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Cinq exemples d’amélioration de l’aide humanitaire permise par le Grand Bargain

Distribution d’aide alimentaire par le PAM au Cambodge

Distribution d’aide alimentaire par le PAM au Cambodge, © picture alliance / Photoshot

16.06.2021 - Article

Les États, organisations internationales et ONG ont commencé à réformer l’aide humanitaire en 2016. Avec le « Grand Bargain 2.0 », le processus de réforme est entré hier dans la prochaine phase lors d’une réunion du groupe.

Comment améliorer l’aide humanitaire et la rendre plus efficace sans augmenter le budget ? C’est à cet effet que le processus de réforme du Grand Bargain a été lancé en 2016 pendant le Sommet mondial sur l’action humanitaire à Istanbul, rassemblant États, organisations internationales et ONG en étroite coopération. Cinq ans plus tard, les signataires dressent le bilan au cours d’une conférence et cherchent à renforcer encore le processus de réforme.

Quels sont les résultats actuels du Grand Bargain ?

1. Flexibilité accrue de l’aide

Les crises peuvent se transformer rapidement : un conflit armé provoque une crise alimentaire, des inondations entraînent des épidémies. Le réseau de l’aide humanitaire avait autrefois souvent du mal à réagir rapidement à de telles évolutions. La réponse du Grand Bargain : des aides flexibles.

Si les organisations humanitaires emploient les fonds dont elles disposent de manière flexible, là où le besoin est le plus accru, elles économisent du temps et des ressources. Ainsi, l’Allemagne a mis 30 millions d’euros à disposition du programme alimentaire mondial destinés à l’aide humanitaire dans l’est de l’Afrique au printemps 2021. Ces fonds sont à présent notamment utilisés en Somalie, où la situation alimentaire s’est grandement détériorée dans le contexte de la pandémie de Covid‑19, de la sécheresse qui sévit ainsi que de l’invasion de criquets pèlerins l’année dernière.

L’Allemagne a augmenté le taux de fonds octroyés pour une utilisation flexible de 11 à 37 % depuis 2016. L’objectif commun des signataires de l’initiative du Grand Bargain est d’atteindre une part de 30 % de fonds flexibles.

2. Renforcement du caractère régional de l’aide

La participation de grandes organisations humanitaires internationales est indispensable au tissu de l’aide humanitaire. Toutefois, les organisations humanitaires implantées dans les zones en crise sont souvent plus proches du problème, elles savent quelle aide est requise sur place et comment la faire parvenir auprès de la population.

L’Allemagne augmente donc constamment la part de l’aide humanitaire destinée à soutenir les organisations locales de manière directe ou indirecte. Un quart des fonds environ est aujourd’hui versé de la manière la plus directe possible aux acteurs locaux.

L’Allemagne a ainsi cofinancé un projet de Malteser International en Syrie dont la mise en œuvre s’effectue uniquement sur place. Des ONG régionales ont été en mesure de construire huit établissements médicaux dans le nord-ouest de la Syrie. Malteser International accompagne la mise en œuvre et apporte le savoir-faire nécessaire.

3. Allègement des formalités associées à l’aide

Les organisations humanitaires doivent souvent rédiger de longs comptes rendus sous différents formats, en fonction des directives des différents bailleurs de fonds. Cela prend du temps et coûte de l’argent, des ressources qui devraient en principe être utilisées pour organiser la distribution de vivres, construire des hébergements ou entretenir les installations sanitaires. Dans le cadre du Grand Bargain, l’Allemagne a donc développé à cet effet un formulaire simplifié et uniforme pour les comptes rendus. L’Allemagne l’utilise à présent avec toutes les ONG partenaires. De nombreux autres pays ainsi que certaines institutions onusiennes, telles que le BCAH et le HCR, l’ont également adopté.

4. Recentrer l’aide sur la dignité humaine

L’aide se révèle être véritablement utile lorsqu’elle soulage la détresse réelle de la population. Il est autrefois arrivé en cas de crise ou de catastrophe que soient livrés des produits destinés à l’aide humanitaire non utilisables sur place ou déjà disponibles dans la région concernée. Grâce au Grand Bargain, les organisations humanitaires fournissent aujourd’hui de plus en plus de prestations en espèces. Cela permet à la population en détresse d’acheter elle-même et en toute dignité ce dont elle a véritablement besoin, dans la mesure où ces produits sont disponibles sur place. Cela profite également à l’économie locale. Environ 20 % de l’aide humanitaire apportée par l’Allemagne à travers le monde est actuellement fournie sous forme de prestations en espèces ou de bons d’achat.

5. Une aide mieux adaptée aux besoins

Avant d’apporter une aide humanitaire, les organisations doivent déterminer le nombre de personnes touchées ainsi que leurs besoins. Plus ce besoin est défini de manière précise, plus l’aide sera efficace. L’Allemagne faisait partie au sein du Grand Bargain du groupe de travail qui a élaboré une méthode d’analyse des besoins, le « Cadre d’Analyse Intersectorielle Conjoint » (JIAF). L’avantage du JIAF est qu’il permet de coordonner dès le départ la collecte des données entre les différents domaines (par exemple l’alimentation, le logement ou la santé). L’année dernière, les travailleurs humanitaires ont élaboré des analyses des besoins humanitaires à l’aide du JIAF dans 27 pays.

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