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Quelles relations futures avec le Royaume-Uni ?

La chancelière Angela Merkel au Conseil européen

La chancelière Angela Merkel au Conseil européen, © BELGA

16.10.2020 - Article

Pour la deuxième fois ce mois-ci, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont réunis jeudi et vendredi à Bruxelles. Un thème crucial de ce Conseil européen était le Brexit.

Pour la deuxième fois ce mois-ci, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont réunis jeudi et vendredi à Bruxelles. Un thème crucial de ce Conseil européen était le Brexit. La situation actuelle de la pandémie de Covid-19, la politique climatique et les relations avec l’Afrique étaient également à l’ordre du jour.

Comme à l’accoutumée, les membres du Conseil européen ont commencé par échanger avec le président du Parlement européen, David Sassoli. Du fait de la pandémie de coronavirus, la rencontre a eu lieu une nouvelle fois dans le respect de normes d’hygiène et d’un dispositif de sécurité stricts.

Négociations avec le Royaume-Uni

A moins de trois mois de la fin de la phase de transition du Brexit, les relations entre l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni étaient le point central de l’ordre du jour. Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a informé les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’état des négociations.

Ces derniers ont exprimé leur préoccupation de n’observer aucun progrès suffisant sur les questions essentielles de la négociation. Bruxelles et Londres discutent, en particulier, des conditions en matière de concurrence, la pêche et la gouvernance. Les 27 ont toutefois réaffirmé dans leurs conclusions que « l'UE [était] déterminée à avoir un partenariat aussi étroit que possible avec le Royaume-Uni. »

« Nous avons demandé à la Grande-Bretagne de rester ouverte au compromis, dans le sens de l’accord [conclu avec l’UE] », a déclaré la chancelière Angela Merkel. « Cela implique aussi naturellement que nous devons faire des compromis ».

Chaque partie a ses lignes rouges, a-t-elle ajouté. « Il importe à nos yeux que l’Irlande puisse continuer à vivre en paix et de garantir le marché intérieur ». Dans leur communiqué les Européens chargent Michel Barnier de poursuivre les négociations.
Etant donné la situation dans le monde, il serait « bon et utile » pour les deux parties de parvenir à un accord, a ajouté la chancelière. Mais si tel n’est pas le cas, nous pourrons nous en passer.

Les relations futures avec le Royaume-Uni – pourquoi est-ce important ?

Le 1er janvier 2021 s’achève la phase de transition définie dans l’accord de retrait : le Royaume-Uni quittera l’UE après presque cinq décennies. Étant donné les liens tissés au fil des ans, l’UE entend conserver un vaste partenariat avec le Royaume-Uni. Les relations multiples « montrent qu’il est dans l’intérêt de tous d’aboutir à un accord », a souligné la chancelière cette semaine. « L’UE est unie dans ses efforts visant à y parvenir dans le peu de temps qui nous est imparti. »

Développement d’un vaccin contre la Covid-19

Le Conseil européen s’est, par ailleurs, accordé sur un renforcement de la coopération européenne face à la pandémie de Covid-19, à l’heure où le nombre de contaminations augmente fortement en Europe. Il s’agit de mieux coordonnerles mesures de quarantaine, le traçage transfrontalier des cas contacts, les stratégies de dépistage, le développement d’un vaccin ainsi que les restrictions aux voyages.

La lutte contre la pandémie constitue un défi majeur pour tous les chefs de gouvernement de l’UE à l’heure où l’hiver approche, a souligné Angela Merkel. « La question de savoir comment sortir de cette pandémie sera décisive pour la santé de beaucoup de gens », pour la mortalité comme pour la résilience de notre économie.

Échange sur le cadre européen énergie-climat

Jeudi soir, les 27 ont, par ailleurs, abordé la politique climatique. Il a été question des progrès à réaliser pour atteindre l’objectif européen de neutralité carbone à l’horizon 2050. Les 27 ont discuté de la proposition faite par la Commission européenne de réduire les émissions européennes d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport à 1990.
Selon la chancelière Angela Merkel, il y a une volonté largement partagée d’avancer sur cette voie. « Nous allons encore discuter intensivement d’ici au mois de décembre, mais le message de départ est positif : nous avons besoin de renforcer nos efforts en matière de protection climatique, de fixer des objectifs ambitieux et j’espère que nous y parviendrons en décembre », a-t-elle dit.

Une politique climatique européenne commune – pourquoi est-ce important ?

Ce n’est qu’avec l’UE et en son sein que l’Allemagne pourra avoir une influence décisive sur la situation climatique mondiale. Avec son pacte vert, le « European Green Deal  », l’UE entend devenir en 2050 le premier continent climatiquement neutre. Il faut faire progresser et aménager cette politique ensemble. La chancelière fédérale Angela Merkel est convaincue « qu’une solution globale pour lutter contre le changement climatique sera surtout couronnée de succès si l’Europe joue un rôle de pionnier dans ce domaine ».

Relations avec l’Afrique

En matière de politique étrangère, le Conseil européen devait aborder ce vendredi les relations entre l’UE et l’Afrique. Les chefs d’État et de gouvernement devaient notamment évoquer les possibilités de développement d’un agenda commun tourné vers l’avenir – particulièrement en cette période de crise sanitaire.

Ils devaient parler de solidarité et de coopération dans la lutte contre la pandémie, mais aussi d’un rapprochement dans le travail avec les partenaires africains afin de promouvoir un développement et des investissements économiques durables.

Ils devaient, enfin, discuter du soutien européen à apporter aux efforts de l’Afrique dans des domaines tels que la paix, la sécurité, la bonne gouvernance, la protection des droits de l’homme et la coopération en matière de mobilité et de migration.

Une politique européenne commune vis-à-vis de l’Afrique – pourquoi est-ce important ?

L’Afrique et l’Europe, si elles sont des continents voisins, sont liées bien au-delà du simple plan géographique. L’UE a profondément intérêt au bon développement des 54 pays d’Afrique. Il s’agit selon la chancelière fédérale « d’envisager l’Afrique en tant que continent d’avenir et de concevoir nos relations sous forme de partenariat ».

Mercredi 14 octobre 2020 (Gouvernement fédéral) / Actualisé le 16 octobre 2020 (Allemagne Diplo/ A.L.)

Plus d’informations :

Conclusions du Conseil européen du 15 octobre 2020 sur les relations avec le Royaume-Uni (en français)
Conclusions du Conseil européen sur la COVID-19 et le changement climatique (en français)

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