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2022 fut une année difficile pour l’OSCE ; comment cette organisation gère la politique d’obstruction de la Russie et pourquoi cela vaut la peine de soutenir le travail de l’OSCE

Place de la Liberté (Plac Wolności) à Łódź 

Place de la Liberté (Plac Wolności) à Łódź , © Zoonar.com/Bruno Coelho

01.12.2022 - Article

​​​​​​​Avant que ne commence la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE à Łódź, nous nous penchons sur le travail de l’OSCE, sa valeur ajoutée pour la sécurité en Europe et dans le monde et sur la politique d’obstruction de la Russie au sein de cette organisation.

Les critiques de la Russie à l’égard de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ne sont pas nouvelles. Ce qui dérange la Russie dans cette organisation est précisément ce qui fait son succès aux yeux de nombreux autres États membres, parmi lesquels l’Allemagne : il s’agit d’un groupe hétérogène de 57 pays allant de l’Amérique du Nord à la Russie et à l’Asie centrale, en passant par l’Europe, créé dans le but de régler les conflits et de permettre une coexistence pacifique à plus d’un milliard de personnes. L’objectif de l’OSCE consiste à renforcer la sécurité en Europe grâce à la coopération entre les pays européens et leurs voisins à l’Est et à l’Ouest. Ce faisant, elle s’appuie sur un concept moderne de la sécurité englobant trois dimensions : une dimension politico‑militaire, une dimension économique et écologique ainsi qu’une dimension humaine de la politique de sécurité. La Russie entrave régulièrement le travail de l’organisation, mais l’année 2022 fut particulièrement difficile.

Le soutien à l’Ukraine se poursuit malgré la politique d’obstruction de la Russie

La ministre fédérale des Affaires étrangères Annalena Baerbock participe à la la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE à Łódź
La ministre fédérale des Affaires étrangères Annalena Baerbock participe à la la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE à Łódź© picture alliance/Photothek/Thomas Köhler

Avec la guerre qu’elle mène contre l’Ukraine, la Russie a violé des principes fondamentaux du droit international et de l’OSCE. Elle a en outre empêché à plusieurs reprises l’adoption de décisions (au sein de l’OSCE, les décisions sont prises à l’unanimité). Depuis l’automne 2021, la Russie a par exemple contraint l’OSCE à mettre fin à trois de ses missions en Ukraine, dont la mission d’observation qui devait surveiller le cessez‑le‑feu dans le Donbass. Trois employés locaux de l’organisation sont détenus dans les territoires de Louhansk et de Donetsk occupés par la Russie. Deux d’entre eux ont été condamnés à plus de dix ans de prison pour haute trahison en lien avec leurs activités pour le compte de l’OSCE. Cependant, cette dernière n’a pas simplement accepté cet abus russe de la politique du consensus, puisqu’elle continue de soutenir la population ukrainienne.

Depuis le 1er novembre, par le biais d’un nouveau programme, l’OSCE continue d’appuyer l’Ukraine dans ses réformes et dans la reconstruction du pays. Elle poursuit ainsi son engagement, vieux de plus de 28 ans, en faveur de l’Ukraine et elle maintient sa présence à Kiev et dans le reste du pays. La secrétaire générale de l’OSCE Helga Schmid a mis sur pied ce nouveau programme aux côtés d’un groupe d’États volontaires, dont l’Allemagne, et en concertation étroite avec les partenaires ukrainiens. La Russie ne peut pas opposer de veto à un financement volontaire en dehors du budget régulier de l’OSCE.

L’Allemagne met la crise climatique à l’ordre du jour de l’OSCE

Il y a un an à Stockholm, l’OSCE avait pour la première fois adopté une décision pour le climat, ce qui lui permet désormais de lancer des initiatives climatiques. À l’initiative de l’Allemagne, l’OSCE abordera cette année à Łódź les sujets du changement climatique et de la sécurité dans les régions montagneuses. L’année prochaine, elle ira encore un peu plus loin, puisqu’elle organisera elle‑même une conférence sur le climat à Vienne. L’Allemagne est convaincue que l’OSCE peut jouer un rôle primordial dans la lutte contre le dérèglement climatique. L’organisation peut par exemple mener des projets transfrontaliers en matière d’alerte précoce et d’échanges sur les phénomènes météorologiques extrêmes, les sécheresses et la raréfaction des ressources.

Réunion avec le BIDDH : l’OSCE, un acteur important pour l’observation des élections

Le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) est l’institution centrale de l’OSCE concernant les droits humains. Créée en 1990, cette institution aide tous les États membres de l’OSCE à mettre en œuvre les engagements qu’ils ont pris au sein de l’organisation, et ce pour ce qui a trait aux élections, aux libertés fondamentales, à la tolérance et à la non‑discrimination. À cet égard, le BIDDH agit principalement dans le cadre de missions d’observation, mais aussi par le biais de conseils pour des projets de loi. Depuis sa création, plus de 400 missions d’observation électorale de ce type ont eu lieu. Ces missions scrutent non seulement le déroulement et le dépouillement des scrutins, mais aussi les campagnes électorales, la liberté d’expression et des médias ainsi que la législation électorale. Les résultats sont mis à disposition du public sous forme de rapports. À Łódź, la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock rencontrera pour la première fois le directeur du BIDDH Matteo Mecacci afin de lui assurer le soutien de l’Allemagne.

Que va‑t‑il advenir de l’OSCE ?

L’Allemagne continuera de soutenir l’OSCE, sa secrétaire générale Helga Schmid ainsi que la présidence de l’OSCE, qui sera assurée en 2023 par la Macédoine du Nord, afin d’assurer le bon fonctionnement de l’organisation.

L’OSCE incarne l’aspiration à un espace paneuropéen de sécurité, de coopération et de libre épanouissement personnel pour plus d’un milliard de personnes. Même si cette année, cet objectif semble lointain, nous ne pouvons actuellement pas nous permettre de le perdre de vue ou de relâcher nos efforts concernant notre soutien à l’OSCE. En effet, grâce à ses innombrables projets en matière de droits de l’homme, de lutte contre la criminalité organisée et le trafic de stupéfiants et d’êtres humains ainsi qu’en matière de promotion de l’égalité de genre, de l’état de droit et de la liberté d’expression, cette organisation unique en son genre touche la vie des citoyennes et citoyens de 57 pays. Nous continuerons d’entretenir résolument cet héritage de dépassement des confrontations et des conflits. 
La ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock

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