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Ukraine : l’Allemagne et la Turquie appellent au cessez-le-feu

Le chancelier Olaf Scholz a rencontré lundi le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara

Le chancelier Olaf Scholz a rencontré lundi le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, © picture alliance/dpa/Bundesregierung/Guido Bergmann

15.03.2022 - Article

Le chancelier Olaf Scholz a effectué lundi sa première visite à Ankara. L’entretien avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a porté sur la guerre en Ukraine et sur les relations bilatérales.

Immeuble bombardé le 14 mars à Kviv (Ukraine). La guerre en Ukraine a été l’un des principaux thèmes abordés lors de la rencontre
Immeuble bombardé le 14 mars à Kviv (Ukraine). La guerre en Ukraine a été l’un des principaux thèmes abordés lors de la rencontre© picture alliance / abaca | Lafargue Raphael/ABACA
Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ont condamné lundi d’une seule voix l’invasion de l’Ukraine par la Russie, à l’occasion de la première visite du chef du gouvernement allemand à Ankara (Turquie). Ils ont lancé un appel commun au président russe, Vladimir Poutine, et l’ont enjoint de stopper immédiatement l’offensive russe.

« À chaque bombe, la Russie s’éloigne un peu plus de la communauté internationale », a souligné M. Scholz. Un cessez-le-feu doit intervenir le plus tôt possible. « Il faut, par ailleurs, des corridors humanitaires sécurisés pour permettre aux civils de quitter indemnes les lieux menacés. Et ce immédiatement ».

Efforts diplomatiques

Olaf Scholz et Recep Tayyip Erdogan ont loué les efforts diplomatiques entrepris pour mettre fin à l’offensive. « Stoppez » cette guerre, a dit le chancelier au président russe. « Ce conflit ne peut trouver de solution que diplomatique ».

Les deux dirigeants ont évoqué leurs échanges respectifs avec Kiev et Moscou. Samedi, le chancelier allemand et le président français, Emmanuel Macron, se sont longuement entretenus avec le président russe, au lendemain d’un sommet européen informel à Versailles.

Deux jours plus tôt, Antalya, dans le sud de la Turquie, a accueilli une première rencontre entre les ministres des Affaires étrangères russe et ukrainien, Sergueï Lavrov et Dmytro Kouleba. Le président Erdogan, s’il ne se joint pas aux sanctions occidentales contre Moscou, s’efforce de jouer un rôle de médiation dans le conflit.

Olaf Scholz s’est félicité de ces efforts diplomatiques. « Il est très important de ne pas rompre ces pourparlers et de les poursuivre », a-t-il insisté. « Il nous faut veiller à obtenir rapidement des résultats qui permettent la conclusion d’un cessez-le-feu. »

Le chancelier a souligné l’importance de la coopération au sein de l’OTAN, dont la Turquie est membre. Il a, par ailleurs, remercié Ankara d’avoir fermé les détroits du Bosphore et des Dardanelles, en vertu de la convention de Montreux, afin d’empêcher le passage des bâtiments de guerre russes et ukrainiens. C’est « une contribution très importante à la désescalade », a-t-il dit.

Énergie : développer la coopération bilatérale

Enfin, si la situation internationale a dominé l’entretien, Olaf Scholz et Recep Tayyip Erdogan ont aussi évoqué les relations germano-turques. Ils souhaitent approfondir la coopération économique bilatérale, en particulier dans le domaine de l’énergie.

L’Allemagne tourne le dos aux énergies fossiles, a exposé M. Scholz. Elle souhaite coopérer davantage avec la Turquie en matière d’énergies renouvelables, par exemple via l’importation d’hydrogène.

Berlin entend aussi diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz et en pétrole pour réduire sa dépendance à l’égard de la Russie. Son objectif est de reconstituer progressivement la souveraineté nécessaire à ses décisions, « quelle que soit l’évolution des rapports géopolitiques », a dit le chancelier. Olaf Scholz entrevoit des possibilités de coopération avec la Turquie qui pourraient passer, par exemple, par la construction d’un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) sur les côtes allemandes pour l’importation de gaz.

« Nous voulons continuer à améliorer nos étroites relations bilatérales », ont en tout cas assuré Olaf Scholz et Recep Tayyip Erdogan. Le chancelier allemand a évoqué les « différences, embarras et divergences de vue que nous avons sur les questions touchant aux droits de l’Homme et à l’État de droit », en particulier quand des Allemands sont emprisonnés ou placés en résidence surveillée sans pouvoir quitter la Turquie. Mais les deux dirigeants ont loué l’un et l’autre l’atmosphère « de sincérité » (Erdogan), « constructive et productive » (Scholz) de la rencontre.
A.L.

En savoir plus : Office de presse et d'information du gouvernement allemand (en allemand)

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