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La coalition tricolore fête sa première année au gouvernement

Discours du chancelier Olaf Scholz au Bundestag le 27 février 2022, en réaction à l’invasion de l’Ukraine par la Russie

Discours du chancelier Olaf Scholz au Bundestag le 27 février 2022, en réaction à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, © picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

09.12.2022 - Article

Le 8 décembre 2021, Olaf Scholz était élu chancelier fédéral. Il nommait son gouvernement dans la foulée. Un an plus tard, la première coalition SPD-Verts-FDP d’Allemagne se félicite d’un bilan plutôt flatteur, malgré les bouleversements engendrés par la guerre en Ukraine.

Il y a un an, l’Allemagne voyait pour la première fois s’installer au gouvernement une coalition tricolore. Elle associe le Parti social-démocrate (SPD), les Verts et le Parti libéral démocrate (FDP) avec pour chef d’orchestre le chancelier Olaf Scholz. Elle s’est choisi pour mot d’ordre « Oser plus de progrès ». Un an plus tard, à l’heure du premier bilan, les échos sont positifs en dépit des bouleversements entraînés par la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine.

Le chancelier allemand se dit ainsi « satisfait » de voir son gouvernement rester stable face aux nombreux défis engendrés par cette période troublée. L’Allemagne devrait réussir à passer l’hiver dans de bonnes conditions, dit-il dans un entretien accordé cette semaine au journal « Ouest-France ». « Nous soutenons l’Ukraine afin qu’elle puisse se défendre contre l’agression russe ». Par ailleurs, « nous avons donné un nouvel élan aux énergies renouvelables et engagé la modernisation de notre économie. »

Près de 100 projets de loi

Le gouvernement allemand lors d’un séminaire en août dernier
Le gouvernement allemand lors d’un séminaire en août dernier© picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

En un an, le gouvernement a mis en œuvre de nombreux progrès concrets. Il a présenté près de 100 projets de loi : remaniement du secteur de l’énergie, accélération des procédures de planification et de construction, mesures sociales, allègements pour les ménages et les entreprises face à l’inflation. « Il en va du respect et de la cohésion sociale, et aussi de notre climat ! », souligne également M. Scholz à l’occasion de ce premier anniversaire. « Et même si la guerre en Ukraine a marqué cette année, nous nous sommes tenus à ces projets et nous en avons réalisés beaucoup. »

Outre le soutien diplomatique, économique, humanitaire et militaire à l’égard de l’Ukraine, le gouvernement fédéral a fait passer plusieurs réformes sociales. Face à une inflation qui a culminé à plus de 10 % sur un an, il a adopté trois trains d’allègements pour aider les ménages et les entreprises. Montant total : près de 300 milliards d’euros. Les freins tarifaires sur l’électricité et le gaz sont en train d’être mis en œuvre.

Soutien face à l’inflation

De nombreuses mesures sociales ont jalonné l’année écoulée. À commencer par la hausse du salaire minimum à 12 € brut de l’heure. Cette promesse de campagne du chancelier profite depuis le 1er octobre à six millions de travailleurs, surtout des femmes et des salariés de l’est du pays.

Les 21 millions de retraités ne sont pas en reste. Ils ont vu leurs pensions fortement revalorisées cette année. Et trois millions de bénéficiaires de la rente d’invalidité ont également vu leur allocation augmenter durablement. Ces exemples « montrent que les citoyens sont au centre de la politique de ce gouvernement », souligne le gouvernement fédéral sur son site Internet.

Protection du climat

La protection du climat et la transition énergétique ont constitué un autre chantier prioritaire. Le gouvernement a légiféré pour accélérer le développement de l’éolien et la construction de voies de chemin de fer. Il vise la neutralité carbone à l’horizon 2045.

Ainsi, pour accélérer le tournant énergétique dans les transports, il a mis en place un billet de train à 9 €. Les Allemands se le sont arraché au cours de l’été. Près de 52 millions de billets ont été vendus. Fort de ce succès, le gouvernement prépare actuellement un nouveau billet de train numérique. Il sera valable dans toute l’Allemagne. Prix mensuel : 49 €.

Le climat a, par ailleurs, été l’une des priorités de la présidence allemande du G7 en 2022. Le chancelier Olaf Scholz a plaidé pour la création d’un « club climat » en vue d’accélérer la transition.

Débats

« Nous avons beaucoup fait », se félicite Ricarda Lang. La co-présidente des Verts admet toutefois que les choses se sont passées « de manière plus saccadée que nous ne l’aurions souhaité ». Ainsi, plusieurs projets de la coalition ont provoqué de vifs débats, y compris jusqu’en son sein, notamment entre les Verts et les libéraux démocrates. Mais ces débats témoignent d’une démocratie vivante, soulignent plusieurs responsables politiques.

À l’heure du bilan, des critiques émanent essentiellement de l’opposition. Le président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Friedrich Merz, a reproché au gouvernement un manque d’initiative, notamment sur le plan économique et énergétique. 

À l’extrême gauche, le parti Die Linke l’a tancé pour ne pas s’être attaqué aux causes des inégalités et n’avoir pas endigué la pauvreté face à l’explosion des prix de l’énergie.

Le gouvernement allemand est également confronté à une critique de ses partenaires français et européens qui lui reprochent un manque de concertation.
Les présidents des trois partis de la coalition, de leur côté, ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur chemin commun. Dans une tribune publiée cette semaine par le quotidien « Frankfurter Allgemeine Zeitung », ils affirment avoir encore de nombreux projets. Leur ambition est de « façonner activement » les transformations sociales. Pour que la société accepte le progrès, il faut « construire des ponts et intégrer des perspectives transpartisanes », soulignent-ils. La coalition veut ouvrir des perspectives de progrès intégrant plusieurs points de vue.
A.L.

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