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Le chancelier participe à la Berlin Security Conference : « Nous continuerons à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra »

« Nos relations à travers le monde sont axées sur le partenariat et la coopération », a souligné le chancelier fédéral Olaf Scholz lors de la Berlin Security Conference

« Nos relations à travers le monde sont axées sur le partenariat et la coopération », a souligné le chancelier fédéral Olaf Scholz lors de la Berlin Security Conference, © Gouvernement fédéral/Schacht

05.12.2022 - Article

L’Allemagne a tiré les leçons de l’agression russe contre l’Ukraine, pour sa propre protection comme pour celle de ses alliés. C’est ce qu’a affirmé le chancelier fédéral Olaf Scholz lors de la Berlin Security Conference.

Avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie fin février, le contexte européen en matière de sécurité s’est radicalement transformé, comme l’a déclaré le chancelier fédéral Olaf Scholz lors de la Berlin Security Conference. Il a souligné qu’avec l’amitié transatlantique et l’étroite coopération au sein de l’Union européenne, les fondements de notre sécurité demeuraient solides.

Une solidarité intacte avec l’Ukraine

« Pour nous tous en Europe, cela implique d’importants ajustements. Des ajustements qui ne se limitent pas à la politique de sécurité et de défense classique », selon le chancelier. Ce tournant historique a conduit l’Allemagne, en accord avec ses alliés, à livrer pour la première fois un gros volume d’armes à un territoire en guerre. Il faut donner à l’Ukraine les moyens d’exercer son droit légitime à se défendre. Cela sert aussi la protection de l’architecture européenne de sécurité, a ajouté M. Scholz.

Le chancelier s’est montré persuadé que la Russie ne pouvait pas gagner la guerre et ne la gagnerait pas : « Les attaques impitoyables sur des infrastructures vitales, des conduites d’eau et d’énergie, ainsi que des villes et des villages ukrainiens, sont une stratégie de la terre brûlée aussi terrible que désespérée. »

La solidarité avec l’Ukraine demeure intacte, et ce malgré les répercussions considérables de la guerre aussi en Allemagne, en Europe et dans le monde. « Nous continuerons à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra : sur les plans économique, financier, humanitaire, en reconstruisant les infrastructures énergétiques qui sont en train d’être détruites – mais également par les armes », a martelé Olaf Scholz.

Protéger le flanc est de l’OTAN

« Nous avons tiré de l’agression russe contre l’Ukraine des leçons pour la protection de notre propre pays et de nos alliés », a affirmé le chancelier fédéral. Il l’avait en effet déjà souligné lors du congrès de la Bundeswehr en septembre : « La mission principale de nos forces de combat est la défense de notre pays et de l’Alliance – la défense de la liberté en Europe. » Toutes les autres missions de la Bundeswehr en découlent et y sont subordonnées.

Des soldats allemands sont déjà déployés sur le flanc est de l’OTAN et l’Allemagne apportera encore à l’avenir un soutien fort sur ce plan, avec par exemple jusqu’à 17 000 soldats pour la Force de réaction de l’OTAN l’année prochaine. Outre le renforcement de l’OTAN, le gouvernement fédéral s’implique également dans l’amélioration des capacités militaires de l’UE, et 14 nations se sont déjà ralliées à la proposition allemande de constituer un bouclier européen de défense antimissile, selon le chancelier.

La rhétorique russe sur le nucléaire requiert la dissuasion nucléaire

« Nous prenons très au sérieux l’irresponsable rhétorique nucléaire du régime russe », a affirmé Olaf Scholz. « Mais nous ne nous laissons pas intimider. » Au lieu de quoi, tout est mis en œuvre pour « que tienne la ligne rouge selon laquelle une guerre nucléaire ne doit jamais devenir réalité ». M. Scholz a insisté sur le succès que constitue l’ancrage de ce principe fondamental y compris dans la déclaration finale du sommet du G20 à Bali mi-novembre.

« Tant que des pays comme la Russie possèderont des armes nucléaires dans leur potentiel de menace, l’OTAN aura besoin d’un potentiel de dissuasion crédible », a estimé le chancelier fédéral. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a décidé de se procurer des avions de combat de type F-35 comme participation de l’Allemagne à la dissuasion nucléaire.

« C’est aussi de notre sécurité et de celle de nos alliés qu’il s’agit avec la mise en œuvre du Fonds spécial pour la Bundeswehr de 100 milliards d’euros », a insisté Olaf Scholz. « Nous parlons là du plus gros investissement dans nos forces armées depuis que celles-ci existent. » Mais le tournant historique, « bien davantage qu’une assez forte somme d’argent », concerne aussi des changements structurels. « De l’acquisition jusqu’à l’équipement, de la stratégie jusqu’aux interventions, il nous faut plus d’enthousiasme à décider, plus de disposition pour le risque et des structures plus efficaces. Et il nous faut une industrie européenne de la défense qui soit à la hauteur des ambitions des forces armées modernes. »

Une stratégie nationale de sécurité pour une situation mondiale différente

Ce tournant historique nécessite aussi un cadre stratégique, selon le chef du gouvernement. Le gouvernement fédéral travaille donc à l’heure actuelle intensivement à une stratégie nationale de sécurité, qui devra tenir compte d’un large spectre de menaces et de défis, ainsi que d’un nouveau contexte mondial.

« Pour que cela réussisse, nous allons resserrer l’interaction de tous les niveaux de l’État, renforcer les capacités de résistance de l’économie et de la société, et améliorer la coordination des outils de prévention, de résolution et de relèvement après crises », a détaillé M. Scholz. Au cœur de la politique de sécurité se trouvent la protection du pays, ainsi que la vie et la liberté de sa population.

Une autre tâche centrale est la consolidation globale de la résilience à l’intérieur du territoire. Selon le chancelier, « nous devons nous protéger des cyberattaques tout autant que de la désinformation et des influences hybrides sur nos institutions et processus démocratiques ». Et en ce qui concerne l’économie mondialisée, l’Allemagne doit également se prémunir contre les dépendances unilatérales sur le plan des matières premières, de la technologie et de l’énergie. Cela nécessite une « diversification intelligente et résolue de nos chaînes d’approvisionnement », a-t-il conclu.

© Gouvernement fédéral

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