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Coronavirus : quel impact sur l’économie allemande ?

Quelles conséquences la crise sanitaire aura-t-elle sur l'économie allemande ?

Quelles conséquences la crise sanitaire aura-t-elle sur l'économie allemande ?, © picture alliance/ Norbert Schmidt

17.04.2020 - Article

À l’instar de nombreux pays, l’Allemagne est entrée depuis la mi-mars dans sa plus forte récession depuis 2008 malgré d’importantes aides de l’État. A quoi faut-il s’attendre ?

Comment résister à la chute de l’activité économique mondiale ? À la rupture de chaînes d’approvisionnement ? Aux fermeture d’usines ? Aux restrictions d’activité dans les services ? Aux fermetures de magasins ? À la forte baisse de la consommation ? À l’inquiétude des investisseurs ? Comme beaucoup de pays, l’Allemagne est entrée en récession depuis la mi-mars. Une situation qui devrait durer jusqu’au milieu de l’année, avance le ministère allemand de l’Économie dans son dernier bulletin mensuel. Avant un rebond, estiment de nombreux analystes. À quoi peut-on s’attendre ?

Pour l’heure, le diagnostic est simple. L’économie allemande est en état de choc. L’activité s’est effondrée à la suite des mesures d’évitement des contacts prises pour lutter contre le nouveau coronavirus. 45 % des entreprises (plus de 60 % dans l’industrie) se plaignent de difficultés logistiques pour leurs approvisionnements, selon un sondage des Chambres de commerce et d’industrie (DIHK) auprès de 4.000 firmes publié jeudi 16 avril. La demande de biens et services fond. Les entreprises réduisent leurs coûts. Une sur deux entend réduire ses investissements. 35 % prévoient de mettre la pédale douce sur les embauches. 80 % s’attendent à une baisse de chiffre d’affaires, souvent de grande ampleur : au moins 25 % pour 40 % des sondés, et même 50 % pour 15 % d’entre eux, selon la DIHK.

Des aides massives

Sans attendre, l’État a donc placé sous perfusion cette économie presque à l’arrêt. Dès la mi-mars, des aides inédites ont été débloquées. Elles visent à soutenir les indépendants, TPE et PME en difficulté de trésorerie, à simplifier l’accès au crédit via des garanties et à aider les salariés en chômage partiel. Les procédures ont été simplifiées pour en faciliter l’accès. Avec succès. Selon le ministère de l’Économie, 1,8 million d’indépendants et de TPE ont déposé une demande d’accès au programme d’urgence pour un montant total de près de 8 milliards d’euros.

Mais demain ? Ces mesures amortiront-elles un choc économique présenté comme le plus violent depuis 2008 ? Gouvernants et économistes s’accordent pour dire que prévoir l’avenir revient aujourd’hui à essayer de lire dans une boule de cristal.

Le scénario privilégié est toutefois celui d’un choc brutal, suivi d’un puissant rebond. Dans leur rapport économique de printemps, les six grands instituts allemands d’analyse de la conjoncture prévoient ainsi une récession de -4,2 % en 2020. Elle résulterait d’une chute de 9,8 % du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre et serait suivie d’une croissance de 5,8 % en 2021.

Mais « la récession laissera des traces sur le marché du travail et le budget de l’État », prévient Timo Wollmershäuser de l’institut Ifo. « Au pic de la crise, le taux de chômage pourrait remonter à 5,9 %. Le nombre de salariés en chômage partiel pourrait alors s’élever à 2,4 millions ».

Rebond en « V » ou en « U » ?

 

L’un des grands enjeux sera donc la forme que prendra la courbe de la reprise. Assistera-t-on à un redécollage brutal (courbe en « V ») ? Ou à un redémarrage progressif (courbe en « U ») ? Le Conseil des Sages (Sachverständigenrat zur Begutachtung der wirtschaftlichen Entwicklung) a développé il y a une quinzaine de jours différents scénarios en ce sens.

Retour à la normale ?

Pour l’heure, on constate seulement les tout premiers signes d’un retour à la normale qui s’annonce très progressif. Il ne faut rien précipiter pour ne pas mettre en danger « le fragile succès provisoire » remporté sur le front sanitaire, a souligné cette semaine Angela Merkel.

 

La chancelière a annoncé le prolongement des mesures de restriction jusqu’au 3 mai. Mais les petits magasins (moins de 800 m2), concessionnaires automobiles et librairies seront autorisés à rouvrir leurs portes avec des mesures d’hygiène à partir du 20 avril. Les salons de coiffure et les écoles pourront suivre à partir du 4 mai. Le gouvernement a également publié un catalogue très précis de mesures à respecter en vue de normaliser la vie sociale et professionnelle.

De leur côté, les constructeurs automobiles allemands, à l’arrêt depuis la mi-mars, se préparent eux aussi au redémarrage. Volkswagen, Audi, Daimler et Ford viennent de faire des annonces en ce sens. Plusieurs d’entre eux envisagent de produire leurs propres masques pour protéger leurs salariés.

A.L.

Plus d’informations :

Ministère allemand de l’Économie et de l’Énergie : bulletin économique du mois d’avril (en allemand)

Diagnostic commun des principaux instituts allemands d’analyse de la conjoncture, avril 2020 (en allemand)°

Rapport extraordinaire du Conseil des Sages (en allemand)

Sondage des Chambres de commerce et d’industrie allemandes (DIHK), 16.4.2020 (en allemand)

Les normes nationales édictées par le gouvernement allemand pour protéger les salariés (en allemand)

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