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L’Allemagne reste un partenaire du Soudan pour la paix, la prospérité et la démocratie

Khartum

Khartum, © Ministère fédéral des Affaires étrangères / P. Herzog

01.10.2021 - Article

Deux ans après sa révolution pacifique, le Soudan poursuit sa transition. Lors d’une conférence de haut niveau en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas a assuré le Soudan de la poursuite du soutien de l’Allemagne.

Lors d’une conférence de haut niveau en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a évoqué l’avenir du Soudan. Il a rappelé le courage des citoyens soudanais, parmi lesquels beaucoup de femmes, qui ont mis à genoux l’une des dictatures les plus répressives au monde il y a plus de deux ans. Le ministre a également réitéré sa détermination d’accompagner le Soudan sur la voie de la paix, de la prospérité et de la démocratie.

De grands défis après la révolution pacifique

Depuis la chute du dictateur Omar el-Béchir en avril 2019, le gouvernement civil de transition du premier ministre Abdallah Hamdok a fait de la paix et de l’économie ses priorités. En octobre 2020, la conclusion de l’accord de paix de Djouba avec une grande partie des groupes armés a constitué une étape majeure de ce processus. Le gouvernement de transition a désormais pour lourde responsabilité de mettre en œuvre l’accord et d’achever le processus de paix avec les groupes subsistants pour préparer des élections démocratiques. L’institution d’un parlement transitoire et l’élaboration d’une Constitution permanente sont aussi à l’ordre du jour.

Après le coup d’État raté, le 21 septembre 2021, contre le gouvernement civil de transition, ce dernier a réaffirmé son attachement ferme à la poursuite du processus de réforme. Outre la poursuite du processus de paix, des réformes économiques ainsi que la création d’institutions démocratiques et d’État de droit jouent un rôle décisif pour améliorer la situation de la population soudanaise.

Celle-ci continue en effet à subir les effets de la mauvaise gestion du précédent régime, à savoir une grave crise économique et d’approvisionnement encore accentuée par la pandémie de Covid-19. La situation humanitaire reste tendue puisqu’un tiers de la population est tributaire d’une aide.

Initiative PPTE de la Banque mondiale et du FMI : une étape-clé du désendettement

Affichant une dette dépassant les 50 milliards de dollars américains, le Soudan compte aussi parmi les pays les plus endettés au monde. Avec le soutien de la communauté internationale, le Soudan a pu remplir fin juin toutes les conditions nécessaires pour entamer le processus de désendettement dans le cadre de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international – une étape essentielle dans le processus de désendettement. Grâce aux premiers assouplissements en matière d’accès au financement du développement et d’allégement de la dette, le Soudan va bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre financière pour faire avancer la transition et mettre en œuvre des réformes politiques et économiques importantes dont la population ressentira les effets. Les investissements privés s’avéreront également précieux, à l’avenir, pour assurer un développement économique durable.

Le gouvernement avait déjà mené à bien un programme de réforme économique prometteur avec le FMI, comportant des mesures de baisse des subventions et une réforme des taux de change espérée depuis longtemps. 

La conférence de partenariat pour le Soudan de Berlin, premier pas du processus de désendettement

La première pierre de la réintégration du Soudan au sein de la communauté internationale et dans la coopération avec les institutions financières internationales avait été posée par la conférence de partenariat pour le Soudan, coorganisée par l’Allemagne à Berlin en juin 2020, qui a permis de mobiliser un soutien politique considérable ainsi qu’une aide financière à hauteur de 1,8 milliard de dollars US.

Une conférence de haut niveau sur le Soudan s’était inscrite dans ce droit fil en mai 2021 sous la présidence du chef d’État français Emmanuel Macron, avec la participation du ministre fédéral des Affaires étrangères d’Allemagne Heiko Maas : elle a donné le coup d’envoi du processus de désendettement. Le gouvernement fédéral allemand et d’autres partenaires internationaux ont assuré à cette occasion qu’ils soutiendraient le Soudan sur la voie d’un désendettement durable. L’Allemagne a notamment annoncé une remise de dettes bilatérales de 360 millions d’euros. 

L’Allemagne accompagne la transition au Soudan, de l’aide humanitaire à la coopération au développement

Dès le début, l’Allemagne a accompagné la transition au Soudan. Heiko Maas a été le premier ministre des Affaires étrangères occidental à se rendre à Khartoum après la révolution pacifique, en septembre 2019. La coopération bilatérale au développement a repris ses activités en 2020. Dotée d’un budget total atteignant désormais 435 millions d’euros, elle vient notamment appuyer la mise en œuvre des réformes économiques par le biais d’initiatives de formation professionnelle, ainsi que le développement d’énergies renouvelables et des programmes de protection sociale. Sur le plan humanitaire aussi, l’Allemagne s’engage en faveur du Soudan, avec 27,5 millions d’euros mis à disposition en 2020. Pour 2021, l’engagement de l’Allemagne dans ce domaine s’élève déjà à environ 26 millions d’euros. 

Soutien à la mission de l’ONU MINUATS

Dans le cadre des mesures de stabilisation, l’Allemagne s’engage en outre dans le domaine de l’état de droit et dans la consolidation du gouvernement civil de transition. La nouvelle Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS), dirigée par Volker Perthes, bénéficie du soutien de l’Allemagne sur le plan politique, financier et des ressources humaines. Par ailleurs, l’Allemagne a longtemps été le seul pays occidental pourvoyeur de troupes pour la mission précédente, la MINUAD (Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour).

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