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Covid-19 : Comment l’Allemagne envisage de redémarrer son économie

L’activité reprend prudemment en Allemagne.

L’activité reprend prudemment en Allemagne, © picture alliance/ Robert Michael/ dpa-Zentralbild

05.05.2020 - Article

La vie reprend lentement en Allemagne après six semaines de quasi-paralysie. L’enjeu est de redémarrer l’économie sans relancer l’épidémie. Et de commencer à envisager l’avenir.

Comment sortir de la crise du Covid-19 ? L’État fédéral et les länder ont annoncé le 30 avril de nouveaux assouplissements aux restrictions en vigueur. Après les magasins de moins de 800 m2, ils permettent aux salons de coiffure, musées, expositions, galeries, jardins botaniques, zoos et aires de jeux de rouvrir leurs portes, aux cérémonies religieuses de se tenir et à certaines écoles d’accueillir des élèves. De son côté, le ministre fédéral de la Santé, Jens Spahn, a développé une stratégie pour la reprise progressive des opérations déprogrammées dans les hôpitaux. Et le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier, a présenté un plan pour accompagner le redémarrage prudent de l’économie.
 

Un plan de relance en quatre étapes 

Ce plan prévoit une stratégie en quatre étapes. L’État va, tout d’abord, prolonger les mesures de soutien à l’économie prises depuis la mi-mars (crédits, aides directes aux PME, allocation de chômage partiel, fonds de stabilisation). 

Il va également mettre en place de nouvelles aides d’urgence pour les secteurs et les entreprises qui resteront soumis à des restrictions pendant plusieurs semaines : culture, hôtellerie-restauration, salons, professionnels de l’événementiel. Une enveloppe de 5,4 milliards d’euros a déjà été débloquée pour aider les orchestres privés. Des aides sont prévues pour les artistes et les musées. Les étudiants qui ont perdu leur « job étudiant » peuvent solliciter un prêt sans intérêts.

Au-delà, l’ambition est d’« ouvrir la perspective d’un espoir de redémarrage de l’économie », sous réserve que la propagation du virus reste sous contrôle. Le gouvernement table sur un effondrement de la conjoncture maximal au deuxième trimestre, suivi d’une reprise. Mais il faudra accompagner ce redémarrage. Car il sera progressif. 

Le plan de M. Altmaier prévoit ainsi un programme de relance. Un programme « adapté aux besoins » qui stimulera conjointement l’offre et la demande. Il visera un éventail de secteurs parmi lesquels l’automobile. 

À cela s’ajoutera pour finir un « plan de remise en forme » globale de l’économie, a dit le ministre. Berlin vise des mesures structurelles à plus long terme. La question des chaînes logistiques et des marchés internationaux y « jouera un rôle important ». 

Répercussions sur l’emploi 

Pour l’heure, l’Allemagne est entrée en récession après dix années de croissance. Le ministère de l’Économie table sur une chute du produit intérieur brut (PIB) allemand de 6,3 % cette année. Elle serait suivie d’un rebond de 5,2 % en 2021. Il convient toutefois de considérer ces chiffres avec précaution tant les incertitudes restent grandes.

Le marché du travail n’est, en tout cas, pas épargné. Au 26 avril, 751 000 entreprises allemandes avaient mis 10,1 millions de salariés en activité partielle. Le dispositif a permis d’amortir la crise. Mais le chômage a bondi de 0,7 point en avril et de 0,9 point sur un an pour atteindre 5,8 %. L’Allemagne comptait en avril 2,644 millions de demandeurs d’emploi. C’est 373 000 de plus qu’en mars et 415 000 de plus qu’en avril 2019.

En moyenne annuelle, Berlin s’attend à voir remonter le taux de chômage à 5,8 %. De fait, hôtels, cafés, bars, restaurants, services requérant une proximité physique (barbiers, esthéticiennes), entreprises de l’événementiel restent à l’arrêt. Les voyages restent interdits, de même que les visites aux personnes, y compris à la famille. « Nous ne pourrons garantir tous les emplois, mais nous nous battrons pour chacun d’entre eux », a assuré le ministre fédéral du Travail et des Affaires sociales, Hubertus Heil.

A.L.

Plus d'information: 

Ministère allemand de l’Économie et de l’Énergie (en allemand)

 

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