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Alimentation : « David contre Goliath »

En Allemagne, la colère des agriculteurs suscite un débat sur les prix pratiqués par les distributeurs

En Allemagne, la colère des agriculteurs suscite un débat sur les prix pratiqués par les distributeurs, © Arco Images

03.02.2020 - Article

Répondant au désarroi des agriculteurs, étranglés par des prix de vente trop bas, le gouvernement allemand demande des efforts aux distributeurs.

Deux mois après la tenue d’un sommet agricole à Berlin pour calmer la colère des agriculteurs, la chancelière Angela Merkel a reçu ce lundi à la chancellerie les représentants de la grande distribution pour leur demander de revenir à des pratiques plus équitables.

« Il s’agit, d’une part, de vendre de bons produits alimentaires », a-t-elle dit. « Mais aussi de l’autre de faire en sorte que les agriculteurs en tirent un revenu décent ».

La chancelière a souligné que, sauf exception, il était interdit en Allemagne de vendre en-dessous du prix de revient. Elle a appelé les distributeurs à privilégier les producteurs locaux et à rémunérer comme il se doit la qualité des produits. Le durcissement des normes environnementales, qui est l’une des causes de la colère des agriculteurs, a un coût pour les producteurs, a-t-elle rappelé. Or, souvent, ceux-ci ne peuvent pas augmenter leur prix de vente.

Pas de prix minimum

La chancelière s’est opposée à ce que l’État fixe un prix de vente minimum, comme le réclament, par exemple, les Verts allemands. En revanche, elle a souhaité que l’Allemagne transpose au plus vite la nouvelle directive européenne contre les pratiques commerciales déloyales dans les relations interentreprises dans la chaîne agroalimentaire, sans attendre la date limite de novembre 2021.

La ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Julia Klöckner, va maintenant poursuivre le dialogue avec les agriculteurs, comme avec les distributeurs. Elle a annoncé sa détermination à œuvrer pour un rééquilibrage du rapport entre producteurs et distributeurs.

Il y a quelques jours, elle dénonçait ce qui, du point de vue des agriculteurs, s’apparente à un combat de « David contre Goliath ». Selon l’Office fédéral des cartels, les quatre géants allemands de la distribution (Aldi, Lidl, Rewe et Edeka) détiennent 85% du marché allemand.

Défilés de tracteurs

Manifestation d’agriculteurs à Berlin à la mi-janvier. Les actions de protestation se poursuivent dans toute l’Allemagne
Manifestation d’agriculteurs à Berlin à la mi-janvier. Les actions de protestation se poursuivent dans toute l’Allemagne© dpa

De fait, un an après l’entrée en vigueur de la loi agriculture et alimentation en France, c’est au tour de l’Allemagne de voir le débat s’enflammer autour de la guerre des prix qui fait rage dans la grande distribution.

Alors que les défilés de tracteurs se multiplient dans les villes allemandes, les fédérations d’agriculteurs tirent la sonnette d’alarme : les producteurs voient leurs marges baisser et ont de plus en plus de mal à investir et à se projeter dans l’avenir.

De son côté, la Fédération allemande du commerce (HDE) assure que les enseignes allemandes se conforment à la loi. Mais l’agriculture allemande est tournée vers l’exportation, rappelle-t-elle. Environ la moitié de la viande et du lait frais produits en Allemagne seraient vendus à l’étranger. Or, les surplus agricoles font baisser les cours sur les marchés mondiaux.

A.L.

Plus d’informations :

Déclaration de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

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