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Message vidéo de la ministre fédérale des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à l’occasion du débat général de la Commission de la condition de la femme à New York

15.03.2022 - Article

Message vidéo publié lors de la table ronde ministérielle « Politiques et programmes relatifs au changement climatique, à l’environnement et à la réduction des risques de catastrophes : faire progresser l’égalité de genre par des actions holistiques et intégrées du niveau mondial au niveau local ».

Une femme à un stade avancé de grossesse est allongée dans une civière. Son ventre nu de femme enceinte est exposé au froid hivernal.

Autour d’elle, un spectacle de dévastation : sa maternité dans la ville ukrainienne de Marioupol est réduite en cendres, bombardée par l’armée russe. Entre-temps, nous avons appris qu’elle était morte, ainsi que l’enfant qu’elle portait en elle.

Annalena Baerbock, ministre fédérale des Affaires étrangères, visite un camp de réfugiés ukrainiens en Moldova
Annalena Baerbock, ministre fédérale des Affaires étrangères, visite un camp de réfugiés ukrainiens en Moldova© picture alliance/dpa | Michael Kappeler

On estime à 80 000 le nombre de femmes qui accoucheront durant les prochains mois en Ukraine ; beaucoup d’entre elles n’auront pas accès à un abri sûr ou à des soins adaptés. Une naissance – qu’est-ce qui pourrait être plus porteur d’espoir ? Pour ces femmes cependant, cela pourrait s’avérer mortel. Cela montre très clairement que les crises et les conflits ne sont en aucun cas « aveugles au genre ». Ils touchent disproportionnellement les femmes. Cela vaut aussi pour la guerre en Ukraine. Cela vaut pour les conflits du monde entier, de l’Afghanistan au Sahel.

Et cela vaut également pour l’autre grande crise de notre époque : la crise climatique. C’est pourquoi il est si important que la Commission de la condition de la femme sensibilise de façon exhaustive au lien entre les questions de genre et la crise climatique.

Selon moi, deux messages clairs devraient ressortir de ce débat : premièrement, nous devons faire des droits des femmes une priorité de nos mesures de lutte contre le dérèglement climatique. Le changement climatique met en péril les droits fondamentaux les plus élémentaires des filles et des femmes : leurs droits à l’intégrité physique, à la santé et à l’éducation. Pendant les périodes de sécheresse, ce sont les filles qui vont le moins souvent à l’école parce que les rôles genrés leur imposent d’être de corvée d’eau. Et plus elles ont de kilomètres à parcourir pour aller chercher cette eau, plus elles sont exposées à la violence et aux abus.

La lutte contre le changement climatique est un combat contre les inégalités de plus en plus fortes. « Le régime pense que je ne suis qu’une hurluberlue écolo. » C’est ce que m’a raconté, la semaine dernière, une jeune militante écologiste soudanaise. À juste titre. Pourtant, l’enjeu est beaucoup plus important : il s’agit de la lutte pour le maintien des droits et des libertés des personnes particulièrement vulnérables. C’est pour cela que nous avons pris position au Conseil des droits de l’homme et que nous nous sommes engagés activement pour la reconnaissance du droit de l’homme à un environnement propre, sain et durable.

Permettez-moi toutefois une mise en garde : nous ne devrions pas considérer les femmes comme des simples victimes qui nécessitent une protection particulière. Les femmes sont l’un des moteurs, sinon le moteur du changement – si nous leur offrons la possibilité de participer.

Et j’en arrive à mon deuxième point : les femmes et d’autres groupes marginalisés doivent être associés, sur un pied d’égalité, aux processus décisionnels ! Pour la simple raison que nous y gagnons tous ! Une société dans laquelle la moitié de la population ne peut pas participer aux décisions de manière équitable ne sera jamais à même d’exploiter son plein potentiel. Et si la moitié de la population mondiale reste exclue, nous ne serons en mesure ni de préserver durablement la paix ni de protéger le climat mondial.

Nous avons enfin besoin d’égalité femmes-hommes dans tous les organes pertinents. Je suis fière de pouvoir dire qu’avec Jennifer Morgan, qui fait désormais partie de l’équipe allemande pour les négociations climatiques, nous contribuerons à cet objectif. Une participation équitable s’impose, et elle s’impose à tous les niveaux. Tel est le signal qui doit ressortir de cette conférence !

Nous voulons que les femmes de ce monde n’aient pas peur de l’avenir, mais qu’elles puissent le façonner avec confiance, peu importe si elles vivent dans une zone en proie à la sécheresse au Soudan, dans une région à la merci d’inondations du Bangladesh ou au beau milieu de la ville disputée de Marioupol dans l’est de l’Ukraine.

Ensemble, nous avons le devoir de nous battre pour y parvenir – pour elles et pour nous.

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