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Croissance : l’Allemagne se remet lentement de la crise

La croissance allemande devrait atteindre 3,6 % cette année, selon le ministère allemand de l’Economie

La croissance allemande devrait atteindre 3,6 % cette année, selon le ministère allemand de l’Economie, © picture alliance/dpa/dpa-Zentralbild | Matthias Rietschel

01.02.2022 - Article

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, prévoit 3,6 % de croissance et 3,3 % d’inflation en 2022. « L’économie allemande demeure robuste », commente-t-il. Elle doit toutefois accélérer sa mutation vers une « économie sociale et écologique de marché ».

La reprise est plus lente que prévu, mais elle est bien là. C’est ce que constate le gouvernement allemand dans son rapport économique annuel. La croissance devrait s’accélérer pour atteindre 3,6 % cette année, après les 2,7 % enregistrés en 2021. À l’automne, Berlin avait tablé pour 2022 sur une croissance de 4,1 %.

L’économie « se ressent encore des conséquences de la pandémie, qui continuent d’affecter de nombreuses entreprises », a expliqué Robert Habeck, ministre de l’Économie et de la Protection du Climat. Mais « l’économie allemande demeure robuste. (…) Et les perspectives pour l’emploi s’annoncent très bonnes ». C’est « une croissance modérée » mais « modérément optimiste ».

Un premier trimestre encore au ralenti

Le ministre allemand de l’Economie et de la protection du climat, Robert Habeck, au Bundestag, lors de la présentation du Rapport économique annuel du gouvernement
Le ministre allemand de l’Economie et de la protection du climat, Robert Habeck, au Bundestag, lors de la présentation du Rapport économique annuel du gouvernement© picture alliance / Flashpic | Jens Krick

Selon le rapport, la croissance devrait encore pâtir au premier trimestre des effets de la pandémie dans le secteur des services et des pénuries de matières premières dans l’industrie. « La hausse du taux de vaccination devrait toutefois permettre d’endiguer durablement la pandémie et de réduire les aides d’urgence », assure M. Habeck. « La reprise devrait alors nettement s’accélérer ».

Le produit intérieur brut (PIB) allemand, grevé par une récession de 4,6 % en 2020, devrait ainsi retrouver son niveau d’avant la crise au Printemps.

Le marché du travail reste, par ailleurs, très bien orienté. Le taux de chômage moyen devrait baisser de 0,6 point et revenir à 5,1%. Le nombre d’actifs rémunérés devrait augmenter de 425 000 pour atteindre 45,3 millions.

Hausse des Prix

La hausse des prix, par contre, ne devrait pas redescendre sous la barre des 2 % avant 2023. Le rapport prévoit un taux d’inflation de 3,3 % en 2022. L’inflation avait déjà atteint 3,1 % en 2021, son niveau le plus élevé en Allemagne depuis 1993.

Le phénomène est dû en grande partie au renchérissement de l’énergie et aux pénuries de matières premières. Ainsi, pour faire baisser la facture des ménages et des entreprises,

M. Habeck n’exclut pas d’avancer de quelques mois la fin du prélèvement EEG, par lequel les consommateurs d’électricité financent le développement des énergies renouvelables. « Nous examinons si c’est possible, et à quelles conditions », a déclaré le ministre. La suppression de ce prélèvement, initialement prévue au 1er janvier 2023, conduira l’État à financer directement le développement des énergies renouvelables.

Vers la fin de l’hégémonie du PIB

Pour finir, M. Habeck a annoncé une innovation : dorénavant, Berlin n’envisagera plus la prospérité à l’aune du seul PIB, somme quantitative des richesses créées. Le ministère de l’Économie a mis en place de nouveaux « indicateurs de prospérité et de développement durable » qui tiendront compte de la qualité de vie et de l’empreinte sur l’environnement et le climat.

Ces indicateurs couvrent cinq domaines : « 1. La croissance, les revenus et l’emploi ; 2. L’environnement et le climat ; 3. L’éducation, la recherche et l’innovation ; 4. Le social, la démographie et l’intégration ; 5. La solidité durable des finances et l’égalité des conditions de vie ».

« Notre économie doit prendre en considération les intérêts des générations futures et la protection des biens environnementaux globaux d’une manière beaucoup plus systématique et beaucoup plus fiable », a commenté M. Habeck. L’Allemagne est face au défi « historique » de parvenir en 25 ans à la neutralité carbone.

Les nouveaux indicateurs permettront notamment de tenir compte des externalités négatives, c’est-à-dire des effets négatifs induits par l’activité économique. « Nous n’avons plus le droit de promouvoir des activités qui consomment des énergies fossiles, contribuent à la destruction de l’environnement et creusent les inégalités sociales », a souligné le ministre.

L’objectif est d’accompagner la transformation de l’économie sociale de marché allemande en une « économie sociale et écologique de marché ».
A.L.

 

 

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