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Publication des statistiques actuelles du nombre de personnes réfugiées et déplacées par le HCR : un nouveau taux record

Camp de réfugiés de Kutupalong géré par le HCR où vivent des Rohingyas chassés du Myanmar (image d’archives)

Camp de réfugiés de Kutupalong géré par le HCR où vivent des Rohingyas chassés du Myanmar (image d’archives), © Ute Grabowsky / photothek.net

21.06.2021 - Article

Le 18 juin 2021, le Haut‑Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a présenté les chiffres actuels des personnes en exil et victimes d’expulsion. D’après ces statistiques, 82,4 millions de personnes avaient été déplacées par la force fin 2020.

Deux jours avant la Journée mondiale du réfugié le 20 juin, le Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué que 82,4 millions de personnes se trouvaient fin 2020 en fuite ou avaient été déplacées par la force. Pour avoir un ordre d’idée : cela correspond à la population totale de l’Allemagne. Ce nombre augmente depuis des années et a atteint un niveau historique.

La majorité des personnes déplacées par la force (48 millions) restent des déplacés internes, soit des personnes qui sont forcées de prendre la fuite tout en restant dans leur propre pays. Ce groupe reste celui qui a le plus augmenté dans le contexte global des déplacements forcés.

Les 44,4 millions de personnes restantes sont des demandeurs d’asile et des personnes ayant fui dans un autre pays pour échapper à des poursuites, guerres et conflits armés. La plupart d’entre eux vivent dans un pays voisin de leur pays d'origine. Cinq pays seulement, dont l’Allemagne, endossent la plus grande part de responsabilité en accueillant au total près de 40 % des personnes déplacées dans le monde.

Plus de deux tiers des réfugiés sont originaires de cinq pays seulement : la Syrie reste le premier pays d’origine (6,7 millions), suivie par le Venezuela (4 millions), l’Afghanistan (2,6 millions), le Soudan du Sud (2,2 millions) et Myanmar (1,1 million).

Surmonter ensemble la pandémie

Les réfugiés et déplacés internes n’ont souvent pas accès à un médecin ni aux médicaments dont ils ont besoin. Nombreux sont les pays d’accueil qui ne leur accordent qu’un accès restreint au système de santé sur place. Les réfugiés sont particulièrement menacés par la pandémie de Covid‑19. Nombre d’entre eux sont forcés de vivre dans des espaces exigus et ne disposent que d’un accès restreint aux installations sanitaires. Les répercussions indirectes de la pandémie touchent elles aussi particulièrement les réfugiés et les déplacés internes alors que beaucoup d’emplois du secteur informel ont été supprimés en raison des restrictions locales et de la détérioration de la situation économique.

Les communautés de réfugiés ont toutefois également su faire preuve de résilience pendant la pandémie. Les camps de réfugiés ont ainsi été préparés à la pandémie en quelques semaines en y installant des lavabos mobiles, en cousant des masques et en faisant preuve de beaucoup de respect les uns envers les autres. C’est la raison pour laquelle le HCR a notamment décidé de rajouter à la devise « Ensemble, on peut tout réussir ! » de la Journée mondiale du réfugié de cette année le thème « Ensemble, on se soigne ».

Que fait l’Allemagne ?

L’Allemagne est le deuxième donateur bilatéral (environ 447 millions de dollars américains en 2020) du HCR. En tout, le ministère fédéral des Affaires étrangères a mobilisé plus de 900 millions d’euros en 2020 pour l’assistance aux réfugiés dans plus de 30 pays. Grâce à la contribution financière de l’Allemagne, le HCR a par exemple pu réagir rapidement lorsque plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été obligées de fuir au Soudan depuis le Tigré dans le nord de l’Éthiopie en novembre 2020. Le HCR a alors installé des hébergements d’urgence et organisé l’approvisionnement des populations. Dans le même temps, l’Allemagne joue également un rôle important en tant que pays d’accueil.

Dans le cadre de la pandémie de Covid‑19, le gouvernement fédéral s’engage également pour que les pays continuent de garantir la protection des réfugiés et les intègrent dans leurs campagnes de vaccination nationales. Afin de permettre au HCR d’endiguer la propagation de la pandémie de Covid‑19 ainsi que ses répercussions dans le contexte des fuites et des déplacements de la population, le ministère fédéral des Affaires étrangères a mobilisé 70 millions d’euros supplémentaires.

Convention relative au statut des réfugiés : adoptée il y a 70 ans et toujours essentielle

En 1951, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, nombre de pays se sont accordés pour adopter un accord de droit international : la Convention relative au statut des réfugiés. La convention est destinée à réglementer le statut juridique de toute personne forcée de prendre la fuite par crainte justifiée « d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ». Cet accord forme la base du travail du HCR. Il a permis de protéger des millions de réfugiés, en Allemagne comme à travers le monde, au cours des 70 dernières années. L’Allemagne s’engage pour la protection des réfugiés et l’application de la Convention relative au statut des réfugiés, notamment en raison de la responsabilité historique qu’elle porte.

Dans le contexte de la croissance continue du nombre de personnes déplacées ainsi que d’une durée des situations menant aux phénomènes migratoires pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines d’années, le renforcement de la Convention relative au statut des réfugiés ainsi que la mise en œuvre d’autres documents, tels que le Pacte mondial sur les réfugiés, sont essentiels. En tant que coorganisateur du premier Forum mondial sur les réfugiés, l’un des principaux éléments sur la voie de la mise en œuvre du Pacte mondial sur les réfugiés, l’Allemagne continuera de s’engager pour l’amélioration de la situation des millions de réfugiés dans le monde entier.

 

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