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Dimanche, l’Allemagne élit son président

Frank-Walter Steinmeier, président fédéral depuis 2017 et candidat à sa propre succession, dimanche 13 février

Frank-Walter Steinmeier, président fédéral depuis 2017 et candidat à sa propre succession, dimanche 13 février, © picture alliance / photothek | Florian Gaertner

11.02.2022 - Article

Le ou la locataire du château de Bellevue pour les cinq années à venir sera élu(e) dimanche à Berlin. Frank-Walter Steinmeier, candidat à sa propre succession, a de fortes chances d’être reconduit. Comment se déroule, en Allemagne, l’élection du président fédéral ?

Deux élections présidentielles, deux atmosphères aux antipodes. Au moment où la campagne électorale bat son plein en France en vue des élections des 10 et 24 avril, l’Allemagne élira dimanche 13 février son président fédéral dans une ambiance beaucoup plus feutrée. Dans les deux cas, la durée du mandat présidentiel sera de cinq ans. Mais la fonction de chef d’Etat ne revêt pas du tout les mêmes attributions de part et d’autre du Rhin. Et le mode d’élection est aussi très différent. Explications.

La fonction du président fédéral en Allemagne

Instruits par l’expérience de la République de Weimar, les constituants de 1949 ont volontairement restreint les pouvoirs du président fédéral. En République fédérale, le chef de l’Etat exerce essentiellement un pouvoir de représentation, même s’il peut avoir un rôle important à jouer en cas de crise parlementaire.

Il représente la République fédérale par la parole (discours), ainsi que par ses visites officielles et déplacements en Allemagne et à l’étranger. Il signe les traités interétatiques et accrédite les diplomates étrangers. Il ratifie et proclame les lois. Il nomme les ministres proposés par le chancelier fédéral, et les révoque. Il nomme également les juges, fonctionnaires, officiers et sous-officiers de l’Etat fédéral sur proposition du gouvernement ou d’autres organes constitutionnels.

Il n’a de pouvoir autonome que dans des circonstances parlementaires très précisément fixées par la Loi fondamentale. Selon l’article 63, § 4, il peut nommer un candidat à la chancellerie à la tête d’un gouvernement minoritaire à l’issue du troisième tour de scrutin, même si celui-ci n’a recueilli qu’une majorité relative au Bundestag. Selon l’article 68, il peut, sur proposition du chancelier, dissoudre le Bundestag après le rejet d’un vote de confiance par les députés. Cette situation s’est produite trois fois en 1972, 1982 et 2005.

La fonction de président fédéral ne doit toutefois pas son importance aux compétences formelles qu’elle confère, mais au pouvoir d’influence dont jouit son titulaire. Le président fédéral est indépendant des partis. Il incarne l’unité de la nation. Par sa parole et ses discours, il inspire la confiance, fixe des normes morales, conseille et joue un rôle de conciliation.

Comment se déroulera le scrutin du 13 février ?

En Allemagne, le président fédéral est élu par l’Assemblée fédérale (ici en 2017) . Celle-ci ne se réunit qu’à cette occasion.
En Allemagne, le président fédéral est élu par l’Assemblée fédérale (ici en 2017) . Celle-ci ne se réunit qu’à cette occasion. Y siègent les 736 députés du Bundestag et un nombre égal de membres choisi par le Bundesrat, soit 1472 électeurs au total© picture alliance / Bernd Von Jutrczenka/dpa | Bernd Von Jutrczenka

Le président fédéral est élu par l’Assemblée fédérale, qui ne se réunit qu’à cette fin. Elle se compose de l’ensemble des députés du Bundestag (736 parlementaires) et d’un nombre égal de délégués nommés par le Bundesrat. Elle comprendra donc 1472 membres lors du scrutin de dimanche.

Les délégués nommés par le Bundesrat sont généralement des responsables politiques ou d’anciens responsables politiques. Mais il s’y trouve aussi des personnalités du monde de la culture, du sport ou des sciences. Cette année, l’assemblée fédérale comptera ainsi dans ses rangs la médaillée olympique de natation Britta Steffen, l’actrice Fritzi Haberland, l’astronaute Alexander Gerst et deux experts mis en lumière lors de la pandémie : les virologues Sandra Ciesek et Christian Drosten.

La présidente du Bundestag, Bärbel Bas, ouvrira la séance à midi dans le bâtiment Paul Löbe du Bundestag, où le scrutin a été exceptionnellement déplacé pour permettre le respect des normes sanitaires. Les membres de l’assemblée seront ensuite appelés un par un pour déposer leur bulletin dans l’urne.

Un candidat sera élu s’il recueille la majorité absolue des suffrages au premier ou au deuxième tour. A partir du troisième tour de scrutin, la majorité simple suffit.

Quatre candidats sont en lice :

  • L’actuel président fédéral, Frank-Walter Steinmeier (voir ci-dessous)
  • Gerhard Trabert, médecin à Mayence, proposé par Die Linke
  • Stefanie Gebauer, astrophysicienne et élue municipale, proposée par le parti Freie Wähler
  • Max Otte, économiste, proposé par le parti populiste d’extrême droite AfD

Frank-Walter Steinmeier, président sortant et candidat à sa réélection

De l’avis unanime des experts et observateurs de la vie politique, Frank-Walter Steinmeier, président fédéral depuis 2017 et candidat déclaré à sa réélection, a de très fortes chances d’être reconduit. Il est, en effet, soutenu par les trois partis de la majorité (Parti social-démocrate (SPD), Verts, Parti libéral (FDP)), ainsi que par l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le premier parti d’opposition. Ensemble, ces partis représentent un total de plus de 1200 voix.

Fils d’un charpentier, né le 5 janvier 1956 à Detmold, en Westphalie, Frank-Walter Steinmeier est docteur en droit. Il a débuté sa carrière comme fonctionnaire avant d’être repéré par Gerhard Schröder et de faire carrière dans le sillage du futur chancelier. De 1993 à 1998, il a été chef de son bureau personnel à la tête du land de Basse-Saxe, puis secrétaire d’Etat et chef de la chancellerie de Basse-Saxe. En 1998, il a suivi le nouveau chancelier à Berlin en tant que ministre de la chancellerie. Après l’élection d’Angela Merkel, il est devenu ministre des Affaires étrangères (2005-2009, 2013-2017). Candidat malheureux à la chancellerie en 2009, il a aussi été chef de l’opposition au Bundestag de 2009 à 2013.

Elu président fédéral en 2017, il a mis en avant durant son premier mandat les thèmes de la défense de la démocratie, du dépassement des divisions au sein de la société, de la lutte contre l’antisémitisme, de la solidarité durant la pandémie et de la responsabilité de l’Allemagne sur la scène internationale.

A.L.

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