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Brexit : l’Allemagne espère le maintien d’un « partenariat spécial »

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, © PA Wire

16.12.2019 - Article

La victoire du Premier ministre conservateur Boris Johnson à Londres a rendu probable un Brexit effectif au 31 janvier 2020.

L’Allemagne a salué la clarification apportée en fin de semaine dernière par la victoire des conservateurs britanniques aux élections législatives dans le dossier du « Brexit ». Désormais à la tête d’une majorité absolue au Parlement de Westminster, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, souhaite faire ratifier avant Noël l’accord négocié avec l’Union européenne (UE). Cela permettrait la sortie effective du Royaume-Uni de l’UE au 31 janvier 2020 et l’entrée dans une période transitoire de redéfinition de leurs relations. L’Allemagne, des entreprises aux responsables politiques, souhaite la perpétuation d’un lien fort entre le Royaume-Uni et le continent.

« Boris Johnson a désormais un mandat clair pour parachever le Brexit », a commenté le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. « Nous pourrons alors regarder à nouveau vers l’avenir. C’est urgent car il importe maintenant de façonner notre avenir ensemble. Nous voulons que la Grande-Bretagne demeure un proche partenaire après le Brexit, aussi bien sur le plan économique qu’en matière de politique étrangère et de sécurité. »

Si le Royaume-Uni quitte l’UE le 31 janvier sur la base d’un accord, la législation européenne ne cessera pas du jour au lendemain de s’appliquer. Elle restera encore largement en vigueur pendant une période transitoire d’un à deux ans (au maximum) qui doit permettre aux entreprises, aux administrations et aux particuliers de s’adapter. Mais ce laps de temps doit aussi, et surtout servir au Royaume-Uni et à l’Union européenne à définir leurs futures relations.

« L’enjeu primordial est aujourd’hui d’élaborer avec la Grande-Bretagne de futures relations qui soient étroites, équilibrées et équitables »,

a ainsi souligné Heiko Maas.

Les Européens vont continuer à négocier « avec enthousiasme et dans la plus grande unité » dans « l’esprit de conserver avec la Grande-Bretagne un partenariat spécial », a également dit Angela Merkel. Selon la chancelière, « la Grande-Bretagne va devenir un pays tiers, mais elle restera un pays avec lequel nous conservons beaucoup, beaucoup de liens ».

Perpétuer des liens étroits est également ce que souhaitent les entreprises allemandes. Soulagé de voir s’éloigner les incertitudes liées au Brexit, le « patron des patrons » allemands, Ingo Kramer, a immédiatement appelé à « tout mettre en œuvre pour conserver un lien étroit de la Grande-Bretagne à l’UE ». À ses yeux, cela passe notamment par « la garantie d’un échange de marchandises sans entraves et par la mobilité de la main-d’œuvre ».

La fédération allemande de la construction mécanique VDMA fait la même analyse. « L’UE et la Grande-Bretagne doivent maintenant travailler d’arrache-pied à élaborer un accord de libre-échange » afin d’éviter le retour des incertitudes, estime-t-elle.

En revanche, pas d’inquiétude quant aux répercussions du Brexit sur l’emploi. « Le volume du commerce extérieur avec la Grande-Bretagne n’est pas décisif au point d’entraîner de graves conséquences sur le marché du travail », estime Detlef Scheele. Le président de l’Agence allemande pour l’emploi (BA) redoute tout au plus « un léger rebond du chômage à court terme dû à la conjonction du ralentissement conjoncturel et du Brexit ».

A.L.

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