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La Russie et la Turquie : deux partenaires essentiels et difficiles à l’ordre du jour de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas est parti à Zagreb

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas est parti à Zagreb, © Janine Schmitz/photothek.net

06.03.2020 - Article

Depuis hier, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas et ses homologues discutent à Zagreb dans le format informel dit « Gymnich » de stratégies communes face à la Russie et la Turquie. Aujourd’hui il est également question de la situation en Syrie.

La rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE hier et aujourd’hui en Croatie porte principalement sur des questions très pressantes concernant la situation en Syrie et à la frontière entre la Turquie et la Grèce, mais aussi sur des consultations fondamentales en lien avec les relations entre la Russie et l’UE. Deux fois par an, le pays assurant la présidence du Conseil de l’UE organise une rencontre durant laquelle les ministres échangent de manière informelle ; c’est ce que l’on appelle le format Gymnich. Il ne s’agit pas là de décisions formelles, mais d’un cadre délibérément plus informel et d’un échange de réflexions en toute liberté, y compris sur des stratégies à long terme. Dans le format Gymnich, les ministres des Affaires étrangères se réunissent seuls, sans leurs conseillers.

Russie : une coopération sélective malgré des divergences

La Russie est le plus grand voisin de l’UE. Cependant, le partenariat avec l’Europe est difficile dans de nombreux domaines et la politique étrangère de la Russie pose de plus en plus de défis à l’Europe. Cela concerne par exemple l’annexion de la Crimée en violation du droit international, l’abattage du vol MH-17 et l’influence de la Russie en Syrie. Dans le même temps, l’Allemagne et l’UE ne peuvent résoudre les problèmes internationaux urgents – comme le contrôle des armements et le changement climatique – qu’en travaillant de concert avec la Russie ; une coopération sélective et une position commune de l’UE sont donc nécessaires. Aujourd’hui à Zagreb, les ministres des Affaires étrangères de l’UE veulent procéder à une évaluation approfondie pour voir où cette position prévaut et où elle peut encore être renforcée.

Turquie : un ancrage à l’Ouest est dans l’intérêt fondamental de l’UE

La Turquie est un autre voisin tout aussi important et difficile de l’UE. Il y a actuellement de nombreux défis aigus tels que le gaz, l’état de droit ainsi que le sujet très actuel de la situation aux frontières. L’objectif commun de l’UE reste l’ancrage de la Turquie à l’Ouest. Avant de s’envoler pour Zagreb, Heiko Maas a déclaré au sujet de la situation à la frontière entre la Turquie et la Grèce : « Il est maintenant important que nous ne laissions pas la Grèce seule ; nous devons trouver une réponse européenne. L’UE doit continuer à soutenir financièrement et de manière accrue la Turquie en termes d’accueil de réfugiés et de migrants. Mais nous attendons tout aussi clairement de la Turquie qu’elle respecte en contrepartie la déclaration UE-Turquie. »

Syrie : une offre de 100 millions d’euros faite à l’ONU

La situation dramatique en Syrie jouera également un rôle central lors des consultations des ministres des Affaires étrangères. Aujourd’hui, Heiko Maas s’entretiendra avec ses collègues dans le cadre d’une réunion extraordinaire du Conseil des affaires étrangères de la manière dont l’Europe peut redoubler d’efforts pour que les combats cessent et pour assurer un approvisionnement suffisant de la société civile. Au début de son déplacement, il a déclaré : « Lors de nos discussions avec les Nations Unies, nous avons proposé de débloquer 100 millions d’euros supplémentaires afin d’assurer l’hébergement et l’approvisionnement des personnes en détresse à Idlib. Mais les conditions sont claires : l’accès humanitaire et la protection des travailleurs humanitaires ainsi que de la population doivent être garantis. » Heiko Maas exige un cessez-le-feu immédiat ainsi que l’approvisionnement du million de personnes déplacées. Il a également indiqué que la Russie devait faire pression sur le régime de Bachar el-Assad pour que les attaques contre les hôpitaux et les écoles cessent et que les organisations humanitaires puissent bénéficier d’un accès transfrontalier afin d’atteindre les personnes dans le besoin.

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