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Premiers pas vers une coalition SPD-Verts-libéraux

L'Allemagne se dirige vers une coalition entre les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux (FDP), appelée coalition feu tricolore

L'Allemagne se dirige vers une coalition entre les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux (FDP), appelée « coalition feu tricolore », © picture alliance/dpa | Christoph Soeder

08.10.2021 - Article

Un peu moins de deux semaines après les élections législatives, les dirigeants du Parti social-démocrate (SPD), des Verts et des libéraux (FDP) ont entamé hier des discussions. L’objectif : se sonder mutuellement sur la possibilité de forger une alliance de Gouvernement.

Douze jours après les élections législatives, l’Allemagne semble s’acheminer vers une coalition entre les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux (FDP). Les dirigeants des trois partis ont engagé hier pour la première fois depuis le scrutin des négociations tripartites. Elles pourraient durer entre une semaine et dix jours, et ont pour principal objectif de déterminer si une alliance de gouvernement est possible. En cas de succès, les trois formations s’engageraient formellement dans des négociations de coalition. L’atmosphère est plutôt à l’optimisme.

Optimisme

Les représentants du SPD, des Verts et des Libéraux ont entamé une première phase de discussions hier à Berlin
Les représentants du SPD, des Verts et des Libéraux ont entamé une première phase de discussions hier à Berlin. L'objectif : se sonder mutuellement en vue de mettre sur pied une coalition de gouvernement. De g. à dr. : Volker Wissing (FDP), Lars Klingbeil (SPD) et Michael Kellner (Verts)© picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

« Nous avons senti que nous pouvions créer quelque chose de commun », a déclaré Lars Klingbeil, après six heures de discussion. Le secrétaire général du SPD affiche son optimiste. Il souligne que son parti est déterminé à former une coalition avec les Verts et les libéraux sous la conduite de l’actuel ministre des Finances, Olaf Scholz.

A l’unisson, Michael Kellner, directeur fédéral du parti Verts, juge qu’il existe « une base de confiance » entre les trois partis. Et la présidence du FDP vient de proposer à l’unanimité « d’entrer formellement dans une phase approfondie de pourparlers », a rapporté son secrétaire général, Volker Wissing.

Cet optimisme semble aussi correspondre aux attentes de l’opinion. Un sondage infratest dimap pour la chaîne publique ARD, a révélé hier que les Allemands seraient nettement plus favorables (à 53 %) à une coalition « feu tricolore » (« rouge-jaune-vert » : SPD, FDP, Verts) qu’à une coalition dite « jamaïcaine » (« noir-jaune-vert » : CDU/CSU, FDP, Verts) (25 %).

Par ailleurs, près des deux tiers d’entre eux souhaitent que le futur gouvernement soit dirigé par le SPD (63 %) plutôt que par l’Union chrétienne-démocrate (CDU) (24 %). Et une proportion semblable (63 %) souhaite voir le candidat du SPD, Olaf Scholz, accéder à la chancellerie plutôt que son concurrent conservateur Armin Laschet (14 %).

Possibles écueils

Constituer une coalition à trois partis, inédite à l’échelon fédéral, pour gouverner l’Allemagne ne sera pas facile pour autant. Chacun des trois partis à ses exigences et ses lignes rouges. Le SPD, par exemple, veut augmenter le salaire minimum à 12 € de l’heure. Il en a fait la proposition phare de sa campagne électorale. Mais si les Verts opinent, ce n’est pas le cas des libéraux.

Ces derniers sont également réticents aux projets de leurs potentiels partenaires dans le domaine de la fiscalité. Ils s’opposent, par exemple, à l’alourdissement des impôts pour les très hauts revenus.

Ils sont, par ailleurs, moins ambitieux sur le climat que les Verts. Le parti écologiste a fait de l’accélération de la transition vers la neutralité carbone son cheval de bataille, et sa ligne rouge en vue des négociations de coalition. En matière de transports, il propose de limiter la vitesse sur autoroute à 130 km/h. L’idée est approuvée par le SPD, mais ne trouve pas l’assentiment du FDP.

Les dirigeants du parti libéral n’en ont pas fait mystère depuis l’élection : leur programme est en apparence plus compatible avec celui des Unions chrétiennes (CDU/CSU) qu’avec celui du centre gauche. Après une hésitation, ils ont maintenant décidé de s’engager résolument dans des discussions avec le SPD et les Verts, sans sonder parallèlement les Unions chrétiennes.

La porte vers une alliance de gouvernement dirigée de la CDU est-elle pour autant verrouillée ? La réponse est non, bien que cette option semble désormais peu probable. Plusieurs responsables de l’Union chrétienne-démocrate nourrissent d’ailleurs toujours l’espoir de former une coalition « jamaïcaine » avec les Verts et les libéraux. Et le président du parti Armin Laschet, candidat malheureux de la CDU aux élections législatives, vient d’annoncer qu’il était prêt, dans ce cas, à se retirer à titre personnel.

A.L.

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