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A Berlin, le nouvel aéroport prêt à décoller

Le nouvel aéroport Berlin-Brandebourg Willy Brandt sera inauguré demain

Le nouvel aéroport Berlin-Brandebourg « Willy Brandt » sera inauguré demain, © picture alliance/Eibner-Pressefoto

30.10.2020 - Article

L’aéroport Willy Brandt de Berlin-Brandebourg (BER) sera inauguré demain. Sans faste, coronavirus oblige. Il remplacera définitivement dans quelques jours les aéroports de Tegel et de Schönefeld.

C’est un chapitre qui se referme, et un autre qui s’ouvre. A partir de ce week-end, Berlin sera reliée au monde par un nouvel aéroport : l’aéroport Willy Brandt de Berlin-Brandebourg. Le terminal 1 sera inauguré samedi 31 octobre, en comité restreint, coronavirus oblige. L’exploitation commerciale commencera dans la foulée, avec l’atterrissage de deux appareils d’easyjet et de la Lufthansa sur le nouveau tarmac.

Vue aérienne du nouvel aéroport Willy Brandt de Berlin (BER) qui s'apprête à remplacer les aéroports de Tegel et de Schönefeld. Ce dernier est toutefois intégré dans le BER, dont il devient le Terminal 5
Vue aérienne du nouvel aéroport Willy Brandt de Berlin (BER) qui s'apprête à remplacer les aéroports de Tegel et de Schönefeld. Ce dernier est toutefois intégré dans le BER, dont il devient le Terminal 5© picture alliance/ZB

Le nouvel aéroport, situé au sud-est de la capitale allemande, remplacera les deux plateformes de taille moyenne que sont Tegel, à l’ouest, et Schönefeld, au sud-est. D’ici à quelques jours, les voyageurs verront ainsi disparaître les sigles TXL et SXF des billets d’avion. Les vols à destination ou en provenance de Berlin seront désignés par les initiales BER.

L’aéroport, surnommé BER, portera le nom de Willy Brandt (1913-1992). L’ancien chancelier fédéral fut maire de Berlin-Ouest (1957-1966) pendant la Guerre froide. Il initia, en tant que chef de gouvernement, le rapprochement avec le bloc de l’Est («  Ostpolitik ») au début des années 1970. Le projet de prestige de construire aéroport unique, lancé dans les années 1990, avait, en effet, pour vocation initiale d’être un symbole de l’Allemagne réunifiée.

Une manne économique espérée pour la région

Le site comporte trois terminaux. Le Terminal 1, qui déploie sa silhouette de verre sur huit niveaux, est le plus imposant. Il compte 118 comptoirs et 41 points de contrôle de sécurité. Il devrait accueillir le plus gros des quelque 35 millions de passagers (chiffre : 2019) qui décollent de Berlin ou y atterrissent en période normale.

Grâce à la gare souterraine, qui vient d’être inaugurée sous l’aéroport, ces derniers pourront rejoindre le centre de Berlin et la gare ferroviaire en 35 minutes. Mais la campagne du Brandebourg, la ville de Potsdam et les lacs de la banlieue de Berlin tels que Wannsee leur tendront les bras également.

Le nouvel aéroport est attendu comme une manne économique par la région tout entière. L’entreprise américaine Tesla vient même déjà de décider d’y implanter sa future « Gigafactory », une gigantesque usine de construction de voitures électriques.

De fait, même si le coronavirus a émoussé l’effervescence de l’inauguration, le décollage du troisième aéroport d’Allemagne (après ceux de Francfort et de Munich) est un événement. Il met aussi un terme à une série de pannes à l’allumage qui ont conduit à annuler l’inauguration du site au dernier moment en 2012, et provoqué six reports successifs depuis 2011. Baptisé « le monstre » par les Berlinois, le BER était devenu un objet d’agacement et de moquerie plus qu’un motif de fierté.

Répétition générale

Aujourd’hui, tout est prêt pour tourner la page. Depuis le mois d’avril, une gigantesque « répétition générale » a eu lieu.  Elle a permis de vérifier que tout fonctionnait. Près de 10.000 « figurants » ont enregistré 54.000 réservations, pris en charge 179.000 bagages et opéré 2.350 vols fictifs. A la baguette, un chef d’orchestre franco-allemand, le directeur des opérations aéroportuaires de Berlin, Patrick Muller. Avec plus de 80 % de réussite à ces tests, il l’assure : l’aéroport est prêt.

Coronavirus

Il ne lui reste plus qu’à accueillir les passagers. Seront-ils au rendez-vous en cette période de pandémie ? La société d’exploitation des aéroports berlinois table pour 2020 sur un trafic de dix millions de passagers, et pour 2021 de 18 millions, contre plus de 35 millions en 2019. Avant même l’annonce du reconfinement partiel, elle s’attendait à un trafic réduit à 20 % du programme de vols habituel en octobre et novembre.

Qu’en sera-t-il ? L’horizon financier n’est pas radieux à court terme, c’est certain. De nouvelles subventions seront sans doute nécessaires. Mais certains voient aussi dans la pandémie une chance. A force de retards, le BER serait déjà trop étroit pour absorber le trafic de passagers, en très forte croissance ces dernières années, arguent-ils. La baisse de la fréquentation entraînée par le coronavirus pourrait lui conférer la taille idéale. Et ce d’autant qu’il a été agrandi : le BER a absorbé l’ancien aéroport (voisin) de Schönefeld, qui est devenu son Terminal 5.

L’aéroport de Tegel, en revanche, va être reconverti en un quartier d’appartements et de bureaux. Il fermera ses portes dans quelques jours, non sans une certaine nostalgie : cet aéroport « à taille humaine » était extrêmement apprécié des Berlinois et des touristes.

Air France opèrera l’ultime vol au décollage de TXL le 8 novembre. Il sera à destination de Paris. Un symbole, tant la compagnie française est associée à l’histoire de cet aéroport qui fut construit en zone d’occupation française au moment du pont aérien de 1948, puis exploité commercialement à partir de 1960. 

A.L.

 

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