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Des mandats de chancelière plus que mouvementés

Angela Merkel au sommet du G7 au Canada en 2018 avec Emmanuel Macron et Donald Trump

Angela Merkel au sommet du G7 au Canada en 2018 avec Emmanuel Macron et Donald Trump, © picture alliance / Newscom

28.09.2021 - Article

Crise de l’euro, conflit en Ukraine, pandémie de Covid-19, bien des choses se sont passées pendant qu’Angela Merkel était à la tête du Pays.

Angela Merkel a gouverné l’Allemagne à une époque de grandes crises mondiales. L’effondrement des marchés financiers, les turbulences de l’euro, le conflit en Ukraine, le débat sur les réfugiés, la pandémie de Covid-19 et, pour couronner le tout, la question récurrente du climat : à lui seul, chacun de ces enjeux aurait été un défi suffisamment pour un mandat à la Chancellerie.

Parallèlement à cela, l’Allemagne a joué un rôle de plus en plus important sur la scène internationale pendant cette période. L’introduction de la monnaie européenne a renforcé sa place en Europe. Le retrait des États-Unis des affaires européennes a octroyé à Berlin une position clé dans les relations Est-Ouest depuis la crise en Ukraine. Et, après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, Angela Merkel s’est vu attribuer un rôle de leader du monde occidental qu’elle n’avait jamais désiré – et que l’Allemagne ne pouvait assumer seule.

Une volonté permanente de dialogue

Angela Merkel a entamé son premier mandat comme chancelière du changement et achevé le dernier comme chancelière de la stabilité. C’est vrai pour les affaires intérieures, mais aussi et surtout pour la politique étrangère. Lorsqu’elle a pris les rênes du gouvernement en 2005, elle misait alors sur une politique fortement orientée sur les valeurs. Elle a agacé la Chine en recevant le dalaï-lama à la Chancellerie, elle a durci le ton face à la Russie. L’approfondissement de l’unification européenne lui tenait par contre moins à cœur au début, contrairement à son prédécesseur Helmut Kohl.

Plus la stabilité des pays occidentaux était ébranlée, et plus elle s’est sentie en devoir de la préserver. Elle est restée critique vis-à-vis de la politique russe, qu’elle connaissait mieux que les autres grands responsables occidentaux en tant qu’ancienne citoyenne de la RDA, mais elle a sans cesse cherché le dialogue. En Chine, elle a admiré le dynamisme et la mentalité de pionnier du pays. Elle était convaincue que l’Occident pouvait résister à la compétition des systèmes non pas en se refermant, mais en s’imposant dans une compétition ouverte. C’était là un enseignement qu’elle avait tiré de l’effondrement de la RDA.

Le principe de l’ouverture

Angela Merkel a également appliqué le principe d’ouverture dans l’accueil des réfugiés à l’automne 2015. Elle ne voulait pas être responsable de l’érection de nouvelles frontières en Europe. La chancelière a alors agi plus rapidement que lors de la crise de l’euro à laquelle elle n’a réagi qu’avec beaucoup d’hésitation au début, surtout pour des raisons de politique intérieure. Elle a fait amende honorable en 2020 avec le Fonds de relance européen qui prévoit une mutualisation des dettes.

Si elle a été candidate en 2017 à un quatrième mandat, le plus difficile, c’est surtout pour des raisons de politique étrangère : suite à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, elle a voulu éviter de donner le sentiment que la dernière pilote plus ou moins fiable quittait le navire de la démocratie libérale. Dans une politique mondiale en plein bouleversement depuis 2008, Angela Merkel a incarné une stabilité dont certains auront peut-être la nostalgie demain.

Ralph Bollmann est journaliste et écrivain. Il vient de publier une biographie d’Angela Merkel.
© deutschland.de

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