Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

MM. Maas, Di Maio et Le Drian en Libye : ensemble pour une paix durable

Heiko Maas en Lybie

Heiko Maas en Lybie, © Felix Zahn/photothek.net

25.03.2021 - Article

Lors de leur visite à Tripoli, les trois ministres des Affaires étrangères allemand, français et italien tâcheront d’apporter un soutien aux Nations Unies et de coopérer avec le gouvernement libyen nouvellement élu afin de faire progresser les efforts en faveur de la paix et de l’unité en Libye. 

L’heure est à l’espoir en Libye, car le pays a réalisé des progrès impressionnants : en octobre dernier, les parties au conflit se sont accordées pour instaurer un cessez-le-feu et des mesures de confiance, le blocage des sites pétroliers a également été levé. Fin 2020, les parties sont convenues d’une feuille de route pour une transition politique avec des élections libres et tout récemment, un nouveau gouvernement de transition et d’unité a pris ses fonctions.

À son atterrissage à Tripoli, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré :

L’évolution en Libye est l’une des rares lueurs d’espoir de l’année dernière en matière de politique étrangère. Alors qu’il y a un an encore, la guerre sévissait, aujourd’hui les armes se taisent. Avec la confirmation par le parlement du gouvernement d’unité du Premier ministre M. Dbeiba et la passation pacifique des affaires gouvernementales, le pays a fait un pas crucial en avant.

 

Pour l’Allemagne et ses partenaires, il reste cependant encore beaucoup à faire pour arriver à une stabilisation durable et à la paix en Libye. « Si je voyage à Tripoli aujourd’hui avec mes homologues français et italien, a expliqué M. Maas, c’est pour faire preuve de notre soutien au nouveau gouvernement d’unité pour les étapes à venir. »

De grandes responsabilités attendent le nouveau gouvernement – l’Europe s’engage

Pour que le cessez-le-feu actuel aboutisse à une paix durable et à la réunification de la Libye, trois étapes sont particulièrement importantes. Premièrement, l’approvisionnement de la population dans toutes les parties du pays, du point de vue médical et humanitaire. Deuxièmement, la préparation d’élections nationales annoncées pour décembre. Troisièmement, la mise en œuvre et le contrôle de l’accord de cessez-le-feu, y compris le retrait total de l’ensemble des troupes et des combattants étrangers. Pour l’Union européenne, la paix et le progrès en Libye sont une question du plus grand intérêt. Aussi, les trois ministres rencontreront aujourd’hui le Premier ministre du gouvernement de transition libyen, Abdelhamid Dbeiba, ainsi que la ministre des Affaires étrangères Najla Mangouch et d’autres membres du gouvernement. L’envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye, Ján Kubiš, participera aussi à cette rencontre. Des entretiens avec des représentants de la société civile sont également prévus.

Processus de Berlin et opération IRINI

Au plus tard depuis la conférence de Berlin sur la Libye, début 2020, l’Allemagne occupe un rôle particulier dans les efforts de paix en Libye. Cette conférence reste le point de départ et de référence pour tout progrès diplomatique, car c’est à Berlin que tous les pays exerçant une influence en Libye se sont engagés pour la première fois à soutenir la réconciliation interlibyenne et à respecter l’embargo sur les armes des Nations Unies. Les progrès récents ont été réalisés sur cette base, a souligné M. Maas dans son discours prononcé hier devant le Bundestag allemand.

Le respect de l’embargo sur les armes adopté par le Conseil de sécurité des Nations Unies constitue un pilier important des efforts de paix. Pour l’Allemagne et ses partenaires, il est clair que les violations de cet embargo doivent cesser. En effet, malgré les progrès réalisés récemment, des armes, du matériel de guerre et des combattants continuent d’arriver en Libye. Il est donc nécessaire, de la part de la communauté internationale, de continuer d’exercer de la pression et d’effectuer des contrôles. C’est l’opération européenne IRINI, dont M. Maas a présenté la demande de renouvellement hier au Bundestag, qui est chargée de contrôler l’embargo. Au cours de l’année 2020, les navires et les avions de cette opération ont effectué des requêtes d’informations au sujet de plus de 2 300 embarcations et procédé à près d’une centaine de contrôles à bord. Sur terre, l’opération a observé 25 aéroports et leurs mouvements aériens. Ces activités ont pour objectif de déconcerter les trafiquants d’armes et de révéler au grand jour leurs commanditaires étatiques. Car pour ceux qui doivent craindre d’être découverts dans des activités illégales, les incitations sont moins nombreuses.

Soutien pour la Libye

L’Allemagne aide les personnes en détresse en Libye, les réfugiés, les migrants ainsi que la population civile. Avec l’aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), elle a fourni plus de 45 millions d’euros pour la protection des réfugiés, et depuis fin 2017 plus de 5 500 personnes nécessitant une protection particulière ont été évacuées du pays. À travers le fonds d’aide humanitaire pour l’Afrique de l’Union européenne, l’Allemagne soutient l’Organisation internationale pour les migrations à hauteur de 121 millions d’euros, ces aides étant dédiées à des mesures de retour et de protection. Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, le gouvernement fédéral a apporté un soutien supplémentaire de 9,5 millions d’euros au système de santé libyen en 2020. D’ici la fin du mois de mai, le pays obtiendra en outre 300 000 doses de vaccin à travers le mécanisme COVAX.

Retour en haut de page