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Angela Merkel : « je crois en l’Europe »

La chancelière Angela Merkel mercredi 8 juillet devant le Parlement européen à Bruxelles

La chancelière Angela Merkel mercredi 8 juillet devant le Parlement européen à Bruxelles, © dpa

09.07.2020 - Article

La chancelière allemande a présenté mercredi les priorités de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne (UE) aux députés européens. Plus que jamais, elle a appelé à la coopération au moment où l’Europe traverse « la plus grande épreuve de son histoire ».

C’était son premier voyage officiel depuis le début de la pandémie, et la destination n’avait pas été choisie au hasard. Une semaine après le début de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne (UE), la chancelière Angela Merkel s’est rendue à Bruxelles mercredi. Avec ferveur et conviction, elle a exposé au Parlement européen ses priorités pour les six mois à venir. Son message : la solidarité importe plus que jamais à l’heure où l’Union européenne (UE) est confrontée avec la crise du Covid-19 à la « plus grande épreuve de son histoire ».

Droits fondamentaux

« Je crois en l’Europe », a-t-elle affirmé. « L’Europe ne relève pas seulement d’une transmission, d’un destin qui nous oblige. C’est quelque chose de vivant que nous pouvons façonner et modifier. Elle ne nous prive pas de marges de manoeuvre, elle nous en donne au contraire dans un monde globalisé ».

Les priorités de la présidence allemande sont au nombre de cinq. La première est la défense des droits fondamentaux. La pandémie a contraint les Etats à restreindre provisoirement les droits les plus élémentaires « pour lesquels des générations se sont battues âprement en Europe ». Mais elle « ne doit jamais devenir le prétexte à l’abrogation de principes démocratiques », a souligné la chancelière.

La « conquête des droits fondamentaux nous unit en Europe », a rappelé celle qui a passé 35 années derrière le Rideau de Fer. « Une démocratie dans laquelle les voix de l’opposition sont indésirables, une démocratie dans laquelle la diversité sociale, culturelle ou religieuse est indésirable, n’en est pas une. »

Cohésion

La deuxième grande priorité sera la cohésion. « Nous ne sortirons renforcés de cette crise que si nous sommes prêts à trouver des solutions communes par-delà nos différences, et si nous sommes disposés à regarder le monde avec les yeux d’autrui », a dit Angela Merkel. « Personne ne sortira seul de cette crise. Nous sommes tous vulnérables ».

La chancelière a appelé les députés à la soutenir dans ce sens. « Aidez-nous à approfondir la compréhension mutuelle. Aidez-nous à renforcer la cohésion de l’Europe », a-t-elle lancé dans l’hémicycle. « Nous voulons une Europe qui donne de l’espoir. (…) Nous voulons un nouveau départ pour l’Europe ».

Ce nouveau départ passera également par des décisions financières. Le plan de relance de 750 milliards d’euros proposé par la Commission européenne sur la base d’une initiative franco-allemande et la répartition des 1,1 milliard d’euros du cadre financier pluriannuel (le « budget » de l’Europe) seront à l’ordre du jour d’une réunion des dirigeants européens les 17 et 18 juillet. La chancelière les a appelés au compromis. « Nous n’avons pas de temps à perdre », a-t-elle dit, sinon ce sont les plus faibles qui en pâtiront.

« La dimension sociale, j’en suis convaincue, est aussi déterminante que l’économie », a-t-elle ajouté. « Une Europe juste sur le plan social et économique est décisive pour la cohésion démocratique. » Car « ne soyons pas naïfs. Dans de nombreux Etats membres, les opposants à l’Europe sont impatients d’exploiter la crise à leur profit. Nous devons leur montrer à tous où se situe la valeur ajoutée de l’Europe. Nous devons montrer que le retour au nationalisme ne signifie pas davantage, mais moins de contrôle, et que seule l’action commune en tant qu’Europe nous protège et nous renforce ».

Climat, numérique, rôle de l’UE dans le monde

La présidence allemande du Conseil de l’Union européenne, toutefois, ne se concentrera pas uniquement sur la gestion de la crise sanitaire et de ses multiples conséquences. La chancelière a cité trois autres grandes priorités pour préparer l’avenir : la changement climatique, la transition numérique et le renforcement de la politique étrangère européenne. Elle a apporté son soutien au Pacte vert (« Green Deal ») proposé par la Commission européenne, et s’est prononcée pour que l’objectif de la neutralité carbone soit inscrit dans le droit avec un objectif intermédiaire d’une baisse des émissions de 50 à 55 % d’ici à 2030.

Elle a, par ailleurs, appelé l’Europe à accroître sa souveraineté numérique et la transparence pour protéger la démocratie des cyberattaques et des campagnes de désinformation. La numérisation, a-t-elle également admis, « fait peur à beaucoup de gens ». Mais c’est « une transformation nécessaire de notre société qui nous offrira plus de protection et de durabilité ».

A.L.

Plus d’informations :

Lire le discours de la chancelière Angela Merkel devant le Parlement européen (en allemand)

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