Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

L’Allemagne encourage la paix et la stabilité dans les Balkans occidentaux

La chancelière Angela Merkel, hier, à Berlin, lors d’une Conférence virtuelle sur les Balkans occidentaux en Europe

La chancelière Angela Merkel, hier, à Berlin, lors d’une Conférence virtuelle sur les Balkans occidentaux en Europe, © picture alliance/dpa/POOL AP | Michael Sohn

06.07.2021 - Article

Angela Merkel a présidé hier la 8e Conférence sur les Balkans occidentaux dans le cadre du Processus de Berlin, qu’elle a initié en 2014. L’objectif : favoriser la paix et la coopération entre les Etats de l’ex-Yougoslavie dans la perspective future d’une adhésion à l’UE.

Serbie, Montenegro, Kosovo, Albanie, Macédoine du Nord, Bosnie-Herzégovine : la chancelière Angela Merkel a présidé hier une visioconférence réunissant les dirigeants des pays des Balkans occidentaux et des dirigeants européens, dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président français, Emmanuel Macron. Il s’agissait d’évaluer les progrès et les difficultés de la coopération interétatique dans cette région issue de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, et qui aspire à se rapprocher de l’Union européenne (UE).

« Processus de Berlin »

La coopération est un élément central pour favoriser le rapprochement entre les peuples de la région, a souligné Angela Merkel. Or, l’Union européenne a des « raisons géostratégiques » de promouvoir l’entente et la réconciliation entre ces derniers. C’est pour cette raison que la chancelière avait lancé, en 2014, le « processus de Berlin ». Il s’agit d’une série de conférences qui réunit les six Etats des Balkans occidentaux ayant une perspective d’adhésion future à l’Union européenne.

Si l’on fait le bilan, « il y a eu du positif et du négatif ces dernières années », a estimé Angela Merkel. Parmi les avancées figurent « un grand nombre de réussites pratiques » : coopération dans le domaine de la formation professionnelle, meilleure reconnaissance réciproque des diplômes universitaires, intensification de la collaboration scientifique, préparation d’un Agenda Vert ou encore le développement des infrastructures de transports et d’énergie. Ces infrastructures ont fluidifié la circulation entre les Etats, y compris pour faciliter l’acheminement de matériel médical face à la pandémie.

La chancelière a également mis en avant la création d’un Office de la Jeunesse des Balkans occidentaux, et l’organisation d’un Forum de la jeunesse des Balkans occidentaux. Il s’agit, dans la droite ligne de l’exemple franco-allemand, de favoriser les échanges et les rencontres de jeunes des Etats de l’ex-Yougoslavie. L’objectif est de progresser sur le chemin de la réconciliation par-delà les différences ethniques, linguistiques et religieuses. Ces initiatives, encore impensables il y a quelques années, « travaillent de manière pratique à instaurer une coexistence pacifique à l’avenir », s’est félicitée Angela Merkel.

« Il reste du chemin à faire »

« Il reste cependant beaucoup à faire », a-t-elle néanmoins concédé. « Je suis convaincue que votre avenir, à plus ou moins long terme, se trouve réellement au sein de l’Europe unie », a-t-elle dit. Mais les dirigeants des Etats occidentaux doivent avoir de la patience. Il leur faut encore surmonter bien des sentiments de défiance et expressions de nationalisme.

« Les conflits bilatéraux peuvent toujours ressurgir », a ainsi mis en garde la chancelière. Par exemple, le conflit entre la Macédoine du Nord et la Grèce, qui portait sur le nom de « Macédoine », a été résolu. Mais des discussions se sont ouvertes entre Skopje et Bucarest. La Serbie et le Kosovo peinent à pacifier leurs relations. Et une forte instabilité continue de régner en Bosnie-Herzégovine.

La priorité, à l’heure actuelle, est la création d’un marché commun. La suppression des frais d’itinérance entre les six Etats a marqué un progrès en ce sens le 1er juillet dernier.

L’objectif stratégique reste le rapprochement des Balkans occidentaux de l’UE afin qu’ils puissent y adhérer après d’importantes réformes. Mais les six pays n’en sont pas au même point dans le processus de rapprochement avec l’UE. Certains, comme la Serbie, sont d’ores et déjà engagés dans des négociations d’adhésion avec Bruxelles. D’autres sont plus éloignés.

Par ailleurs, au sein de l’UE, certains Etats européens tels que la France et les Pays-Bas souhaitent plutôt freiner le processus. Mais le président français, Emmanuel Macron, a réaffirmé la perspective d’adhésion des Balkans occidentaux au cours de la conférence, s’est félicitée Angela Merkel.
A.L.

Plus d'informations (en allemand)

Retour en haut de page