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Législatives : quels sont les grands thèmes de la campagne électorale ? (2)

Affiches électorales en vue des élections législatives de dimanche en Allemagne

Affiches électorales en vue des élections législatives de dimanche en Allemagne, © picture alliance/dpa/Revierfoto | Revierfoto

24.09.2021 - Article

Plus de 60 millions d’Allemands sont appelés aux urnes dimanche prochain pour désigner leurs députés pour les quatre ans à venir. Climat, social, fiscalité, logement, etc. : quels thèmes ont marqué la campagne électorale ?(2e partie)

Comment les partis entrevoient-ils l’Allemagne de l’après-Angela Merkel ? Suite de notre article sur les thèmes qui ont marqué la campagne électorale.

Retrouvez la première partie de l’article ici.

La santé

La santé a été l’un des grands thèmes de la campagne électorale
La santé a été l’un des grands thèmes de la campagne électorale© picture alliance / Zoonar | Robert Kneschke

La pandémie de Covid-19 a replacé la question de l’avenir du système de soins sur le devant de la scène en révélant certaines faiblesses. Les partis avancent des propositions concrètes pour y remédier.

Deux grandes orientations s’opposent quant à la structure et au financement du système de soins. La première, portée par les Unions chrétiennes (CDU/CSU) et les libéraux (FDP), prévoit de maintenir l’actuelle juxtaposition du régime général (public) de l’assurance maladie et de régimes privés. Les libéraux suggèrent de faciliter le passage d’un régime à l’autre et de favoriser la concurrence entre les caisses par des incitations financières et des offres complémentaires.

La seconde orientation est privilégiée par les partis de la gauche et du centre-gauche (SPD, Verts, Die Linke). Elle prévoit la fusion des différents régimes en un seul régime d’assurance maladie basé sur le financement solidaire de tous les assurés. Cette « assurance citoyenne » accueillerait ainsi à moyen terme les fonctionnaires et les indépendants (SPD, Verts), voire abolirait les contributions personnelles et paiements supplémentaires (Die Linke). Le système du paiement au forfait serait remis en cause (SPD, Die Linke), la tendance à la privatisation (Verts) et la mise en avant d’objectifs financiers (Verts, Die Linke)  stoppées, le secteur hospitalier public renforcé (Die Linke) et la construction de centres de santé municipaux favorisée (SPD, Verts, Die Linke).

Au-delà de ces divergences, tous les partis formulent des propositions concrètes pour moderniser le système de soins. Ils misent en grande partie sur les progrès apportés par la numérisation (CDU/CSU, SPD, FDP, Verts), avec par exemple l’idée de faire évoluer le dossier médical personnel pour aller vers un système de santé numérisé d’ici 2030 (CDU/CSU) ou le développement ciblé des infrastructures numériques et des systèmes d’assistance robotisés (FDP). La réflexion porte également sur une meilleure articulation entre les hospitalisations et les soins assurés en ambulatoire (SPD, Verts, Die Linke), les soins de proximité (CDU/ CSU, Die Linke), les équipements en moyens techniques et en personnel.

Au-delà de la crise sanitaire, la campagne électorale a aussi fait resurgir le débat sur la légalisation de l’usage du cannabis. Avec un éventail de propositions très large allant de l’interdiction totale (CDU/CSU) à la vente réglementée (Verts) et à l’autorisation de la culture de cannabis (Die Linke), en passant par des solutions intermédiaires : dépénalisation de la possession de petites quantités de cannabis et vente réglementée aux adultes dans le cadre de projets pilotes (SPD) ; autorisation de vente contrôlée avec investissement des taxes perçues dans la prévention et l’accompagnement (FDP).

Le logement

Face à l’explosion des prix immobiliers dans les grandes villes et à la pénurie de logements abordables, tous les partis veulent relancer la construction, y compris celle de logements sociaux. Ils divergenttoutefois sur la question des outils et sur celle de la réglementation du marché locatif.

Pour accroître l’offre de logements, plusieurs leviers sont envisagés. A droite et au centre-droit, on mise sur desincitations fiscales pour soutenir la construction (CDU/CSU), ainsi que sur l’accélération des procédures et la simplification des procédures administratives (CDU/CSU, FDP).

A gauche et au centre-gauche, on propose une concertation entre les différents acteurs du secteur du logement (SPD), des aides à l’accession à la propriété pour les jeunes ménages (SPD), l’augmentation des dépenses publiques pour la construction (Verts, Die Linke), la mise à contribution des grands groupes immobiliers (Die Linke), des mesures pour endiguer la spéculation immobilière (SPD, Verts, Die Linke) et la mise en place de structures d’utilité publique, non orientées vers le profit, dans le secteur du logement (Verts, SPD, Die Linke).

La plupart des partis se fixent des objectifs chiffrés : 1,5 million de nouveaux logements d’ici 2025 pour la CDU/CSU, 500 000 nouveaux logements par an pour le SPD (400 000 sur le marché classique + 100 000 logements sociaux), au moins 250 000 nouveaux logements par an pour Die Linke, au moins un million de nouveaux logements à vocation sociale d’ici 2031 pour les Verts.

Quant aux locataires et aux personnes qui rencontrent des difficultés à se loger, les partis envisagent de les aider soit directement à travers l’allocation logement (FDP, Die Linke), soit à travers une réglementation accrue du marché locatif. Une ligne de fracture oppose les partis de la gauche et du centre gauche (SPD, Verts, Die Linke) qui plaident pour l’extension du mécanisme de frein à la hausse des loyers, voire pour un moratoire sur les loyers (SPD, Verts, Die Linke) et ceux de la droite et du centre droit (CDU/CSU, FDP) qui la rejettent.

Quelle coalition ?

Cette question sera sans doute sur toutes les lèvres dimanche soir, à l’annonce des résultats du scrutin. Au vu des sondages, il est, en effet, très probable que ne puisse s’installer à la tête de l’Allemagne qu’une coalition associant trois partis, et non plus deux. Ce serait une première depuis la fondation de la République fédérale en 1949. Le jeu est donc très ouvert (voir notre article « La campagne entre dans sa dernière ligne droite »).

Durant les derniers débats, certains partis ont commencé à se positionner. Le SPD et les Verts ont affiché leur désir de gouverner ensemble. Mais ils n’ont pas répondu à la question clé : avec qui ? Privilégieraient-ils les libéraux (FDP) ou l’extrême gauche (Die Linke) ?

Les Unions chrétiennes (CDU/CSU) ont appelé leurs électeurs à empêcher cette option d’une coalition « rouge-rouge-verte » allant du centre à l’extrême gauche. Il s’agit d’un « scrutin d’orientation décisif » (Richtungswahl), a mis en garde le candidat conservateur Armin Laschet.

Par ailleurs, selon plusieurs ténors des Unions chrétiennes, la CDU/CSU n’exclurait pas catégoriquement l’idée d’essayer de former une coalition de gouvernement (avec les Verts et le FDP) si elle arrivait en deuxième position. Un tel cas s’est produit une fois dans l’histoire de la République fédérale : en 1976, le SPD, arrivé à la deuxième place lors des législatives, a reconduit sa coalition avec les libéraux parce que les Unions chrétiennes (CDU/CSU), arrivées en tête, avaient échoué de peu à obtenir la majorité absolue pour gouverner seules.

A.L.

 

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