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L’Allemagne va se doter d’une nouvelle stratégie de sécurité nationale

La ministre fédérale des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé vendredi 18 mars l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale de sécrurité.

La ministre fédérale des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé vendredi 18 mars l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale de sécrurité. , © picture alliance/dpa/Reuters-Pool | Annegret Hilse

22.03.2022 - Article

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Allemagne va élaborer une nouvelle stratégie de sécurité nationale. La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, en a présenté les grandes lignes à la fin de la semaine dernière.

L’Allemagne va se doter dans les mois à venir d’une nouvelle stratégie nationale de sécurité. La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, en a présenté les grandes lignes vendredi 18 mars, à Berlin. Cette stratégie tiendra compte de la « nouvelle réalité » créée par l’invasion de l’Ukraine et visera, plus généralement, à « penser la sécurité pour l’avenir ». 

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui constitue une « rupture massive avec notre ordre de paix », « nous ressentons un besoin que nous n’avions probablement pas ressenti depuis longtemps, que ma génération n’avait peut-être encore jamais réellement ressenti : un besoin de sécurité », a constaté Mme Baerbock

Trois éléments essentiels 

Garantir cette « sécurité de nos vies en liberté » sera l’enjeu de la nouvelle stratégie. « Trois éléments essentiels indissociables les uns des autres composent cette sécurité », selon la ministre : « l’intégrité de nos vies » face à la menace concrète, la protection de nos vies dans la liberté et la démocratie et enfin, la « sécurité des fondements de notre existence », y compris dans un monde soumis aux effets du changement climatique.

Dans cette perspective, l’Allemagne est prête à prendre clairement position, et à accroître son engagement pour la paix et la sécurité à travers le monde. « Le comportement agressif de la Russie nous le montre : aucun pays, pas même l’Allemagne, ne saurait être neutre lorsqu’il est question de guerre et de paix, de justice et d’injustice », a plaidé Mme Baerbock.

« Je le dis très clairement : oui, notre histoire, la culpabilité de l’Allemagne dans la guerre [la Seconde Guerre mondiale, ndlr] et le génocide nous donnent, me donnent effectivement une responsabilité particulière : l’obligation d’être aux côtés de celles et ceux dont la vie, la liberté et les droits sont menacés. »

Renforcer la capacité d’action de l’UE

L’Allemagne soutient ainsi le renforcement de la capacité d’action de l’Union européenne (UE) dans le cadre de l’OTAN. Elle est à l’initiative de la « boussole stratégique ». Ce projet doit permettre aux Européens de formuler une stratégie commune détaillée en matière de sécurité qui tienne compte des nouvelles réalités géopolitiques.

« Cette guerre montre une fois de plus que la sécurité de l’Europe dépend de sa défense collective dans le cadre de l’OTAN », a souligné Mme Baerbock. « La boussole stratégique doit orienter la politique de sécurité et de défense de l’UE de façon à ce qu’elle soit complémentaire de l’OTAN, consolidant et approfondissant ainsi le pilier européen de l’Alliance transatlantique. Ce faisant, il nous faut également nous employer à renforcer l’industrie européenne de défense. » 

Faire évoluer la défense collective

L’OTAN doit, par ailleurs, continuer à faire évoluer la défense collective, a ajouté la ministre. « Toute la partie orientale du territoire de l’Alliance est exposée à une nouvelle menace, et […] nous devons donc établir une présence de l’OTAN dans les pays d’Europe du sud-est », a-t-elle dit. « L’Allemagne apportera une contribution substantielle à cet égard en Slovaquie. »

Il importe également que la dissuasion nucléaire de l’OTAN « reste crédible »,« , a plaidé la ministre.  »Notre objectif demeure un monde sans armes nucléaires« . Mais  »il n’y aura de véritables mesures de désarmement que si tous les États dotés de l’arme nucléaire prennent des mesures crédibles.«  Annalena Baerbock a souhaité  »un débat franc sur la manière de créer les conditions permettant de mettre en place des mesures de désarmement« .

Dépendance économique et énergétique

D’autres réalités encore doivent être intégrées à la future stratégie de sécurité. Ainsi, la guerre en Ukraine a particulièrement mis en lumière les vulnérabilités que créent les liens d’interdépendance dans le domaine économique et énergétique.

L’Allemagne doit tout mettre en œuvre pour réduire sa dépendance aux importations d’énergies fossiles, en particulier de Russie, a insisté la ministre. Et investir dans les énergies renouvelables.  »Notre capacité d’action implique aussi de ne pas être dépendants ou vulnérables au chantage dans nos relations économiques et énergétiques« , a-t-elle souligné.

De même, a-t-elle annoncé, l’Allemagne va élaborer une nouvelle stratégie vis-à-vis de la Chine. Car les  »investissements dans les infrastructures« , tels que l’initiative des Nouvelles routes de la soie lancée par Pékin,  »sont susceptibles d’influer sur la sécurité« .

Aux yeux de la ministre, le  »véritable défi«  de notre époque réside toutefois dans la crise climatique.  »Les fondements de la sécurité de notre existence n’existent que si nous parvenons à maîtriser la crise climatique« , a-t-elle souligné. Elle mise sur la diplomatie pour y faire face.  »Chaque tonne de CO2 en moins, chaque dixième de degré de réchauffement climatique en moins est une contribution à la sécurité humaine« .

Le défi du cyberespace

Pour finir, la redéfinition de la stratégie de sécurité nationale comprendra un troisième volet : l’évolution des instruments de la politique de sécurité, au-delà du seul aspect militaire.  »Si nous voulons nous affirmer dans l’épreuve de force du 21e siècle sur la scène internationale, il nous faudra mettre à jour tous nos instruments : militaires, politiques, analogiques, numériques, technologiques« , a dit Annalena Baerbock.  »Nous devons avoir une approche globale de la sécurité« .

 »Le plus grand défi sera assurément celui du cyberespace« , estime la ministre.  »Nous voyons que ce domaine fait partie intégrante des guerres modernes. Nous constatons aussi que des méthodes de guerre que nous pensions en partie dépassées sont mises en œuvre. Mais le grand défi, c’est que les cyberguerres, les guerres hybrides, viennent s’ajouter à cela« .
A.L.

Lire le discours de la ministre fédérale des Affaires étrangères, Annalena Baerbock (en français)

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