

Membre d’une équipe de reconnaissance du PNUD pour la restauration de logements détruits à Mossoul, © PNUD Iraq

25.03.2021 - Article

C’est aujourd’hui (23 mars) le deuxième anniversaire de la libération de Baghouz, le dernier bastion de l’organisation terroriste « État islamique » (EI) à la frontière entre la Syrie et l’Iraq.

Cette date ne marque toutefois pas la fin de la lutte contre l’EI. L’Allemagne soutient la stabilisation des territoires libérés en Iraq et en Syrie.

Cela fait deux ans que l’organisation terroriste « État islamique » ne contrôle plus aucun territoire, ni en Syrie, ni en Iraq. Les défis que doivent relever les anciennes régions clés de l’EI en Iraq et en Syrie restent néanmoins immenses. Seule une action commune de la coalition internationale anti-EI, des partenaires locaux et internationaux et du gouvernement iraquien peut, avec le soutien des populations locales, en venir à bout.

Syrie : un engagement post-EI toujours aussi indispensable

Même si l’organisation terroriste ne détient plus aucun territoire, elle reste active en Syrie. Elle a même étendu ses activités au cours des derniers mois, continue à commettre des attaques et a su consolider ses structures dans la clandestinité : des combattants fortement radicalisés adhèrent toujours à son idéologie cruelle et tentent encore de diffuser celle-ci par la propagande. La coalition internationale anti-EI, une alliance large qui regroupe désormais 83 États et organisations, continue donc d’intervenir de manière ciblée contre ces structures par des moyens civils mais aussi militaires.

Le gouvernement fédéral allemand se mobilise dans le cadre de la coalition anti-EI pour offrir des perspectives d’avenir aux populations locales et prévenir ainsi une nouvelle radicalisation. Depuis la libération des territoires contrôlés par l’EI dans le nord-est de la Syrie, l’Allemagne soutient ainsi le déminage (engins explosifs et autres munitions) ainsi que le rétablissement des infrastructures critiques et de l’approvisionnement de base. S’y ajoutent des mesures qui améliorent les conditions de vie des personnes afin qu’elles puissent subvenir elles-mêmes à leurs besoins.

Déradicalisation et perspectives

Depuis la mi-2020, un accent est mis sur les projets qui contribuent à réintégrer des familles syriennes, y compris celles qui étaient sous l’influence de l’EI, dans leurs communautés d’origine. Il existe par exemple des dispositifs de déradicalisation, de traitement des traumatismes ou encore de formation (professionnelle ou autre) notamment pour les femmes et les enfants particulièrement touchés. L’idée est d’offrir de nouvelles perspectives, pacifiques, aux familles qui ont pu passer plusieurs années dans des camps de réfugiés. Pour forger la confiance et rétablir une cohésion sociale, le gouvernement fédéral promeut en outre la société civile et la participation, une sécurité proche des citoyens et un travail collectif de la société sur les crimes de l’EI. À côté de son engagement au sein de la coalition contre l’EI, l’Allemagne est aussi le plus important contributeur du fonds pour le redressement de la Syrie (« Syria Recovery Trust Fund  »), qui soutient entre autres des projets de réhabilitation des services de base primordiaux comme l’approvisionnement en électricité et en eau.

En versant plus de 10 milliards d’euros dans le domaine de l’aide humanitaire, de la stabilisation et de l’aide au développement en Syrie et dans les pays voisins depuis le début du conflit syrien en 2012, l’Allemagne est devenue le deuxième pays donateur dans la région à l’échelle internationale. L’Allemagne est également au deuxième rang des donateurs en matière de stabilisation des territoires anciennement contrôlés par l’EI en y consacrant 140 millions d’euros depuis 2017.

Iraq : empêcher une résurgence de l’EI

Le double attentat perpétré le 21 janvier 2021 dans le centre de Bagdad, qui a fait plus de 30 victimes civiles et de 100 blessés, a montré que l’EI était toujours actif en Iraq et savait mobiliser ses structures clandestines pour des attaques atroces contre des civils. En 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, une pression moindre a été exercée sur l’organisation terroriste en Iraq. Les choses ont changé : depuis l’été dernier, le gouvernement iraquien du Premier ministre M. al-Kazimi engage avec succès de plus en plus d’opérations antiterroristes autonomes contre les cellules de l’EI ainsi que contre des figures de l’organisation.

Le gouvernement fédéral coopère étroitement avec le gouvernement iraquien au plan bilatéral et dans le cadre de la coalition internationale anti-EI. L’Allemagne emploie des moyens civils et militaires pour contribuer à une stabilisation durable du pays.

Permettre le retour des personnes déplacées

L’engagement civil insiste particulièrement sur le soutien au retour des plus de six millions de personnes qui ont été déplacées dans leur propre pays à cause du régime de terreur de l’EI. Cet aspect repose entre autres sur le déminage et le rétablissement des infrastructures et des services de base. 4,8 millions de personnes ont ainsi déjà pu retourner dans leur région d’origine, notamment grâce au large soutien du gouvernement allemand et de ses partenaires. Il s’agit désormais de porter assistance au retour et à la réintégration des personnes déplacées restantes, mais aussi aux communautés d’accueil.

Stabilisation en Iraq : le rôle particulier de l’Allemagne

L’Allemagne assume ici un rôle pionnier, salué sur la scène internationale, et dirige avec le gouvernement iraquien un groupe de travail sur la stabilisation créé aux fins de coordination. Le déploiement de ressources de stabilisation pour soutenir la cohésion sociale doit empêcher une résurgence de l’EI en Iraq.

Depuis le début de la lutte contre l’organisation terroriste en 2014, l’Allemagne a ainsi débloqué environ 2,5 milliards d’euros consacrés à l’aide humanitaire, à la stabilisation et à la coopération au développement pour la population iraquienne. Les mesures de stabilisation, avec le mécanisme de financement pour la stabilisation en Iraq du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ont mobilisé à elles seules plus de 500 millions d’euros depuis cette date.

Soutien aux forces de sécurité iraquiennes

Parallèlement au soutien militaire qu’apporte l’Allemagne à la coalition contre l’EI, elle contribue au développement des capacités des forces militaires et de sécurité iraquiennes dans le cadre de la coalition et de la mission de l’OTAN en Iraq afin de mettre sur pied des structures sécuritaires durables.

La lutte contre l’EI reste prioritaire

Au-delà de l’ancienne zone centrale de l’EI en Iraq et en Syrie, des branches du réseau terroriste se sont formées dans d’autres régions du monde, en particulier en Afrique. L’Allemagne a convié aujourd’hui (23 mars) ses partenaires à une réunion virtuelle du groupe de travail sur la stabilisation de la coalition anti-EI, coprésidé par les États-Unis, les Émirats arabes unis et l’Allemagne. La menace que représente l’EI en Afrique sera aussi au cœur de la discussion. Des solutions seront élaborées en commun pour que la communauté internationale puisse empêcher, grâce à un soutien ciblé, un retour en force de l’organisation terroriste en Iraq et en Syrie et sa consolidation en Afrique et ailleurs.

L’engagement commun en faveur de la stabilisation sera également l’objet principal de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères membres du groupe dit « restreint » de la coalition internationale contre l’EI le 30 mars. Dans le cadre d’une conférence virtuelle, les participants entendent s’engager à poursuivre la lutte contre l’organisation « État islamique » en Iraq et en Syrie et à priver durablement l’EI d’un terreau favorable grâce à un engagement large.

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