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Législatives : quels sont les grands thèmes de la campagne électorale ?

La protection du climat et la sortie du charbon font partie des principaux thèmes de la campagne électorale allemande

La protection du climat et la sortie du charbon font partie des principaux thèmes de la campagne électorale allemande, © picture alliance/dpa | Julian Stratenschulte

22.09.2021 - Article

Plus de 60 millions d’Allemands sont appelés aux urnes dimanche prochain pour désigner leurs députés pour les quatre ans à venir. Climat, social, fiscalité, logement, etc. : quels thèmes ont marqué la campagne électorale ?

Débat à trois à une semaine du scrutin entre les candidats à la chancellerie des Unions-chrétiennes (Armin Laschet, à dr.), des Verts (Annalena Baerbock, au centre) et du Parti social-démocrate (Olaf Scholz, à g.).
Débat à trois à une semaine du scrutin entre les candidats à la chancellerie des Unions-chrétiennes (Armin Laschet, à dr.), des Verts (Annalena Baerbock, au centre) et du Parti social-démocrate (Olaf Scholz, à g.).© picture alliance/dpa/Prosieben/Seven.One | Willi Weber

Un changement d’ère : c’est ce qui attend l’Allemagne dans les prochaines semaines. Après 16 années à la tête du pays, la chancelière Angela Merkel tire sa révérence. On saura dimanche soir, après le verdict des urnes, quelles tendances se dessinent pour envisager sa succession. En attendant, les 47 partis autorisés à présenter des candidats se livrent à un ultime sprint pour gagner le cœur des quelque 60 millions d’électeurs et engranger les suffrages des indécis. Le dernier des trois débats télévisés entre les trois candidats à la chancellerie avait lieu dimanche soir. Comment les partis entrevoient-ils l’Allemagne de l’après- Angela Merkel ? Quelques thèmes de débat ont marqué la campagne électorale (1e partie)

Le climat

La lutte contre le réchauffement climatique est pour la première fois l’un des principaux thèmes de la campagne électorale, sinon le principal. Les Unions chrétiennes (CDU/CSU) et le Parti social-démocrate (SPD) veulent parvenir à la neutralité carbone comme prévu en 2045. Les libéraux (FDP) souhaitent reculer l’échéance à 2050, les Verts et Die Linke l’avancer.

Si tous les partis accordent une place clé au climat dans leurs programmes, et si tous souhaitent accélérer le développement des énergies renouvelables, leurs stratégies diffèrent fortement. La CDU/CSU, le FDP et le SPD veulent rester dans le cadre fixé par les lois nationales et par les accords internationaux, dont l’un des principaux outils est le marché des quotas d’émissions de CO2. Les Verts et Die Linke proposent un agenda plus ambitieux et font du climat leur principal cheval de bataille.

Ils avancent pour cela des propositions fortes : avancer de 2038 à 2030 la sortie du charbon (Verts, Die Linke), interdire l’immatriculation de véhicules à moteur thermique à partir de 2030 (Verts, Die Linke), augmenter le prix de la tonne de CO2 à 60 € au lieu de 35 € d’ici 2023 (Verts) avec une compensation financière pour les automobilistes, nationaliser les réseaux d’électricité et de chauffage (Die Linke).

Ils proposent également d’imposer une limitation de la vitesse sur les autoroutes (à 130 km/h pour les Verts, 120 km/h pour Die Linke). La proposition est partagée par le SPD mais rejetée par les Unions chrétiennes et le FDP.

Ces derniers rejettent, plus globalement, toute vision « punitive » de la lutte contre le réchauffement. Ils mettent en avant la notion d’incitation et misent sur le développement technologique. Ils plaident aussi pour le développement de l’hydrogène comme carburant propre du Futur.

Le marché du travail

Tous les partis veulent renforcer le recours aux accords collectifs de branche. Les Unions chrétiennes (CDU/CSU) et les libéraux (FDP) misent sur une souplesse accrue pour les entreprises, notamment en matière de temps de travail. Le Parti social-démocrate (SPD), les Verts et Die Linke réclament, de leur côté, la création d’un droit au télétravail. Le SPD plaide également pour un « droit à l’emploi ».

Les partis n’entendent pas toucher au principe du salaire minimum, créé en 2015. Mais ils s’opposent sur son montant. Le SPD et les Verts veulent le porter à 12 € de l’heure, Die Linke à 13 €. Les Unions chrétiennes s’y opposent, préférant miser sur la négociation entre les partenaires sociaux.

La réforme des minima sociaux est un autre sujet de débat. Les Unions chrétiennes (CDU/CSU) rejettent l’idée d’un revenu minimum et veulent conserver le principe de la loi « Hartz IV » votée au début des années 2000 sous Gerhard Schröder : « soutenir et exiger ». Le SPD et les Verts souhaitent, en revanche, sortir du système « Hartz IV ». Ils proposent de garantir un revenu aux chômeurs de longue durée, en réduisant les sanctions et la franchise sur le patrimoine. Les libéraux sont favorables à un « revenu citoyen ». Die Linke propose une garantie de revenu minimum à hauteur de 1 200 €, sans sanctions.

La fiscalité

Comment garantir des recettes supplémentaires à l’État pour faire face au changement climatique et résorber l’endettement lié à la crise du Covid-19 ? Les partis allemands s’accordent sur un point : il faut simplifier le système fiscal et le rendre plus juste. Mais ils diffèrent sur les solutions concrètes.

Les partis situés à la gauche de l’échiquier politique entendent globalement réduire la pression fiscale sur les bas et les moyens revenus, tout en l’augmentant pour les plus hauts revenus (« les 5 % » les plus riches, selon le SPD). Ils avancent pour cela plusieurs propositions : le relèvement du taux d’imposition maximal de l’impôt sur le revenu de 45 % à 48 %  à partir d’un revenu de 250 000 € annuels (SPD, Verts), voire à 53 % à partir de 70.000 € de revenus (Die Linke) ; la création d’un impôt sur le patrimoine pour les très hauts revenus (SPD, Verts, Die Linke) ; le maintien de la taxe de solidarité (« Soli ») pour les hauts revenus (SPD, Die Linke) ; allègements pour les revenus modestes et modérés (Verts, SPD, Die Linke).

Les partis de la droite et du centre, de leur côté, se concentrent surtout sur la modération de la pression fiscale sur les classes moyennes. Ils veulent, par exemple, réduire les effets des augmentations de revenus sur le taux d’imposition (CDU/CSU, FDP), notamment pour éviter que l’inflation ne grignote les hausses de rémunération, indexer les taux d’imposition sur la hausse des prix (CDU/CSU), augmenter le seuil de revenus pour être soumis à la dernière tranche de l’impôt sur le revenu (FDP), abolir la taxe de solidarité (« Soli ») (CDU/CSU, FDP). Ils ne fixent toutefois aucun montant pour d’éventuelles baisses d’impôt. Enfin, ils rejettent toute augmentation de la taxation sur les patrimoines (CDU/CSU, FDP). 

(À suivre dans notre édition du vendredi 24 septembre)

A.L.

 

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