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Se comprendre en Europe

L’EU Council Presidency Translator traduit en 24 langues

L’EU Council Presidency Translator traduit en 24 langues, © Adobe Stock/nito

03.08.2020 - Article

Textes, documents, sites Internet : des chercheurs ont développé un outil de traduction en ligne pour la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne.

Ce sont des aides précieuses pour les sujets complexes dans une langue étrangère ou, plus simplement, pour mieux se comprendre : les services de traduction en ligne simplifient la vie quotidienne. Le Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle (DFKI) a élaboré un nouvel outil de traduction avec des partenaires. Baptisé EU Council Presidency Translator, il a été créé pour la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne. Il traduit des textes, des documents et des sites Internet dans les 24 langues de l’Union européenne (UE). Les professeurs Joseph van Genabith et Stephan Busemann dirigent le projet au DFKI. Dans cette interview, ils décrivent comment l’outil fonctionne et pourquoi se produisent parfois d’amusants malentendus.

Professeur Busemann, Professeur van Genabith, quelle est la particularité de l’EU Council Presidency Translator ?

Les professeurs du DFKI Josef van Genabith (à gauche) et Stephan Busemann
Les professeurs du DFKI Josef van Genabith (à gauche) et Stephan Busemann© Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle (DFKI)
Josef van Genabith : Ce système de traduction automatique utilise quatre outils de traduction numériques différents : DeepL, Tilde, eTranslate et les systèmes développés par le DFKI. Chacun de ces outils a ses propres atouts. Outre des mots et des phrases, les utilisateurs peuvent aussi télécharger des documents complets au format Word ou Powerpoint et les faire traduire dans le même format. L’outil traduit aussi n’importe quel site Internet dans l’une des 24 langues officielles de l’UE, là aussi dans le visuel utilisé par le site.

Stephan Busemann : Avec ce projet, nous démontrons que nos systèmes sont d’une grande actualité. Cela prouve que l’Allemagne et l’Europe comptent parmi les leaders de l’intelligence artificielle dans le monde. Nos technologies ont été développées en Europe et c’est là également que se trouvent les serveurs. C’est un gros avantage en matière de sécurité.

L’Allemagne et l’Europe comptent parmi les leaders de l’intelligence artificielle dans le monde.
Stephan Busemann, DFKI

Qui utilise l’EU Council Presidency Translator ?

Josef van Genabith : Chacun peut faire traduire n’importe quelle phrase d’une langue officielle dans l’une des 23 autres langues européennes. Comparé à d’autres fournisseurs, certains systèmes de l’outil de traduction sont en outre spécialisés dans tous les sujets touchant à l’Union européenne et à la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne. Les services de traduction des ministères utilisent notre outil pour leur travail quotidien. Les systèmes DFKI et Tilde sont conçus à leur intention notamment. Il s’agit par exemple de traduire toujours de la même manière certains mots et formulations. L’outil fournit une ébauche de traduction que le traducteur humain améliore.

Comment enseignez-vous cela au Council Presidency Translator ?

Josef van Genabith : C’est un processus permanent. Notre outil de traduction est sans cesse alimenté avec des données. Plus il dispose de mots et de formules correctement traduits, meilleure sera sa traduction. On peut établir une comparaison avec les sportifs : plus ils s’entraînent, plus ils sont performants. Notre outil de traduction apprend de chaque erreur qu’il fait.

Quand cet outil touche-t-il à ses limites ?

Stephan Busemann : Des résultats amusants peuvent apparaître quand le nom du chancelier autrichien Sebastian Kurz (« kurz » signifiant « court ») se trouve dans un texte. Si son nom de famille vient au début d’une phrase allemande, l’outil le traduit souvent comme un adjectif. Mais les technologies se développent en permanence et nous sommes convaincus que des erreurs comme celle-ci n’apparaîtront bientôt plus. 

Josef van Genabith : Les systèmes ont encore des difficultés avec les connexions textuelles entre deux ou plusieurs phrases car pour l’instant, ils traduisent chaque phrase séparément. Dans nos laboratoires, nous travaillons déjà avec des systèmes capables de reconnaître ces connexions. Par ailleurs, les systèmes de traduction automatique conçus pour certains besoins ont un point faible :  leurs traductions ne conviennent guère à d’autres sujets.  Nous voulons améliorer ce point.

Les traducteurs humains doivent-ils craindre de perdre leur travail ?

Josef van Genabith : Non, ce n’est pas ce que nous croyons. Si nous excluions les traducteurs humains, nous serions dépendants des résultats des outils de traduction automatique. Personne ne le souhaite. Mais la formation et le mode de travail évolueront. Demain, les traducteurs travailleront davantage avec les technologies numériques. Leur formation doit être étendue à ces composantes. Il y a un intérêt pour nos outils et les traducteurs se mobilisent très largement pour collecter des données, tester et évaluer les systèmes. Nous constatons que les traducteurs humains sont très ouverts aux nouvelles technologies et collaborent avec leurs collègues dans les ministères pour développer le Presidency Translator.

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