Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

« Envoyer des messages positifs »

L’Allemand Dominic Samuel Fritz

L’Allemand Dominic Samuel Fritz , © Privé

19.10.2020 - Article

Un maire européen pour une ville européenne : l’Allemand Dominic Fritz vient d’être élu à la tête de la ville de Timișoara, en Roumanie.

Cette élection est une petite sensation : dans l’ouest de la Roumanie, les habitants de la ville de Timișoara (Temeswar en allemand) ont élu maire l’Allemand Dominic Samuel Fritz. Dominic Fritz n’est pas roumain et n’a pas de racines familiales dans la ville. Âgé de 36 ans, il est originaire de la Forêt-Noire et a simplement fait usage de son droit, en tant que citoyen européen, d’être candidat aux élections municipales là où il vit. C’est en 2003, pendant son année de volontariat social, qu’il est venu pour la première fois à Timișoara, la troisième ville roumaine, où il a alors travaillé dans un orphelinat. Il a succombé au charme de la ville et a appris le roumain. Depuis, il n’a cessé de revenir à Timișoara, est devenu le parrain des enfants de « ses » enfants à l’orphelinat, a fondé une chorale gospel... En Allemagne, ce politologue spécialiste de l’administration publique s’est engagé chez les Verts. Pour son dernier poste en Allemagne, il dirigeait le bureau de l’ex-président fédéral Horst Köhler. Dominic Fritz a donné sa démission en 2019 et vit depuis à Timișoara. Il a été candidat aux élections municipales pour le parti réformiste « Union Sauvons la Roumanie » et a d’emblée obtenu 55 % des voix le 27 septembre 2020.

M. Fritz, vous êtes Allemand et venez d’être élu maire de la ville roumaine de Timișoara. Que pouvez-vous apporter à la ville ?

Nous pouvons réaliser un projet d’avenir qui renoue avec le passé et les valeurs locales. Timișoara est une ville aux racines multiculturelles. De nombreuses innovations ont vu le jour ici parce qu’on y trouve une grande diversité née des perspectives très différentes auxquelles les gens sont confrontés.

Fêter la victoire le soir des élections à Temesvar
Fêter la victoire le soir des élections à Temesvar © Constantin Duma

Je n’apporte pas de recettes miracles à Timișoara. Mon objectif est de faire fructifier les ressources et les énergies, et même les valeurs et les traditions parfois oubliées qui existent ici. Le fait que Temesvar, une ville résolument européenne, ait maintenant un maire européen ouvre de nouvelles portes aux investissements, au tourisme, à la coopération dans la science et la recherche. Mon parcours aussi peut être utile en la matière.

Parmi les Souabes du Banat, une minorité allemande de la région, beaucoup n’y vivent plus. Ressent-on néanmoins à Timișoara une certaine proximité avec l’Allemagne – et cela vous a-t-il aidé ?

Le Forum des Souabes du Banat m’a effectivement officiellement soutenu pendant la campagne électorale. Cela a certainement fait la différence pour certains. L’attitude est amicale envers les Allemands. Le président roumain Klaus Johannis était autrefois président du Forum des Allemands en Roumanie et a longtemps été maire de Sibiu (Hermannstadt en allemand). De nombreux Roumains ont fréquenté l’École allemande qui a accueilli deux futurs Prix Nobel. De nombreuses entreprises allemandes ont investi ici parce qu’elles y trouvent des collaborateurs qui parlent naturellement l’allemand. Ce n’était donc pas une grosse affaire pour Timișoara que je sois allemand. Cela correspond bien à l’identité de la ville.

Quels sont vos projets ?

Nous voulons notamment faire de Timișoara une capitale européenne de la culture en 2023. Elle devait l’être en 2021 mais nous avons reporté ce projet de deux ans en raison du coronavirus. Un autre projet concerne le canal Bega qui traverse Timișoara et un grand nombre de canaux de drainage autour de la ville : nous voulons les revégétaliser et en faire un grand réseau aquatique naturel. Les bonnes idées sont légion pour refaire de la ville un site innovant. De premières entreprises qui pensent investir ici nous ont déjà appelé. Ce sont des messages positifs comme ceux-là que je voudrais envoyer.

© www.deutschland.de

Retour en haut de page