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Conjoncture au ralenti : le patronat veut moins de charges

« La tempête [conjoncturelle] nous frappe de plein fouet », a exposé hier Ingo Kramer. Le « patron des patrons » allemands réclame un « pacte pour l’avenir » et des allègements de charges

« La tempête [conjoncturelle] nous frappe de plein fouet », a exposé hier Ingo Kramer. Le « patron des patrons » allemands réclame un « pacte pour l’avenir » et des allègements de charges, © dpa

13.11.2019 - Article

À l’occasion de son congrès annuel, le patronat allemand a réclamé des allègements face à l’essoufflement de la conjoncture. Angela Merkel n’a pas exclu une baisse d’impôts.

0,5 % de croissance en 2019, 1 % en 2020 : la locomotive tourne au ralenti, si l’on en croit les prévisions du gouvernement. L’essoufflement de la conjoncture mondiale, les tensions commerciales, les risques liés au Brexit pèsent sur l’activité des industriels allemands, fortement tournés vers l’exportation. Le patronat demande au gouvernement des allègements de charges pour relancer la machine. Il tenait hier son congrès annuel à Berlin.

« La tempête nous frappe de plein fouet », a exposé le « patron des patrons » allemands. Ingo Kramer réclame un « pacte pour l’avenir » et un « moratoire sur les charges ». Il a invité le gouvernement à s’interroger sur le bien-fondé de toute mesure susceptible d’alourdir le poids des obligations pesant sur les entreprises. Il demande également l’accélération des procédures d’autorisation pour la construction d’infrastructures, le maintien des dépenses sociales sous la barre des 40 % du produit intérieur brut (PIB) et une offensive pour la formation à l’aube de la révolution numérique.

La chancelière Angela Merkel s’est déclarée favorable à une baisse de la pression fiscale sur les entreprises lors du Congrès du patronat allemand, mardi 12 novembre
La chancelière Angela Merkel s’est déclarée favorable à une baisse de la pression fiscale sur les entreprises lors du Congrès du patronat allemand, mardi 12 novembre© dpa

« Je crois que la conjoncture actuelle plaide plutôt pour le renforcement des leviers de croissance que pour des mesures brutales », lui a répondu la chancelière. Tout comme son ministre des Finances et vice-chancelier, Olaf Scholz, Angela Merkel juge inopportun un plan de relance. Elle mise sur le renforcement des leviers de croissance dans le cadre d’une politique budgétaire « solide », incluant la maîtrise des dépenses sociales qui resteront sous la barre des 40 %.

Elle a ainsi appelé les entreprises à relever le gigantesque défi de la numérisation. Elle souhaite aussi que les communes et les länder lèvent les freins à la réalisation de projets d’infrastructures.

Angela Merkel favorable à des baisses d’impôts

Mais elle est favorable à une réduction de la pression fiscale pour les entreprises. « Dans ce domaine, il y a absolument matière à agir », a-t-elle affirmé. En effet, les baisses d’impôts intervenues en France et aux États-Unis ont modifié les conditions de concurrence pour les entreprises allemandes.

La chancelière a ainsi apporté son soutien au projet de réforme de l’impôt sur les sociétés présenté par Peter Altmaier, le ministre de l’Économie. Puis elle a invité les entrepreneurs à en discuter avec M. Scholz. Le ministre des Finances est, pour sa part, plutôt sceptique. Il craint une concurrence fiscale à la baisse qui affaiblirait le financement de l’État social.

Pour finir, la chancelière a annoncé la tenue d’un sommet sur l’immigration avec les partenaires sociaux au mois de décembre. Il s’agira de mettre en musique la récente loi sur l’immigration de personnes qualifiées originaires de pays extérieurs à l’Union européenne. Les entreprises allemandes ont, en effet, souvent du mal à recruter des personnels qualifiés.

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d’information du gouvernement fédéral (en allemand)

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