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« Nous prenons très au sérieux la perspective d’adhésion de tous les États des Balkans occidentaux à l’UE »

15.03.2021 - Article

C’est ce qu’a déclaré le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, suite à des entretiens avec ses homologues albanais, serbe et de Bosnie-Herzégovine.

En diplomatie aussi, un échange à l’écran ne peut remplacer que partiellement les rencontres en personne. C’est pourquoi le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, a accueilli début mars à Berlin, naturellement dans le respect des restrictions sanitaires liées à la pandémie, son homologue serbe, Nikola Selaković, ainsi que son homologue de Bosnie-Herzégovine, Bisera Turković. Il s’est par ailleurs entretenu par téléphone avec la nouvelle ministre albanaise des Affaires étrangères, Olta Xhaçka. Parallèlement, le ministre adjoint Michael Roth a discuté en visioconférence avec le ministre monténégrin des Affaires étrangères, Đorđe Radulović, un échange qui s’inscrit dans le prolongement de la première visite officielle à Berlin de ce dernier en début d’année.

La place de la Serbie, qui s’est fixé des objectifs de réforme ambitieux et nécessaires, est dans l’UE

Heiko Maas aux côtés de son homologue serbe, Nikola Selaković
Heiko Maas aux côtés de son homologue serbe, Nikola Selaković © Xander Heinl/photothek.de

Toutes les discussions ont montré que la pandémie de Covid-19 reste l’un des grands défis auxquels sont confrontés tous les pays d’Europe, et que celle-ci ne pourra être durablement vaincue que si nous échangeons étroitement les uns les autres, nous soutenons mutuellement et trouvons des pistes de solution communes. À cet égard, tous les ministres étaient d’avis que la campagne de vaccination doit aller plus vite et que ce sera d’ailleurs prochainement le cas. À ce sujet, lors des conférences de presse ayant suivi ces entretiens, Heiko Maas a déclaré (extraits) :

« D’aucuns critiquent la Serbie pour avoir accepté des vaccins de la Russie et de la Chine. Je ne le fais pas et cela ne m’appartient pas. Ces derniers jours, l’annonce que la Chine a promis de livrer des vaccins dans 46 pays et qu’elle veut produire plus de deux milliards de doses de vaccin cette année a provoqué un tollé en Allemagne. Si l’on regarde de près les chiffres, je trouve que dans l’UE, nous ferions mieux de parler du fait que

  • COVAX, l’initiative internationale en matière de vaccins dont nous sommes le premier contributeur, fournira des vaccins à plus de 140 pays d’ici fin mai ;
  • COVAX s’est procuré plus de 3 milliards de doses de vaccin pour cette année ;
  • un euro sur cinq du dispositif COVAX vient d’Allemagne et un euro sur trois de l’UE ;
  • rien que d’ici mai, COVAX aura livré plus d’un million de doses de vaccin dans les Balkans occidentaux, dont 300 000 en Serbie et 130 000 en Bosnie-Herzégovine.
  • Et pour aider les pays des Balkans occidentaux à surmonter les conséquences économiques de la pandémie, l’Union européenne a élaboré des programmes de soutien dotés d’un montant total de 12 milliards d’euros. »

Tout cela souligne une fois de plus que l’Allemagne prend très au sérieux la perspective d’adhésion de tous les États des Balkans occidentaux à l’UE. Et au final, il est impossible d’atteindre pleinement une « souveraineté stratégique » de l’Europe si l’on n’associe pas étroitement les pays des Balkans occidentaux à l’Union européenne. Par conséquent, il est et demeure important pour ces pays de continuer à emprunter la voie du rapprochement avec l’UE, sur la base de réformes nationales audacieuses.

Négociations d’adhésion avec le Monténégro : des efforts de réforme en matière d’État de droit au centre des préoccupations

Le ministre adjoint Michael Roth en visioconférence avec le ministre monténégrin des Affaires étrangères, Đorđe Radulović
Le ministre adjoint Michael Roth en visioconférence avec le ministre monténégrin des Affaires étrangères, Đorđe Radulović © Ministère fédéral des Affaires étrangères

À cet effet, il existe depuis 2014 un important format complémentaire, appelé le « processus de Berlin », qui, cette année, sera de nouveau organisé par l’Allemagne. Cela fait déjà depuis 2014 que le processus de Berlin appuie le rapprochement politique, économique et des sociétés civiles entre les Balkans occidentaux et l’UE.

Ce processus inclut des mesures très concrètes telles que la mise en place de l’Office régional de coopération pour la jeunesse des Balkans occidentaux (RYCO) et d’un marché régional commun, ou encore des travaux préparatifs pour pouvoir voyager sans passeport.

Prochaine étape clé pour l’Albanie et la Macédoine du Nord : premières conférence d’adhésion avec l’UE

Car tel est l’enjeu : créer une solidarité basée sur des gestes quotidiens pour tous les habitants des Balkans occidentaux.

Les citoyennes et citoyens de Pristina, Skopje et Tirana doivent non seulement lire et entendre, mais aussi voir et sentir de manière très concrète que les 27 pays membres de l’UE sont très sérieux lorsqu’ils parlent d’une Europe qui instaure la paix et la liberté de circulation et qui crée des emplois et la prospérité.

Signe de l’engagement pour la Bosnie-Herzégovine : la candidature de Christian Schmidt au poste de haut représentant

Heiko Maas aux côtés du député allemand Christian Schmidt et de la ministre des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine, Bisera Turković (de droite à gauche)
Heiko Maas aux côtés du député allemand Christian Schmidt et de la ministre des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine, Bisera Turković (de droite à gauche)© Florian Gaertner/photothek.net

Ainsi, même 25 ans après l’Accord de paix de Dayton, le gouvernement fédéral a toujours pour objectif d’accompagner étroitement, en tant qu’ami, la Bosnie-Herzégovine « de Dayton à Bruxelles ». Le gouvernement de Bosnie-Herzégovine, pays situé au cœur de l’Europe, rejoint également cet objectif, comme le fait de nouveau depuis quelques semaines de manière engagée la nouvelle administration américaine. Dans ce contexte, la candidature du député allemand Christian Schmidt traduit la volonté du gouvernement fédéral d’accompagner cet important processus « de Dayton à Bruxelles », d’autant plus qu’il est judicieux et essentiel, pour des raisons diverses, de maintenir la fonction du haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine.

Parallèlement aux entretiens du chef de la diplomatie allemande et du ministre adjoint Michael Roth, le représentant spécial de l’UE pour le dialogue entre Belgrade et Pristina, Miroslav Lajčák, s’est rendu début mars dans la région pour des entretiens. Et quelques jours avant seulement, le département d’État américain a réaffirmé le soutien des États-Unis à ce dialogue mené par l’Union européenne, dont le but est la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo ainsi qu’un accord global de reconnaissance mutuelle. L’élection de Joe Biden comme président des États-Unis offre ainsi l’opportunité de s’engager de nouveau résolument, dans les Balkans occidentaux, au niveau transatlantique en faveur de la réconciliation, de la démocratie et du développement économique.

La promesse de l’Allemagne : l’avenir des six pays des Balkans occidentaux réside dans l’Union européenne. L’Allemagne est et sera un partenaire proche pour tous les pays de cette région, y compris et surtout cette année, étant donné qu’elle accueillera le processus de Berlin. C’est de cela et de nombreux autres sujets bilatéraux et internationaux importants dont il a été question début mars durant les discussions de Heiko Maas et de Michael Roth, dans le cadre d’entretiens en personne à Berlin ou d’entretiens téléphoniques ou en visioconférence.

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