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Triomphe du SPD en Sarre

La tête de liste du SPD, Anke Rehlinger, va devenir ministre-présidente du land de Sarre

La tête de liste du SPD, Anke Rehlinger, va devenir ministre-présidente du land de Sarre, © picture alliance/dpa | Boris Roessler

29.03.2022 - Article

Le Parti social-démocrate (SPD) a gagné les élections régionales en Sarre, dimanche. Contre toute attente, il a remporté la majorité absolue et se prépare à gouverner seul.

C’est la fin d’une ère politique en Sarre. Au pouvoir à Sarrebruck depuis 23 ans, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) va passer la main au Parti social-démocrate (SPD). Le SPD et sa très populaire tête de liste Anke Rehlinger ont remporté dimanche un triomphe aux élections régionales en recueillant 43,5 % des voix. C’est près de 14 points de plus qu’en 2017. Le SPD a dépassé ses prévisions les plus optimistes. Il s’apprête à gouverner la Sarre seul, fort d’une majorité absolue à l’assemblée régionale.

De fait, l’élection a redessiné le paysage politique sarrois. La CDU n’a obtenu que 28,5 % des voix, contre 40,7 % en 2017. Die Linke, l’autre grand perdant du scrutin, est passé de 12,8 % à 2,6 %. Le parti d’extrême gauche n’aura donc plus de députés, faute d’atteindre la barre de 5 % des voix. Pour la même raison, les libéraux (FDP) (4,8 %) et les Verts (4,99 %) échouent à faire leur retour à l’assemblée régionale. Le Landtag de Sarre ne comprendra ainsi que trois partis : le SPD (29 sièges), la CDU (19 sièges) et l’AfD (trois sièges). Le parti populiste d’extrême droite est en recul avec 5,7 % des voix, contre 6,2 % en 2017.

Selon l’analyse des transferts de voix par la chaîne ARD, le SPD a pris des voix à la CDU (près de 38 000) et à Die Linke (environ 18 000) par rapport au scrutin de 2017. Par ailleurs, près de 25 000 électeurs qui avaient voté pour la CDU il y a cinq ans se sont abstenus dimanche. 7 000 ont voté pour le FDP.

La CDU a ainsi connu son plus mauvais résultat historique en Sarre. Le ministre-président sortant, Tobias Hans (CDU), va quitter la présidence de la section régionale du parti. Successeur de l’ancienne cheffe de gouvernement sarroise, Annegret Kramp-Karrenbauer, lorsqu’elle avait été appelée à Berlin comme ministre fédérale de la Défense, il n’avait pas réussi à ancrer sa popularité dans l’opinion.

Anke Rehlinger, future ministre-présidente et très populaire dans l’opinion

À l’inverse, l’ancienne championne de lancer du poids Anke Rehlinger, âgée de 45 ans, jouit d’une très forte popularité. Elle a occupé différents portefeuilles ministériels au sein du gouvernement régional de Grande coalition depuis 2012, notamment celui de l’économie. Elle le sait : son principal défi à la tête du gouvernement sarrois sera de poursuivre la reconversion de l’économie sarroise, durement touchée par la fin de l’industrie minière. Forte d’une majorité confortable au Landtag, elle a annoncé dès lundi qu’elle ne formerait pas de coalition et gouvernerait avec le seul SPD. Le gouvernement sera formé rapidement, a-t-elle promis.

La victoire du SPD en Sarre aura-t-elle un effet domino alors que trois autres scrutins régionaux sont prévus cette année dans le Schleswig-Holstein (8 mai), en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (15 mai) et en Basse-Saxe (9 octobre) ? L’avenir est imprévisible. Beaucoup d’experts soulignent toutefois que les enjeux de l’élection sarroise étaient essentiellement régionaux.

A.L.

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