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Rendre les vaccinations possibles dans 92 pays

Transport de doses de vaccins dans le district népalais isolé de Jumla

Transport de doses de vaccins dans le district népalais isolé de Jumla, © UNICEF/Laxmi-Prasad-Ngakhusi

12.07.2021 - Article

L’Allemand Benjamin Schreiber coordonne depuis New York la logistique de l’initiative mondiale de vaccination COVAX pour l’UNICEF.

Veiller à une répartition équitable des vaccins contre la Covid-19 est l’une des tâches les plus importantes et difficiles auxquelles est actuellement confrontée la communauté mondiale. Benjamin Schreiber participe à cette planification complexe. L’Allemand est chef adjoint du programme de vaccination mondiale du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Il coordonne actuellement la livraison des vaccins contre la Covid-19 dans le cadre de l’initiative COVAX qui doit veiller à un accès équitable aux vaccins dans le monde entier.

Benjamin Schreiber, coordonnateur de COVAX pour l’UNICEF
Benjamin Schreiber, coordonnateur de COVAX pour l’UNICEF© Privé/d.r.
Monsieur Schreiber, l’UNICEF est chargé de la logistique de COVAX. Quels sont les atouts de l’UNICEF pour cette mission ?

L’UNICEF a une longue histoire dans ce domaine : depuis plus de 70 ans, nous organisons des vaccinations pour les enfants dans le monde entier. Nous avons l’habitude de toucher les enfants même dans des bidonvilles, des zones en conflit et des régions rurales éloignées. En outre, l’UNICEF est le plus grand acquéreur de vaccins ainsi que de fournitures pour la vaccination, telles que des seringues ou des réfrigérateurs spéciaux. Nous investissons pour cela plus d’un milliard de dollars par an. Nous avons également plus de 100 antennes nationales qui ont de solides contacts avec les différents ministères de la santé. Nous apportons donc à COVAX une expertise précieuse.

Pourtant, le groupe cible habituel de l’UNICEF ne sera pas vacciné contre la Covid-19 - du moins dans un premier temps.

C’est vrai, mais la vaccination des adultes aide également les enfants car ils souffrent beaucoup de la pandémie : parce qu’ils ne peuvent pas aller à l’école, parce qu’il y a davantage de violence contre les enfants et parce que les réseaux sociaux ne fonctionnent souvent plus. Pendant la pandémie, de nombreux enfants n’ont pas non plus eu les vaccins de routine du fait de l’effondrement du système de santé de leur pays. Les effets secondaires de la crise de Covid-19 sont donc importants pour la jeune génération et c’est pourquoi nous participons à l’initiative COVAX.

Quel est votre rôle ?

Je dois surtout préparer les pays à recevoir les vaccins, ce qui comprend quatre phases. La première a consisté à rédiger des instructions et à concevoir des formations. Lors de la seconde phase, nous avons, avec les 92 pays recevant des vaccins venant de COVAX, établi des plans nationaux pour chaque campagne de vaccination. Comment les vaccins seront-ils stockés et répartis ? Quelles sont les priorités ? Au cours de la troisième phase, nous avons livré les premiers vaccins et observé comment cela fonctionnait, identifié les éventuels problèmes et évalué quelle aide était nécessaire. Nous entrons donc lentement dans la quatrième phase.  

En quoi consiste-t-elle ?

Nous voulons maintenant changer d’échelle et, en quelque sorte, passer du stade d’une petite entreprise de fabrication à celui d’un grand fournisseur industriel. Les pays doivent y être préparés au mieux. Le nombre de vaccins livrés sera probablement décuplé au cours des prochains mois mais les systèmes vers lesquels cette vague va déferler restent fragiles. 

Arrivée de doses de vaccin au Bangladesh
Arrivée de doses de vaccin au Bangladesh© UNICEF/Bashir Ahmed Sujan
Quelles difficultés pouvez-vous rencontrer ?

Le plus grand problème est l’incertitude qui règne concernant les dates de livraisons à venir. Les pays ne sont pas incités à fournir rapidement l’infrastructure nécessaire. Ensuite, ils manquent de moyens pour des campagnes de vaccination à grande échelle et dépendent des dons de bailleurs de fonds. Or, malgré de nombreuses promesses, les États ont reçu peu d’argent jusqu’à maintenant. Le scepticisme à l’égard du vaccin parmi certains groupes et même parmi les agents de santé dans certains pays est un autre défi.  

Comment pouvez-vous surmonter ces obstacles ?

Nous pouvons traiter les sujets, les comprendre et les regrouper. Nous parlons avec les donateurs et les aidons à clarifier quels sont les goulots d’étranglement, dans quels pays, pour qu’ils puissent apporter leurs fonds de manière ciblée. Puis, en tant qu’UNICEF, nous essayons de collecter nous-mêmes quelque 510 millions de dollars. En outre, les antennes locales – les nôtres ainsi que celles de l’Organisation mondiale de la santé et d’autres partenaires - se concentrent sur les défis qui peuvent être très différents selon les pays.

Comment abordez-vous le scepticisme à l’égard de la vaccination ?

Nous le connaissons depuis longtemps du fait de nos campagnes de vaccination, par exemple contre la polio et la rougeole. Nous avons donc pu, au fil des ans, développer plusieurs approches. Par exemple, nous faisons de l’écoute sociale, c’est-à-dire que nous suivons sur les médias sociaux les discussions selon certains mots-clés afin de comprendre quelles sont les réticences. Nous collaborons également avec des communautés religieuses : les chefs religieux qui soutiennent la vaccination ont pour nous une fonction importante en tant que multiplicateurs.

Quel est le rôle de l’Allemagne dans COVAX ?

L’Allemagne est l’un des plus importants donateurs de COVAX. D’une manière générale, le rôle de l’Allemagne s’est énormément développé au cours des dix dernières années en ce qui concerne la santé mondiale. Et pour l’UNICEF, ce pays est de toutes façons un partenaire clé depuis des décennies. Nous espérons qu’un jour, lorsque sa population sera largement immunisée, l’Allemagne, en plus de ressources financières, pourra fournir aussi des vaccins à COVAX.  

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