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Heiko Maas à la réunion des ministres européens des Affaires étrangères : la situation aux frontières du Bélarus au cœur des discussions

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas à Bruxelles

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas à Bruxelles, © Janine Schmitz/photothek.de

12.11.2021 - Article

Le 12 novembre, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas s’est rendu à Bruxelles pour prendre part à la réunion mensuelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Le « Conseil des affaires étrangères » (CAE) sera suivi d’autres entretiens et réunions.

À l’ordre du jour : la situation aux frontières du Bélarus

Les ministres européens des Affaires étrangères veulent prendre des mesures concrètes en réponse aux dernières provocations du dirigeant bélarussien Alexandre Loukachenko, qui attire avec de fausses promesses des milliers de migrantes et de migrants à la frontière du Bélarus et de la Pologne ainsi que dans les États baltes pour les y abandonner dans des conditions inimaginables.

Dans une interview accordée samedi dernier au sujet des grandes attentes à l’endroit de l’Allemagne, M. Maas souligne la solidarité européenne avec la Pologne :

La Pologne n’est pas responsable de ce qui se passe actuellement à sa frontière avec le Bélarus. Le régime en place à Minsk en porte clairement la responsabilité. (...) Nous sommes pleinement solidaires avec la Pologne tout en suggérant à nos partenaires polonais notamment de faire en sorte que le HCR puisse avoir accès à la population frontalière afin de pouvoir contribuer à l’aide humanitaire.

En même temps, M. Maas insiste sur le fait que l’UE mettra tout en œuvre pour empêcher le trafic de migrants pratiqué par le régime Loukachenko via Minsk.

Lors de [notre] réunion de lundi, [nous] élargirons les sanctions aux personnes qui soutiennent directement ou indirectement ce trafic. Une liste détaillée d’individus faisant l’objet de sanctions sera rapidement établie. Nous devons déjà combattre ce trafic dans les pays d’origine, là où Minsk va chercher les migrants qu’il attire. […] Nous nous adressons maintenant aussi à toutes les compagnies aériennes qui transportent des voyageurs vers Minsk. […] Toutes les compagnies aériennes doivent savoir ceci : quiconque se rend complice de passages criminels de migrants devra en supporter les conséquences, y compris sous forme de sanctions en matière de droits de survol ou d’autorisations d’atterrissage.

Balkans occidentaux et Sahel : échange de vues politique sur les deux régions

Deux autres régions importantes pour l’UE figurent également à l’ordre du jour du Conseil des affaires étrangères : les Balkans occidentaux et la région du Sahel.

La situation dans l’ensemble des Balkans occidentaux devient de plus en plus compliquée, ce qui exige de l’Union européenne une réponse ferme et collective. En particulier la situation en Bosnie-Herzégovine est très préoccupante. Concernant les mesures annoncées par les dirigeants politiques de la Republika Srpska, M. Maas déclarait la semaine dernière dans un média bosnien :

Nous ne resterons pas les bras croisés sans rien faire face à la poursuite de cette politique irresponsable. Car elle ne fait pas que nuire à la population de Bosnie-Herzégovine. Elle remet en cause également tous les progrès réalisés depuis des années grâce au soutien massif de la communauté internationale, de l’Union européenne et de l’Allemagne sur la base de l’Accord de paix de Dayton.

D’autre part, les relations entre la Serbie et le Kosovo peuvent encore se détériorer. D’où la nécessité pour le Kosovo et la Serbie d’avancer vers des positions pragmatiques dans le cadre du dialogue de normalisation présidé par le Représentant spécial de l’UE Miroslav Lajčák. De plus, concernant l’Albanie et la Macédoine du Nord, on ne saurait trop le répéter : il faut enfin ouvrir la voie aux premières conférences d’adhésion à l’UE.

Après les discussions sur les Balkans occidentaux, les ministres européens des Affaires étrangères discuteront de la région du Sahel. L’accent sera mis sur la situation actuelle au Mali.

Réunion avec les ministres des Affaires étrangères du Partenariat oriental : des objectifs et attentes partagés

Immédiatement après la réunion de l’UE27, les relations de l’Union européenne avec une autre région du voisinage européen seront au programme : dans le cadre de ce que l’on appelle le « Partenariat oriental », l’Union européenne coopère depuis de nombreuses années avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le Moldova et l’Ukraine – le Bélarus s’est volontairement retiré pour l’instant. Lors de cette rencontre en format « 27 plus 5 », il sera question de la poursuite du soutien accordé par l’UE aux pays du Partenariat oriental, notamment dans la gestion des défis économiques dus à la pandémie de Covid-19. Un autre objectif commun consiste à renforcer la résilience de ces pays face aux influences extérieures, notamment de Russie. En même temps, l’UE a des attentes claires quant à l’état de droit et à la bonne gouvernance.

En marge de cette rencontre, le chef de la diplomatie allemande aura, aux côtés de son homologue français Jean-Yves Le Drian, un entretien avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba.

Clôture en format élargi : échange de vues des ministres des Affaires étrangères et de la Défense sur la « Boussole stratégique »

Le soir même, les ministres européens des Affaires étrangères et leurs collègues de la Défense tiendront une session conjointe appelée « conseil Jumbo ». Le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, présentera à cette occasion le premier projet de boussole stratégique de l’UE, un document fondamental sur la politique de sécurité. Il est prévu que ce document soit adopté au premier semestre de 2022.

Une journée, beaucoup de sujets : un programme chargé attend lundi à Bruxelles Heiko Maas et ses collègues des Affaires étrangères.

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