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Combien coûte la politique étrangère ? Le point sur le budget du ministère fédéral des Affaires étrangères

Pièces en euros et aigle fédéral

Pièces en euros et aigle fédéral, © picture alliance / chromorange

10.01.2023 - Article

​​​​​​​Le budget fédéral 2023 prévoit 7,475 milliards d’euros pour le ministère fédéral des Affaires étrangères. Cela semble beaucoup, mais cette somme ne représente « que » 1,57 % de l’ensemble du budget du gouvernement fédéral. Lisez ici à quelles fins cet argent est employé dans le monde.

La guerre en Ukraine et ses répercussions mondiales, la crise alimentaire qu’elle vient exacerber davantage dans nombre de régions du monde et les effets dramatiques du dérèglement climatique ne sont que trois exemples des multiples défis auxquels la politique étrangère allemande doit également faire face en 2023. À cela s’ajoute une dizaine de foyers régionaux de crise. Ainsi, les domaines de l’aide humanitaire, de la prévention des crises et de la stabilisation constituent‑ils cette année aussi des éléments importants du travail du ministère fédéral des Affaires étrangères.

L’engagement en faveur de la paix et de la stabilité, une priorité politique

Le chapitre « Maintien de la paix et de la stabilité » comprend une enveloppe financière de 4 milliards d’euros, ce qui représente plus de la moitié de l’intégralité des dépenses du ministère.

La majeure partie de cette somme, 2,7 milliards d’euros au total, est consacrée à des mesures d’aide humanitaire. L’Allemagne étant le deuxième donateur mondial d’aide humanitaire, notre engagement solide dans ce domaine fait partie intégrante de la politique du gouvernement fédéral et de la responsabilité de l’Allemagne à travers le monde en matière de politique étrangère. L’Allemagne réagit ainsi également à l’ampleur et à la complexité croissantes des crises et des conflits, y compris dans le voisinage immédiat de l’Europe.

Les fonds alloués aux Nations Unies et le renforcement du multilatéralisme constituent une autre priorité en matière de dépenses. L’Allemagne paye des cotisations à l’ONU (618 millions d’euros rien que pour les contributions obligatoires) et à d’autres organisations internationales, contribuant ainsi de manière importante à la communauté de valeurs mondiale et multilatérale. Nous reconnaissons ainsi que les plus grands défis mondiaux ne peuvent être résolus que si nous agissons de concert.

Lors du débat du Bundestag sur le budget du ministère fédéral des Affaires étrangères pour l’année 2023, la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a souligné :

Nous ne serons jamais à même de défendre seuls notre paix, notre liberté et notre sécurité en Europe, de les défendre seulement avec des armes ou avec la seule diplomatie, car nous avons nous aussi besoin de la communauté internationale.   

La ministre Annalena Baerbock lors de son discours de présentation du projet budgétaire
La ministre Annalena Baerbock lors de son discours de présentation du projet budgétaire© picture alliance/flashpic

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La prévention est le meilleur moyen de consolider la paix puisqu’elle limite les souffrances et permet d’économiser des ressources. La politique étrangère allemande a donc aussi bien pour objectif de contribuer à la désescalade des conflits que d’empêcher leur résurgence. Lorsque des crises éclatent, c’est souvent parce que des personnes ne se sentent pas entendues ou représentées, et parce que les parties au conflit sont dans l’incapacité de communiquer entre elles. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne promeut le dialogue sociétal, la participation politique et l’état de droit. Il peut s’agir de l’équipe médico‑légale qui élucide les crimes de l’État islamique ou d’un projet qui encourage la participation politique de minorités. Un total de 565 millions d’euros est disponible dans le cadre de la prévention des crises, de la stabilisation et de la promotion de la paix afin d’empêcher les crises et d’appuyer une paix stable. 

Une dizaine de mesures supplémentaires viennent compléter ces domaines prioritaires. L’Allemagne s’emploie ainsi à renforcer la sécurité et la stabilité dans le monde avec des mesures de désarmement, de contrôle des armements et de non‑prolifération d’un montant de 67 millions d’euros, qui visent à préserver et, le cas échéant, à développer l’architecture de désarmement et de contrôle des armements existante. Le détachement d’expertes et d’experts civils via le Centre pour les missions internationales de paix (ZIF) est appuyé à hauteur de 35 millions d’euros afin d’encourager la prévention multilatérale des crises, la gestion des conflits, la démocratie, les droits humains et l’aide humanitaire.

Le ministère fédéral des Affaires étrangères accorde également une place importante à la promotion des droits humains. 20 millions d’euros lui sont consacrés pour des projets et des mesures visant par exemple à abolir la peine de mort et la torture ou à protéger les défenseuses et défenseurs des droits humains.

Promouvoir davantage l’éducation, la science et l’allemand

Comment parvenir à poser les bases d’échanges internationaux et d’une entente mutuelle, même lorsque les relations politiques deviennent difficiles ? Et comment peut‑on rapprocher les citoyennes et citoyens de différents pays en vue de nouer des relations durables ?

La diplomatie culturelle et éducative se penche précisément sur ces questions. De la restauration de temples historiques en Asie aux jumelages avec des villes baltes, en passant par l’Année de l’Allemagne aux États‑Unis et les plus de 140 écoles allemandes à l’étranger, elle constitue le troisième pilier de la politique étrangère allemande, aux côtés des relations politiques et économiques avec les différents pays. L’importance qui lui est accordée se reflète également dans le budget 2023 puisque 1,072 milliard d’euros lui sont alloués.

L’accent est mis sur l’enseignement allemand à l’étranger, les activités de promotion de la langue allemande et l’action culturelle du Goethe‑Institut, les programmes de bourses de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) et de la Fondation Alexander von Humboldt, ainsi que sur un vaste réseau d’acteurs culturels et scientifiques du monde entier. La communication stratégique gagne elle aussi en importance afin de contrer le recours massif à la propagande et à la désinformation, notamment par la Russie.

Pour le travail de l’Institut allemand d’archéologie (DAI), une autorité subordonnée au ministère fédéral des Affaires étrangères ainsi qu’un des instituts de recherche allemands les plus renommés au monde, 45 millions d’euros seront débloqués en 2023.

Talents issus des quatre coins du monde : immigration de main‑d’œuvre qualifiée

L’Office fédéral des Affaires étrangères (BfAA) a commencé ses travaux le 1er janvier 2021. Il est notamment chargé de la gestion des biens immobiliers, des prestations centralisées, de l’enseignement allemand à l’étranger, de la gestion des subventions et de questions relatives au personnel. Le traitement en Allemagne des demandes de visa, en particulier en matière d’immigration de main‑d’œuvre qualifiée, constitue une autre priorité à l’importance croissante en 2023. Pour s’atteler à ces missions, quelque 54 millions d’euros sont alloués au BfAA.

Dépenses administratives et de personnel

Les collaboratrices et collaborateurs du ministère fédéral des Affaires étrangères sont actifs dans le monde entier, qu’il s’agisse de gérer d’importantes crises mondiales ou d’effectuer de « petites » missions d’assistance consulaire d’urgence. 12 000 d’entre eux travaillent au quotidien, dans 226 représentations à l’étranger ainsi que dans l’administration centrale du ministère, à la mise en œuvre des objectifs de la politique étrangère allemande. Pourtant, les dépenses administratives, de personnel et de matériel du ministère fédéral des Affaires étrangères représentent moins d’un quart (1,7 milliard d’euros) de la totalité du budget de ce dernier.

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