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Annalena Baerbock et Armin Laschet, candidats à la succession d’Angela Merkel

Annalena Baerbock, co-présidente des Verts, a été désignée candidate de son parti à la chancellerie en vue des élections du 26 septembre prochain. C'est la première fois que les Verts désignent un candidat à la chancellerie et non un duo

Annalena Baerbock, co-présidente des Verts, a été désignée candidate de son parti à la chancellerie en vue des élections du 26 septembre prochain. C'est la première fois que les Verts désignent un candidat à la chancellerie et non un duo, © picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

20.04.2021 - Article

Ils ont été désignés par leurs partis respectifs à 24 heures d’intervalle. Annalena Baerbock (Verts) et Armin Laschet (CDU/CSU) seront deux sérieux prétendants à la succession d’Angela Merkel lors des élections du 26 septembre. Portraits.

Les élections législatives allemandes approchent, avec une certitude : après 16 ans passés à la tête du gouvernement, Angela Merkel tirera sa révérence. A bientôt 67 ans, la chancelière n’est pas candidate à sa succession. Mais qui est susceptible de la remplacer ? Un profil rassurant et expérimenté ? Une personnalité nouvelle ? Très ouverte jusqu’à présent, la course à la chancellerie vient d’adopter des contours plus précis. Ces deux derniers jours, les Verts et les Unions chrétiennes (CDU/CSU), formations en tête des sondages, ont désigné leurs candidats respectifs, Annalena Baerbock et Armin Laschet.

A 40 ans, AnnalenaBaerbock inaugure un nouveau chapitre dans l’histoire de son parti. En 40 ans d’existence, les Verts n’avaient jamais désigné de candidat à la chancellerie. Ils présentaient jusqu’à présent un duo paritaire en tête de liste. Mais les auspices favorables sous lesquels ils abordent ce scrutin ont changé la donne. Deux prétendants semblaient s’imposer : Robert Habeck et Annalena Baerbock. Co-présidents du parti depuis 2018, très populaires l’un comme l’autre, très complices aussi, ils ne laissaient rien filtrer de leurs intentions. La décision est finalement tombée hier (sous réserve de l’approbation du congrès, présentée comme certaine). Ce sera Annalena Baerbock.

Annalena Baerbock : authenticité, dynamisme, réalisme

Contrairement à Robert Habeck, la jeune femme n’a pas d’expérience directe au gouvernement (régional ou fédéral). Mais aucun chancelier n’est tombé du ciel et tous ont d’abord dû apprendre le métier, rétorque-t-elle à ceux qui le relèvent. Car cette travailleuse acharnée, députée au Bundestag depuis huit ans et mère de deux jeunes enfants, n’a pas pour elle que sa fraicheur, son dynamisme et son authenticité. Elle a d’autres atouts reconnus : une maîtrise précise et approfondie des dossiers, notamment environnementaux, une expérience internationale et un fort ancrage européen.

Elevée dans une ferme près de Hanovre, Annalena Baerbock est tombée très jeune dans la politique. Ses parents l’emmenaient dans les manifestations des militants écologistes et anti-nucléaires. Diplômée en droit et sciences politiques de l’Université de Hambourg et de la London School of Economics, elle a fait des stages au Conseil de l’Europe et au Parlement européen. Puis elle a commencé sa carrière comme chef de bureau de l’eurodéputée allemande Elisabeth Schroeter.

En 2005, elle a 25 ans quand elle prend sa carte des Verts. C’est le début d’une ascension rapide. En 2009, Annalena Baerbock devient co-présidente de la Fédération des Verts du Brandebourg, puis députée au Bundestag en 2013. En 2018, elle accède à la co-présidence des Verts. D’abord considérée comme « la jeune femme au côté de Robert Habeck », elle s’émancipe rapidement de ce statut pour acquérir sa propre stature. En 2019, elle est réélue à un score record de 97 %, meilleur que celui de son binôme (90 %).

Selon les médias, c’est à elle qu’on doit d’avoir pacifié les querelles historiques entre l’aile « realo » (« réaliste) et l’aile  »fundi«  ( »fondamentaliste« ) des Verts allemands. Se classant résolument dans la première catégorie, elle appelle de ses vœux une transition plus rapide et plus ambitieuse de l’économie allemande vers un monde durable, mais en tenant compte des réalités économiques et sociales. Ce réalisme se mariera-t-il demain avec la vision des conservateurs de la CDU/CSU ? Une coalition entre les Unions chrétiennes et les Verts est une option possible pour l’après-26-septembre. Même si ce n’est pas la seule.

Armin Laschet : Europe et conciliation

Le président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Armin Laschet (dr.), sera le candidat à la chancellerie des Unions chrétiennes (CDU/CSU) en septembre prochain
Le président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Armin Laschet (dr.), sera le candidat à la chancellerie des Unions chrétiennes (CDU/CSU) en septembre prochain. Après plusieurs jours d'incertitude, le président de l'Union chrétienne sociale (CSU), Markus Söder (g.), a affirmé aujourd'hui qu'il le soutiendrait© picture alliance / SvenSimon | Frank Hoermann/SVEN SIMON

Les chrétiens-démocrates ont, en tout cas, aussi désigné de leur côté un profil centriste réaliste et très européen pour les représenter. C’est celui d’Armin Laschet, président de la CDU depuis janvier dernier, et ministre-président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, land le plus peuplé d’Allemagne, depuis 2017. Il a remporté son duel avec son homologue bavarois, Markus Söder (CSU), et décroché, ce mardi, la candidature commune des Unions chrétiennes, avec le soutien de son concurrent.

Âgé de 60 ans et père de trois enfants adultes, Armin Laschet est entré en politique comme conseiller municipal à Aix-la-Chapelle dans les années 1980. De cet enracinement géographique au cœur de l’Europe, aux confins de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas, il a conservé une fibre européenne (et francophile) sans faille. L’ancien chancelier Helmut Kohl est d’ailleurs l’un de ses modèles. En 2017, Armin Laschet a aussi été l’un des premiers à applaudir le discours sur l’Europe du président Emmanuel Macron à la Sorbonne.

Armin Laschet a ensuite été député au Bundestag (1994-1998) et député européen (1999-2005). En 2005, il a quitté la politique nationale pour entrer au gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il a été le premier ministre de l’Intégration d’Allemagne, et a imprimé sa marque par son souci de conciliation et d’équilibre, portant l’idée de mesurer les résultats de la politique d’intégration. Elu chef du gouvernement régional en mai 2017, il a ravi la région au Parti social-démocrate (SPD). Sa méthode de gouvernement est à l’image de sa personnalité discrète, rieuse, joviale et conciliante : tout en recherche de compromis et d’équilibre.

Avec la désignation d’Annalena Baerbock et d’Armin Laschet, les trois principaux partis d’Allemagne ont désormais désigné leurs candidats à la chancellerie pour les élections du 26 septembre. L’actuel ministre fédéral des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz a, en effet, été désigné comme candidat du SPD dès l’été dernier.

A.L.

Plus d’informations :

 »Qui est Armin Laschet, le nouveau président de la CDU ?«  - Notre article dans les Nouvelles d'Allemagne du 19 janvier 2021 (en français)

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